Caroline Joguet : la cabrette du Beaufortain

Le soleil distille mille nuances de lumière. Parmi elles, le sourire de Caroline. Ce petit visage rosi par le grand air irradie une fraîcheur et une joie qui vous donnent du baume au cœur et illuminent votre journée. Chevrière à Arêches Beaufort, Caroline Joguet est aussi une experte en ski alpinisme et une traileuse passionnée. 

Toute petite, elle courait déjà dans les champs avec son frère. Dans ce Beaufortain aussi somptueux que rugueux, Caroline Joguet a grandi au milieu des vaches laitières élevées par ses parents et des chèvres de son oncle. Une vie à la Heidi au cœur des cimes alpines où les enfants ont l’habitude de jouer en pleine nature et pratiquer des sports de montagne. « J’aimais particulièrement les chèvres, alors j’ai commencé à ramener à la maison des cabris de l’élevage de mon oncle dès l’âge de 15 ans », se souvient Caroline. Passionnée par les animaux, l’adolescente passe un bac agricole tout en pratiquant le ski alpinisme à haut niveau. « Pendant deux ans, j’étais en équipe de France jeunes. J’ai ainsi couru en coupe du monde, mais lorsque mes résultats ne m’ont plu satisfaite, j’ai arrêté pour me consacrer à mon projet professionnel. » Tout entière absorbée par sa volonté de fonder son propre élevage caprin, Caroline se tourne alors vers le trail, plus facile à caser dans ses journées bien remplies.

L'été, Caroline sillonne son alpage avec son troupeau de chèvres.

L’été, Caroline sillonne son alpage avec son troupeau de chèvres.

Du sport, mais avant tout du plaisir

Si Caroline court et épingle régulièrement des dossards, elle le fait avant tout pour le plaisir et le partage. Très attachée à la mythique Pierra Menta d’hiver à laquelle elle participait l’hiver dernier avec Sophie Mollard, membre de l’équipe de France jeunes de ski alpinisme, Caroline s’adonne depuis quatre ans au trail avec Estelle Peretto, son amie d’enfance. « Nous nous connaissons depuis l’école maternelle. Nous habitions à deux kilomètres l’une de l’autre », confie Caroline. « Nous avons commencé à courir ensemble lorsque j’ai lâché le ski alpinisme et qu’Estelle a arrêté la compétition en ski alpin. Nous courons le plus souvent possible toutes les deux, à la fois à l’entraînement et en compétition. » Les deux filles ont la même passion de la montagne dans la peau, le même plaisir à pratiquer la course à pied et, surtout, le même attachement mutuel. Elles guettent ainsi le moindre trail en relais ou en duo et s’alignent au départ en toute décontraction, avant tout désireuses de s’amuser sur les sentiers. Début juillet 2016, elles participaient ainsi à la Pierra Menta d’été, épreuve technique de deux jours à courir en binôme. « N’ayant pas eu assez de temps pour m’entraîner, j’ai souffert sur cette course, mais nous en avons vraiment profité ! Notre problème, avec Estelle, c’est que nous ne sommes pas foncièrement compétitrices : nous aimons nous faire plaisir et rigoler. Nous nous en fichons un peu de nous faire doubler ! » s’exclame Caroline, amusée. « C’est dommage car nous sommes sûres qu’en étant plus sérieuses, nous pourrions être bien plus performantes. »

Le bonheur a un visage !

Le bonheur a un visage !

Alpine jusqu’au bout des ongles

Si la motivation de Caroline pour courir et skier reste intacte, elle est mise à rude épreuve. Le métier de chevrière dans le Beaufortain n’a rien d’une vie à la Heidi, surtout en été lorsqu’il faut grimper dans les alpages, faire les foins, traire les 90 biquettes et fabriquer le fromage ! « Mes parents m’aident, mais j’avoue que je m’entraîne très peu, faute de temps. J’essaie de me lever tôt pour aller courir un peu, mais c’est compliqué », regrette Caroline. Pendant la saison froide, l’activité ralentit un peu, mais les chèvres exigent des soins quotidiens tout au long de l’année. Même si son métier est aussi une passion, la jeune chevrière veille à garder un peu de temps pour elle. « On ne peut pas vivre comme les agriculteurs d’autrefois. Je ne compte pas mes heures de travail, mais je dois rendre mon exploitation rentable. » Détachée de ses préoccupations économiques le temps d’un footing ou d’une compétition, Caroline savoure sa chance de vivre dans ce berceau montagnard qui l’a vue naître et grandir. Et qui la voit aujourd’hui sourire et courir, habile comme un chamois en digne enfant des Alpes, sur ces prairies d’altitude où s’égaillent ses biquettes.

 

L’info en +

Caroline a récemment été élue Miss Agri 2017, concours organisé sur Facebook consistant à désigner la meilleure représentante du monde agricole. Une belle reconnaissance !

Caroline Joguet en bref

Age : 25 ans
Profession : chevrière
Vit à Arêches-Beaufort
Ex-membre de l’équipe de France jeunes de ski alpinisme
Traileuse
Spécialiste des courses en relais et en duo

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Une réflexion sur “Caroline Joguet : la cabrette du Beaufortain

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