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Running et obésité : la guerre des kilos (deuxième partie)

La semaine dernière, je vous proposais de découvrir un dossier récemment publié dans Trails Endurance Mag. En toute logique, voici la deuxième partie de ce sujet consacré à l’obésité. 

D’un excès à l’autre ?

De la boulimie alimentaire à la boulimie de sport, il n’y a qu’un pas. Qui est apparemment vite franchi, pour peu que la volonté de perdre du poids devienne l’objet d’un défi personnel. En effet, l’obésité se caractérise fréquemment par une relation complexe à la nourriture et des compulsions qui conduisent à l’ingestion de quantités excessives d’aliments. Or, plus on grossit, moins on est capable de pratiquer une activité physique et moins on bouge, plus on grossit. « Pour maigrir, il faut associer une restriction énergétique et une activité physique », confirme le Docteur Michel Guinot, médecin du sport au CHU de Grenoble. « Le principe est simple : pour perdre du poids, il faut qu’un déficit énergétique conduise l’organisme à puiser les ressources nécessaires à son fonctionnement ailleurs que dans l’alimentation. » Mais, en cas de déséquilibre nutritionnel, une fatigue délétère s’installe, le corps allant chercher l’énergie dans les os, le système immunitaire, les muscles… « Il est donc important de se faire accompagner par un médecin ou un diététicien pour supporter dans la durée ce déficit énergétique et ne pas subir de plein fouet la fatigue », recommande le Docteur Michel Guinot. « La fatigue sera d’autant plus marquée que la personne obèse se remettra à pratiquer une activité physique alors qu’elle ne bougeait pas du tout auparavant. » C’est d’ailleurs vers un nutritionniste que Marie Rousset s’est tournée pour être guidée sur le chemin de l’amaigrissement et éviter de tomber dans l’excès en supprimant tout de son assiette. Maintenir un apport suffisant de protéines, garder une part de féculents lorsque l’activité physique devient plus intense et privilégier les bons lipides s’est ainsi révélé nécessaire.

Marie Rousset, avant de se mettre au sport…

Une transformation spectaculaire !

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais la perte de poids peut rapidement évoluer vers une obsession : s’entraîner toujours davantage et contrôler toujours plus l’alimentation pour ne pas (re)grossir. Eric Marteau admet qu’il est « passé d’une dépendance à l’autre » et qu’une « compensation s’est faite entre la nourriture et le sport ». Stéphane Chassignol abonde en ce sens, lui qui éprouve encore aujourd’hui des difficultés à maintenir son poids et à observer une hygiène de vie irréprochable : « La relation à l’alimentation est anormale lorsqu’on est obèse. Par période, ça va bien, mais il y a des rechutes qu’on sent venir. La course à pied, le vélo et le ski me permettent de maintenir un poids normal. Je ne peux plus imaginer ma vie sans sport et sans montagne. J’ai remplacé une drogue par une autre, finalement. » Pour Marie Rousset aussi, l’activité physique est devenue une composante centrale de sa vie quotidienne qu’elle pimente de défis réguliers. « Après avoir été addict à la nourriture, je suis devenue addict aux challenges. Alors je cours régulièrement des marathons », raconte-t-elle. « De toute façon, sans sport, je reprends du poids. Mais parfois je fais du sport plus par contrainte que par plaisir… »

 

Perte de poids… et d’identité ?

Pour tous ces anciens obèses devenus sportifs inconditionnels, l’amaigrissement s’est accompagné d’un changement de vie radical. A l’oisiveté physique s’est substituée une activité débordante. Alors, forcément, le choc a parfois été difficile et la rupture brutale. « Beaucoup de personnes que je côtoyais ne me reconnaissent pas et sont souvent gênés. En fait, ma transformation est plus difficile à vivre pour les autres que pour moi », raconte Ludovic Dromard. De son côté, Eric Marteau, l’ancien cuisinier fêtard, a largué ses amarres bretonnes pour poser ses valises en Haute Savoie où il a changé de métier et de milieu. « Il m’était indispensable de ne plus avoir tout le temps de la nourriture devant moi », confirme Eric. « Certains de mes amis bretons ont compris, d’autres non. Ici, à Thônes, quand je dis que je pesais 120 kg, on ne me croit pas… »

Chaque course est une victoire !

Parce que perdre beaucoup de poids introduit une véritable révolution au quotidien, qu’il s’agisse du mode de vie ou même de la manière de penser, une césure est fréquente : il y a toujours un avant et un après amaigrissement, pas toujours aisé à gérer psychologiquement. « Ma perte de poids a induit de gros changements : j’ai divorcé, je me suis acheté un chalet à la montagne pour y passer tout mon temps disponible et faire du sport, j’ai changé de métier, je suis aussi plus calme qu’auparavant », affirme Stéphane Chassignol. Pour faire face de manière pérenne et saine à de telles métamorphoses, une approche multidisciplinaire se révèle d’un grand secours. Centrée autour du médecin traitant, la démarche d’amaigrissement mérite de faire appel à des spécialistes : diététicien, kinésithérapeute, psychologue… « Pour un obèse, perdre du poids constitue un véritable challenge », estime le Docteur Michel Guinot. « Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que tout le monde peut y arriver. C’est comme les coureurs qui affirment que tout le monde peut faire 2h30 au marathon. Non, ce n’est pas à la portée de tout le monde. » La réussite de Ludovic, Stéphane, Thomas, Eric et Marie force d’autant plus l’admiration qu’elle incarne la puissance d’une qualité utile non seulement pour maigrir, mais aussi pour courir : la capacité à se donner à fond pour atteindre un objectif.

 


Les grades de l’obésité

L’IMC est l’indice de masse corporelle qui se calcule à l’aide de la formule suivante : IMC = poids (en kg) / taille (en mètres)2

  • Obésité : IMC > 30
  • Grade 1 (obésité modérée ou commune) : IMC 30 – 34,9
  • Grade 2 (obésité sévère) : IMC 35 – 39,9
  • Grade 3 (obésité massive ou morbide) : IMC > 40

 

 


Le running, la bonne idée pour maigrir ?

Si la course à pied semble être la discipline la plus accessible, elle n’est pourtant pas franchement la plus indiquée lorsqu’on souffre d’obésité. Pourquoi ? Parce que courir implique des chocs répétés au sol qui malmènent les articulations. Pour commencer, mieux vaut se tourner vers des sports portés (natation, vélo…) ou glissés (ski de fond, roller…). « En fait, tout dépend de la condition physique préalable », précise le Docteur Michel Guinot. « Il faut profiter du projet d’amaigrissement pour dresser un bilan de santé complet. Celui-ci permet d’évaluer la condition physique, de vérifier l’état de l’appareil musculo-squelettique ou encore d’appréhender les facteurs de risques cardio-vasculaires. »


 

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Websérie : Défis running en tous genres. Episode 1 : objectif poids

Pour se motiver, rien de tel que se lancer des défis ! Voici une websérie qui vous propose des challenges personnels, qu’il s’agisse de poids, de santé, de mental, de chrono, d’entraînement, de plaisir, de communauté, de matériel, de voyage…  Pour commencer, voici trois défis liés à un objectif : le poids !

Défi n°1 : Gagner du muscle

L’objectif : Augmenter ma masse musculaire

Le plan pour l’atteindre :

  • Pratiquer la musculation adaptée à la course à pied (foulées bondissantes, montées d’escaliers, sauts d’obstacles…).
  • Pour accroître la masse musculaire et prendre du volume, il ne faut surtout pas réaliser d’effort d’endurance après une séance de musculation. Consommer des protéines et se reposer permet aux muscles de se construire et de se développer alors que courir épuise les réserves de glycogène et empêche aux muscles de prendre du volume.

Les conseils : Attention aux confusions ! Si vous souhaitez renforcer vos chaînes musculaires sans prendre de volume, vous devez réaliser des séances de musculation adaptées et effectuer un footing d’une durée conséquente (environ 1h) immédiatement après. En revanche, si vous voulez prendre du volume musculaire, privilégiez le repos après la séance de musculation. Enfin, pour ne pas vous blesser, recourez aux conseils d’un expert pour réaliser correctement les exercices.

 

Défi n°2 : Perdre 1, 5 ou 10 kg de masse grasse

L’objectif : Perdre de la graisse et non de l’eau ou du muscle.

Le plan pour l’atteindre : 4 règles à respecter :

  • Ne pas résister à la faim car, soumis à des restrictions, l’organisme réduit naturellement ses dépenses énergétiques.
  • Augmenter le nombre de repas quotidiens (manger plus souvent ne signifie pas forcément manger plus en quantité !).
  • Avoir une alimentation adaptée (part importante des glucides, réduction des lipides, apport normal de protéines).
  • Courir au moins 30 minutes et allonger le temps de course si possible.

Les conseils : Diététique et sport sont indissociables dès lors que la pratique d’une activité physique vise la perte de masse grasse. Soyez patients et persévérants ! Si vous avez le sentiment d’avoir déjà une alimentation et une pratique adaptées à l’amaigrissement (augmentation de la masse maigre aux dépens de la masse grasse), n’hésitez pas à consulter un diététicien du sport.

 

Défi n°3 : Affiner ma silhouette

L’objectif : Développer des muscles longilignes (et non volumineux)

Le plan pour l’atteindre : Exécuter des gestes explosifs le plus rapidement possible. 3 solutions :

  • Technique de course : courir plutôt sur l’avant du pied, sans s’écraser au sol ; faire des foulées bondissantes ; réaliser des sursauts verticaux sans plier les genoux afin de solliciter les mollets ; pratiquer de temps en temps la corde à sauter.
  • Terrain adapté : privilégier les sols durs (route, piste cyclable) plutôt que les terrains mous (sable, terre…) et préférer les itinéraires plats plutôt que les chemins vallonnés et montagnards.
  • Equipement : préférer des chaussures à semelles fines car un amorti trop important augmente le temps d’appui au sol et réduit la vitesse de contraction musculaire.

Les conseils : Ne soyez pas impatients ! Affiner votre silhouette est une vaste entreprise nécessitant plusieurs mois. Respectez également le principe de progressivité en modifiant votre technique et votre équipement petit à petit.

 

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Websérie : se lancer un nouveau défi ! Episode 3 : marathon et trail long

L’erreur classique du marathonien néophyte

Grand habitué des épreuves sur piste (3’52’’ sur 1500 m, 8’20’’ sur 3000 m, 30’03’’ sur 10 000 m), Yannick Kerloch s’est essayé au marathon le 21 avril 2013 à Annecy. Malgré sa riche expérience d’athlète, il n’a pu éviter l’écueil classique dans lequel tombent de nombreux marathoniens néophytes. Parti trop vite, Yannick Kerloch s’est laissé griser par ses bonnes sensations jusqu’à littéralement exploser au 27e kilomètre. « Je n’avançais plus et je plafonnais à 4’ au kilomètre. C’était terrible ! » confiait-il à l’arrivée de ce premier marathon dont il sortait malgré tout en 6e position et en 2h30’57’’. Sa résolution ? « La prochaine fois, je serai plus prudent. »

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Pour définir votre allure sur marathon, vous pouvez :

  • faire un test d’effort sur tapis roulant,
  • faire un test VMA,
  • intégrer un groupe d’entraînement encadré par un coach diplômé,
  • définir la fréquence cardiaque à laquelle vous serez capable de tenir plus de 40 km, par exemple en réalisant un test sur 2×20’ courues en ayant le sentiment d’être « facile ».

 

L’effet « mur » du 30e kilomètre

Ah, le fameux « mur » du 30e kilomètre ! Tous les marathoniens en parlent, soit parce qu’ils le redoutent, soit parce qu’ils en ont fait l’amère expérience !

« Il s’agit moins d’un problème de kilométrage que d’une question de taux de transfert », explique Jack Peyrard. « Après une phase d’euphorie, pendant laquelle on se sent léger et qui correspond à la phase de quasi-épuisement des réserves du foie, c’est un véritable coup de bambou qui affecte le coureur, qu’il soit débutant ou expérimenté sur marathon. » 

En effet, lorsque le corps a épuisé les stocks en glycogène du foie, il doit fonctionner avec une autre source d’énergie. Ce changement physiologique entraîne une défaillance physique et mentale.

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Si vous êtes confronté au mur du 30e kilomètre, gérez cette phase délicate en ralentissant l’allure. Ne vous découragez pas et acceptez que votre corps subisse une défaillance.

Pour éviter ce fameux mur, la meilleure solution consiste à définir une allure adaptée avant de prendre le départ du marathon. Vous ne devez ni vous surestimer, ni vous sous-estimer. Autant dire qu’un marathon se joue bien souvent avant le départ, lors de cette définition de l’allure adéquate.

 

Pas de marathon sans envie

Autant vous mettre dans le bain tout de suite : préparer un marathon, ce n’est plus faire de simples joggings d’entretien. Vous devez avoir réellement envie de passer plusieurs heures sur la route et de vous entraîner pendant plusieurs mois en vue de l’épreuve. Avant de vous lancer sur marathon, assurez-vous d’être vraiment motivé !

 

S’entraîner en fonction de son objectif

  • Vous êtes coureur intermédiaire et vous souhaitez simplement finir votre marathon :
    Volume d’entraînement : 65 km par semaine environ, soit 3 sorties.
  • Vous êtes coureur confirmé et vous souhaitez courir votre marathon en 3h :
    Volume d’entraînement minimal : 5 séances hebdomadaires, soit 1 sortie longue + 1 VMA courte + 1 VMA longue + 2 séances au seuil.
  • Vous êtes un coureur de très bon niveau et vous voulez flirter avec la barre symbolique des 2h30 :
    Volume d’entraînement : 200 à 230 km par semaine.
    Doubler régulièrement les séances : sortie longue de 2h le matin + 1h30 l’après-midi.

Le conseil de Benjamin Malaty : « Dans tous les cas, je pense qu’il est important de maintenir une séance de VMA hebdomadaire afin d’entretenir la vitesse. Le risque du marathonien est de progressivement devenir un diesel. »

 

Les trois commandements du marathonien néophyte
Développer la condition physique
Atteindre un poids de forme
Courir aux bonnes vitesses

 

Nutrition : attention à l’hyperglycémie !

Que vous soyez coureur depuis peu ou depuis 15 ans, les longues distances ne vous sont pas familières. Vous éprouvez donc peut-être une certaine appréhension nutritionnelle : que faut-il manger au quotidien pour assumer un tel kilométrage ? Pendant la course, la fringale ne risque-t-elle pas de rendre l’épreuve insurmontable ? Donner des conseils alimentaires est toujours délicat, chaque individu étant différent et les avis des experts étant souvent divergents. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter un nutritionniste du sport qui saura vous guider.

Sur des distances égales ou supérieures à une trentaine ou une quarantaine de kilomètres, la question du ravitaillement devient cruciale. Si les athlètes de l’élite n’ont besoin que de quelques gorgées d’eau sur un marathon (ils courent à peine plus de 2h), les coureurs du peloton doivent gérer leurs apports hydriques et alimentaires pendant l’épreuve. La règle d’or n°1 est bien connue : testez toujours à l’entraînement ce que vous mangerez pendant la compétition. Pas question de faire des expérimentations hasardeuses le jour d’un marathon ou d’un maratrail !

L’un des risques majeurs en matière de ravitaillement est l’hyperglycémie. Parce que vous avez peur de subir une fringale, parce qu’avaler un gel énergétique vous rassure ou parce que vous croyez appliquer un protocole pertinent, vous surchargez votre organisme en sucres. Loin de vous apporter une énergie salvatrice, cet excès glucidique vous coupera les jambes, vous donnera des vertiges et, dans les cas extrêmes, vous fera tout simplement tomber dans les pommes. Alors ne vous gavez pas pendant une course, cela ne sert à rien !

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  • Pendant votre marathon, buvez environ 40-50 cl par heure de course.
  • Respectez le protocole de ravitaillement que vous avez défini en amont de l’épreuve (quantité et nature des apports hydriques et solides).

 

Les erreurs à ne pas commettre

  • S’entraîner aux allures d’un 10 km pour préparer un marathon.
  • Le jour de la course, partir à une allure trop rapide par rapport au plan de marche prévu.
  • Trop s’alimenter pendant la course.
  • Multiplier les marathons sur une saison au risque d’accumuler fatigue physique et mentale.
  • Le conseil de Benjamin Malaty : « Le marathon nécessite de la patience. Il ne faut pas s’emballer sur les premiers kilomètres car le ‘’mur’’ n’en sera que plus douloureux et les risques d’abandon seront démultipliés. Deux marathons par an sont amplement suffisants car le marathon est une distance épuisante physiquement et mentalement. Il faut prendre le temps de récréer le plaisir et l’envie de courir après chaque épreuve. »
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Websérie : Se lancer un nouveau défi ! Episode 2 : semi-marathon et trail court

Objectif : augmenter le volume

Pour passer sur semi-marathon ou des épreuves nature d’une vingtaine de kilomètres, il est nécessaire d’augmenter votre volume d’entraînement. « Cette augmentation doit être essentiellement répartie entre l’endurance fondamentale et l’endurance active, cette dernière se situant entre les seuils aérobie et anaérobie », explique Julien Rancon. « Le travail de VMA doit être maintenu. L’objectif de l’entraînement spécifique est d’améliorer son endurance à des intensités hautes afin de soutenir le plus longtemps possible un pourcentage élevé de VMA ou VO2 max. »  

En d’autres termes, pour bien préparer un semi-marathon, le travail à des intensités comprises entre 80 et 90 % de VMA est essentiel, que vous soyez un coureur débutant ou expérimenté. Les plans d’entraînement sont définis et personnalisés en fonction du chrono visé.

Améliorer votre économie de course

Le raisonnement est logique : plus la distance augmente, plus l’économie de course doit être privilégiée. Une posture plus économique a un impact à la fois sur la performance et sur la fatigue. Un geste parasite répété pendant 40 minutes a moins de conséquences que le même geste réitéré pendant 1h30. « La foulée doit s’adapter mais c’est très personnel, donc il est difficile de donner des conseils précis. Toutefois la foulée s’adapte naturellement à la durée de l’effort », estime Julien Rancon.

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Pendant l’une de vos sorties, concentrez-vous pendant 5 minutes par exemple sur la position de vos bras, ou sur la pose de votre pied au sol, ou encore sur l’inclinaison de votre buste : essayez de maîtriser votre posture et de l’améliorer, sans pour autant radicalement modifier votre foulée. L’idéal est d’avoir un œil extérieur pour vous aider à identifier vos défauts, voire de vous filmer.

 

Adapter la filière énergétique

Sur des distances égales ou inférieures à 10 km, la majeure partie de l’énergie nécessaire provient des réserves en glycogène musculaire et hépatique (glycogénolyse). Mais sur des distances supérieurs à 10 km, une partie de l’énergie provient généralement de la dégradation des lipides (lipolyse). L’entraînement doit donc permettre d’améliorer cette filière lipidique.

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Entraînez-vous en endurance, c’est-à-dire à des intensités faibles mais sur des durées importantes. Vous devez donc travailler au niveau de votre seuil aérobie ou en-dessous.

 

S’entraîner sur le terrain adapté

Plus la distance augmente, plus le nombre d’impacts au sol augmente et plus les microlésions musculaires sont nombreuses et intenses. « L’entraînement doit donc permettre de renforcer le muscle de manière à limiter ces microlésions », précise Julien Rancon. « Il me paraît primordial d’effecteur certaines séances sur le type de sol que l’on rencontrera le jour de la compétition. Et cela est d’autant plus important lorsque l’épreuve comporte du dénivelé. »

Ce qui signifie que vous devez régulièrement vous entraîner :

  • sur du bitume si vous préparez une épreuve sur route,
  • sur des chemins (terre, cailloux…) si vous préparez un trail.

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Au moins une fois par semaine, réalisez une séance spécifique sur le terrain que vous rencontrerez le jour de la compétition. Effectuez votre séance de fractionné sur une route ou une piste cyclable si vous êtes inscrit sur un semi-marathon. Prévoyez un parcours vallonné et des sentiers plus ou moins techniques si vous préparez un trail ; pensez également à travailler en descente car vos muscles doivent s’habituer à ce type de sollicitation.

Le conseil de Benjamin Malaty : « Réaliser les 2/3 des séances hebdomadaires sur terrain souple permet de moins se faire mal. »

 

Une nécessité : gérer !

L’erreur classique du débutant sur semi-marathon ? Partir à une allure trop élevée. Oubliez vos réflexes acquis sur 10 km et pensez à l’essentiel : gérer votre allure et soyez régulier. « Les premiers kilomètres devront être perçus comme ‘’faciles’’. A partir du 15e kilomètre, la course devient difficile et le mental doit permettre de surmonter cette phase éprouvante », conseille Julien Rancon. Evitez donc de vous brûler les ailes sur la première moitié de course et calmez vos ardeurs : vous avez de longs kilomètres devant vous et vous pourrez toujours adapter votre allure à vos sensations. Si vous avez défini un plan de marche avec des temps de passage précis, efforcez-vous de les respecter (sans aller plus vite sur les 15 premiers kilomètres) et ne laissez pas un léger décalage vous miner le moral !

 

Conseils nutritionnels

La stratégie nutritionnelle sera forcément différente si vous faites partie de la tête du peloton ou des tréfonds des classements. Pourquoi ? Tout simplement parce que vous aurez beau préparer la même distance, vous ne courrez pas pendant la même durée ! Le stock de glycogène est un important facteur de performance. Vous devez donc veiller à remplir ce stock pendant les 72 heures précédant le départ. « Pour surcompenser un peu ce stock, on peut aménager un peu le fameux régime dissocié scandinave : on réduit de 30 % l’apport normal de glucides entre J-6 et J-3 puis on augmente de 30 % les glucides pendant les trois derniers jours », conseille Julien Rancon. « Durant la course, il est également possible de repousser un peu la déplétion du glycogène par la prise de glucides (boissons ou gels) en tenant compte de leur délai d’assimilation. » Après la course, pensez à la régénération musculaire en veillant à vos apports protéiniques.

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Produits énergétiques : de l’intox… à la désintox !

A l’époque des shorts en coton et des débardeurs en maille tricotée, on avalait un peu n’importe quoi. Tant que ça passait, on ne se posait pas de questions ! A l’heure des tee-shirts techniques qui vous redressent les épaules pour améliorer votre respiration, des shorts qui vous compressent les muscles pour mieux les irriguer et des chaussures qui vous font courir plus vite, s’alimenter est devenu une préoccupation majeure. Voire une composante centrale de la performance. Combien de coureurs sont-ils persuadés qu’ils éviteront les crampes s’ils avalent un gel saveur cacahuète au 25e kilomètre ? Combien de trailers mangent-ils du Gatosport avant une épreuve ? Et combien de runners sont-ils affolés s’ils n’ont pas une barre énergétique, un gel coup de fouet et un bidon rempli d’une mixture ultra sucrée ?

Vous l’avez compris dans cette longue mise en bouche : cette semaine, ma chronique ressemblera plus à un billet d’humeur qu’à ma récente apologie des courses saucissons. Je suis en effet assez exaspérée de l’omniprésence des produits énergétiques dans les rayonnages des boutiques de sport et de la dépendance de nombreux coureurs envers ce qui ne me semble être qu’un leurre. S’il ne s’agissait que de faire bénéficier aux sportifs d’un effet placebo, je ne serais sûrement pas révoltée. Mais l’immense majorité des marques de nutrition sportive vante sans scrupules les avantages de leurs produits, poussant les coureurs à avaler poudres, gels, gâteaux, barres et comprimés en tous genres. Le deal est simple : achetez nos produits, consommez-les… et vous serez plus performant !

Pourtant, lorsque l’on traîne au sein des pelotons et que l’on ose aborder la question épineuse (et tabou dans la presse spécialisée, les enjeux publicitaires et commerciaux étant probablement trop importants) de la nutrition sportive, on entend toujours le même refrain. « Je digère mal les gels, mais j’en prends quand même. J’ai souvent des maux de ventre, alors je prends du Gatosport. J’ai régulièrement des crampes, donc j’ai toujours un gel dans ma poche, au cas où… »  Les cas de diabète, de déséquilibre glycémique, de problèmes digestifs ou encore de coups de pompe sont légion parmi les pelotons. Mais qui s’en soucie ? Les produits énergétiques se vendent comme des petits pains, les gammes soi-disant « bios » se multiplient. Pourtant la situation est alarmante : on offre aux coureurs des aliments qui les intoxiquent davantage qu’ils ne les aident.

Fervente partisane des solutions naturelles, j’ai discuté un jour avec un bénévole qui installait une table de ravitaillement sur l’un des plus importants trails français. Ancien militaire, l’homme m’a confié, tout en versant une bonne dose de poudre isotonique dans une bouteille d’eau : « je ne comprends pas qu’ils boivent ce truc-là. Je pense qu’on n’a jamais rien inventé de mieux que le mélange utilisé par les militaires : de l’eau de Vichy, du miel et du sel. » Bien que les remèdes d’antan soient parfois critiquables et que la nutrition ait fait d’indéniables progrès, je reste persuadée que nous perdons de vue l’essentiel au profit du superflu. Pour bien courir, prenons d’abord soin de notre hygiène de vie, de notre alimentation quotidienne et de notre entraînement. Et, pendant l’effort, privilégions encore et toujours les aliments issus de la nature. N’est-ce pas d’ailleurs bien plus logique pour le trailer qui s’affirme en parfaite harmonie avec cette dernière ?

Et si le « miracle » venait simplement des abeilles ? 

Par le plus pur hasard, j’ai eu l’occasion de tester sur une épreuve les produits Meltonic. Un peu sceptique de prime abord (ce qui ne vous étonnera guère après avoir lu la chronique ci-dessus !), j’ai décidé de tenter l’expérience. Et j’ai été convaincue ! Meltonic est une marque portée par une famille d’apiculteurs passionnés. La gamme tout entière est fondée sur un ingrédient naturel : le miel. Outre leur goût vraiment agréable, les produits sont extrêmement digestes et constitués de composants biologiques. Comme quoi, il y a toujours une exception qui confirme la règle, y compris dans le monde des produits énergétiques !