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Petit guide pour se repérer dans la galaxie du trail

C’est en me baladant en montagne avec une copine, puis en me perdant dans les méandres de Facebook, que j’ai pris conscience d’une réalité : les trailers ne savent pas forcément ce qui différencie la course en montagne, le trail court, long, ultra, urbain et blanc. Il faut dire que la galaxie du trail running est plutôt dense et que les coureurs ne sont guère aidés par les organisateurs qui appellent désormais n’importe quelle course un « trail ». Voici donc un petit tableau récapitulatif.

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Incursion dans le monde du cyclisme sur le thème de l’altitude

Il y a un an, j’avais le privilège de suivre (à bord d’une voiture, est-il utile de le préciser ?) une journée d’entraînement de l’équipe AG2R La Mondiale afin de rédiger un article pour le magazine Le Cycle sur le thème de l’intérêt sportif de l’altitude. Un peu nostalgique de cette belle journée passée aux côtés de grands champions, je vous propose de retrouver ici ce papier qui date donc d’un an. Mais le fond reste valable, bien évidemment, et plutôt intéressant pour le trail et la course en montagne.

Entraînement en altitude : les pros à la montagne

Le décompte a commencé. Le Tour de France se profile et, avec lui, ses étapes de montagne : lacets de Montvernier, cols du Galibier, du Lautaret, du Glandon… Pour affronter les ascensions et les passages en altitude, les équipes professionnelles multiplient les séjours en hauteur, à l’image du team AG2R La Mondiale. 

Un petit parking anonyme à Saint-Michel-de-Maurienne. Un ciel gris et une température à ne pas mettre un sportif dehors. Pourtant, malgré la fraîcheur inhabituelle en ce mois de mai 2015, les coureurs de l’équipe AG2R La Mondiale s’apprêtent à partir sur les routes de Maurienne, visiblement insensibles à la froide humidité ambiante. « C’est toujours le problème d’un stage de printemps dans les Alpes : la météo est aléatoire et les cols ouvrent tardivement », constate l’entraîneur Jean-Baptiste Quiclet en tendant une veste à l’un des athlètes. Tout au long des quatre prochaines heures, Julien Jurdie, directeur sportif, et Jean-Baptiste Quiclet devront adapter l’itinéraire aux caprices du ciel et aux fermetures de route. Après sept jours de stage avec un camp de base au Lautaret (Hautes-Alpes, 2 058 m d’altitude), les coureurs réalisent aujourd’hui leur première séance anaérobie intensive. Au menu, trois sollicitations successives de 15, 10 et 5 minutes en montée à des puissances variant entre 360 et 380 watts. « Nous avons divisé le stage en deux parties distinctes : lors de la première phase, nous avons travaillé les fondamentaux et le foncier car les athlètes revenaient d’une pause de quelques jours après la première partie de la saison et ils devaient s’adapter à l’altitude ; nous entrons aujourd’hui dans la deuxième phase qui sera constituée de séances difficiles pendant les sept prochains jours », explique Jean-Baptiste Quiclet.

 

L’altitude, une alliée en phase de préparation

L’altitude. Un paramètre essentiel pour préparer au mieux la saison estivale et plus particulièrement le Tour de France. Si une partie du collectif a déjà suivi cette saison un stage en Sierra Nevada (Espagne), plusieurs athlètes n’ont guère l’habitude de sillonner les routes de montagne. Il est donc nécessaire de rassembler la troupe dans les Alpes à un mois et demi du Tour afin de bénéficier des effets physiologiques des hauteurs. « Nous avons choisi de profiter des bienfaits de l’altitude non pas en vue d’évolutions hématologiques, mais en guise d’aide pour atteindre un bon état de forme », précise Jean-Baptiste Quiclet. Pour espérer modifier la formulation sanguine, il faudrait rester a minima trois semaines à plus de 2 000 m, une configuration complexe à mettre en œuvre compte tenu du calendrier chargé des coureurs.

En optant pour une durée de quinze jours, le choix sportif du staff AG2R La Mondiale met l’accent sur d’autres implications liées à l’altitude. « Nous avons voulu introduire un stress physiologique à l’entraînement. Le gain est intéressant lorsque nous réalisons des séances d’intensité en altitude. Ainsi, lorsque nous ferons des séances à haute intensité en plaine au mois de juin, lors de la phase finale de préparation au Tour, l’organisme des athlètes aura de très bonnes réactions », explique Jean-Baptiste Quiclet. Pourquoi l’altitude permet-elle d’optimiser les performances ? En milieu montagnard, l’organisme subit un stress car il doit s’adapter à la raréfaction de l’oxygène. Les mitochondries, contenues dans les cellules et permettant la respiration cellulaire et la mise en réserve de l’énergie, développent alors des enzymes qui engendrent un meilleur rendement musculaire. Réaliser des séances d’intensité en situation d’hypoxie permet dès lors d’accroître les performances. « L’altitude permet de créer un choc et de forcer l’organisme à s’adapter. Des études ont même montré qu’un stage de trois semaines a des effets positifs pendant plusieurs mois, pour peu que l’on fasse quelques rappels d’une semaine en altitude au cours de la saison », précise le coureur Guillaume Bonnafond, adepte des séjours en montagne.

Au-delà des gains directement liés à l’altitude, ce type de stage présente un indéniable intérêt technique. D’un point de vue biomécanique, rouler en montée modifie sensiblement la position sur le vélo et la manière de pédaler. L’angle d’attaque du pied sur la pédale est différent sur une ascension, ce qui influe sur la sollicitation des chaînes musculaires, notamment des quadriceps, des ischio-jambiers, des fessiers et des dorsaux. « Les stages en montagne sont d’autant plus pertinents pour les coureurs qui ne disposent pas de relief chez eux et qui roulent sans dénivelée tout au long de l’année », affirme Jean-Baptiste Quiclet. « Pour renforcer les muscles, des séances de gainage sont programmées au cours du stage, ainsi que du travail d’endurance de force en côte avec alternance de cadences. » Hier, les coureurs ont ainsi avalé une séance d’explosivité à 2 000 m d’altitude, près du col du Lautaret, afin de simuler des attaques violentes en montée. « Nous travaillons beaucoup sur les allures rencontrées en course et veillons à solliciter les différentes filières énergétiques », poursuit Jean-Baptiste Quiclet. Pendant la première semaine du séjour, les sorties en endurance à faible intensité et avec des apports réduits en sucres ont été privilégiées afin de faire fonctionner la filière lipidique. La deuxième phase du stage vise plutôt à solliciter les réserves de glycogène grâce à des intervalles longs et à stimuler la pompe cardiaque et la force musculaire grâce à des intervalles courts.

Soucieux d’optimiser la préparation des coureurs, le staff a particulièrement soigné cette année la dimension nutritionnelle en soumettant les hôteliers-restaurateurs à un cahier des charges précis. « L’alimentation était notre priorité. A l’Hôtel des Glaciers, au Lautaret, le chef nous a proposé une cuisine quasi-gastronomique très respectueuse de nos exigences. Certains coureurs suppriment le lait et le gluten, d’autres préfèrent consommer des produits laitiers. Nous laissons chacun libre de son choix. Mais, dans tous les cas, nous veillons surtout aux apports en acides gras essentiels et à la qualité des protéines », poursuit l’entraîneur. Le contenu de l’assiette revêt une grande importance en altitude car l’organisme stressé consomme davantage d’énergie et doit être davantage hydraté. En ce sens, l’altitude permet aussi de s’affûter sans se restreindre sur le plan alimentaire et ainsi d’atteindre un rapport poids/puissance idéal.

 

Reconnaître… et se connaître

Les heures défilent. Après avoir réalisé la première sollicitation de 15 minutes sur les premiers kilomètres du col du Glandon, le petit groupe se dirige vers les lacets de Montvernier avant de terminer la sortie par l’ascension de La Toussuire. Autant de sites où les conduira l’itinéraire du Tour dans six semaines. Pour se familiariser avec le parcours de l’épreuve, les entraînements tiennent aussi lieu de reconnaissances. « Il est important pour la confiance de savoir où l’on pose les roues car on se sent plus libéré lorsqu’on évolue en terrain connu », estime Romain Bardet, sixième du dernier Tour et coutumier des préparations en altitude. Une impression confirmée par l’entraîneur et le directeur sportif qui soulignent la pertinence des reconnaissances à la fois en termes de stratégie de course et de gestion de l’effort. « Les athlètes, tout comme les directeurs sportifs, peuvent ainsi mémoriser des flashs : ces instantanés du parcours serviront ensuite de repères pendant la course », indique Julien Jurdie.

Un à un, les coureurs arrivent à l’hôtel des Soldanelles à La Toussuire, terminus de la journée. Un grésil plutôt désagréable s’est mis à tomber sur la station où règne un calme olympien. « Non seulement le cadre de vie est bien plus sympa en haut qu’en plaine, mais il permet aussi de souder réellement le groupe en le plaçant à l’isolement, dans la quiétude, loin du vacarme de la ville et des hôtels traditionnels », estime Romain Bardet. Une grande majorité des coureurs qui seront au départ du Tour de France sont présents et, comme l’analyse Vincent Lavenu, manager général, « c’est bien qu’ils puissent pédaler ensemble sans stress et développer les relations entre eux.  Lorsqu’ils arrivent sur un gros objectif, ils se connaissent bien et ils ont été habitués à vivre ensemble. La cohésion du groupe est notre point fort. » 

 

 

Le mot de Romain Bardet

« Je fais plusieurs stages en altitude au cours de l’année, ce qui me permet de m’adapter plus vite aux conditions montagnardes. Je ressens néanmoins des symptômes tels qu’une moins bonne récupération, un sommeil perturbé, un appétit plus important ou une déshydratation plus rapide. Pour tirer un maximum de bénéfices de ces expositions à l’altitude, il faut être très encadré. Nous avons la chance d’avoir un excellent réseau d’experts au sein de l’équipe. » 

  

L’entraînement de l’équipe AG2R La Mondiale en stage d’altitude

  • 1ère phase : 8 jours – de 24h à 25h30 de selle (soit 650-690 km)

Objectifs : acclimatation + endurance
Jour 1 : voyage + 1h30 en récupération
Jour 2 : 3h
Jour 3 : 2h30 avec travail d’explosivité
Jour 4 : 4h avec endurance de base et travail de force (vélo contre-la-montre)
Jour 5 : 4h30 avec endurance de base et travail de relances en hypoxie
Jour 6 : journée off : repos ou 1h30
Jour 7 : 3h en endurance de base + 1h30 avec travail spécifique
Jour 8 : 3h avec endurance de base et travail de force + 1h travail spécifique (contre-la-montre par équipe)

  • 2ème phase : 7 jours – de 26h30 à 28h de selle (soit 715-755 km)

Objectif : allures courses
Jour 9 : 4h avec travail spécifique – reconnaissance étape 18 du Tour de France (Gap – St Jean de Maurienne avec les lacets de Montvernier)
Jour 10 : 5h en endurance de base – reconnaissance étape 19 du Tour de France (St Jean de Maurienne – La Toussuire) + 1h travail spécifique
Jour 11 : journée off : repos ou 1h30
Jour 12 : 4h avec travail spécifique en Puissance Maximale Aérobie (PMA)
Jour 13 : matin : 2h avec travail spécifique lactique / après-midi : 2h avec travail spécifique contre-la-montre par équipe
Jour 14 : 6h30 en endurance critique – reconnaissance étape 20 du Tour de France (Modane – Alpe d’Huez)
Jour 15 : 2h avec travail de tempo + voyage

 

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Sophie Gagnon : l’outsider prometteuse

Elle ne faisait pas figure de favorite, loin de là. Elle n’était pas mentionnée dans les communiqués de presse, ni dans l’immense majorité des articles présentant les stars en lice. Nous étions pourtant une jolie poignée de Grenoblois à savoir. A savoir que Sophie ne porte pas un tel nom de famille pour rien. En attendant que la nouvelle pensionnaire de l’équipe de France de trail revienne de ses vacances bien méritées et réponde à une interview, retour sur l’itinéraire de celle qui, pour moi, est bien plus qu’une championne puisqu’elle est avant tout une amie. 

C’est en 2011 que je rencontre Sophie, non pas sur un sentier, mais au bord d’une piste en tartan, à Grenoble. A l’époque, je tente d’émerger d’une longue et difficile période de blessure qui a marqué la fin de ma modeste carrière de marcheuse athlétique. La course en montagne est alors une perspective séduisante, pleine de promesses d’évasion et de sensations radicalement différentes de celles que j’ai éprouvées pendant près de 15 ans sur les pistes d’athlétisme et les circuits ultra-plats en bitume. Bref, je débarque en septembre 2011 dans le groupe de trail et course en montagne de l’Entente Athlétique Grenoble avec une envie dévorante de courir. Et je tombe sur Sophie, petit bout de femme dynamique qui me raconte très vite sa passion pour tous les sports : escalade, VTT, surf des mers, snowboard, raid multisports… La liste de ses activités sportives est longue ! Pourtant cette Bourguignonne d’origine s’est retrouvée un peu par hasard sur les sentiers de la Terra Modana en 2008. Séduite par l’ambiance et le type d’effort qu’est le trail, Sophie décide de se lancer dans la discipline. Depuis, elle n’a plus quitté les baskets et s’entraîne avec enthousiasme et rigueur.

Se contenter de courir ? Sophie en est tout simplement incapable ! « Je suis hyperactive, je ne tiens pas en place », affirme-t-elle en riant lorsque je l’interviewe en 2012. Alors elle nage, pédale sur la route et dans les bois, fréquente une salle de sports… et assume en même temps un poste à responsabilité dans l’industrie chimique. « Ce ne sont pas des entraînements que je subis chaque jour, loin de là », assure la Grenobloise d’adoption. « Je ne suis pas une acharnée. Bouger est un besoin et une détente. Non, je ne me prends pas au sérieux ! »

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Sophie Gagnon au chalet de l’Aulp (MaXi-Race 2016), en route vers la 2e place féminine et sa 1ère sélection en équipe de France.

Ce qui était vrai en 2012 l’est encore aujourd’hui. Sophie continue à fréquenter assidûment son club et à trotter au sein du groupe coaché par Rémy Marcel. Elle ne parade pas le moins du monde en parlant à tout va de ses performances, mais reste simple et humble. Un détachement d’autant plus épatant que Sophie aurait toutes les raisons de se considérer comme un petit prodige après avoir vécu quelques saisons extrêmement fastes. A peine deux ans après son premier trail, elle cumule les succès en 2010 : victoire à la Terra Modana, victoire aux Drayes du Vercors, 3e au Trail Drôme Lafuma et au Challenge Hero, 4e à la CCC et à la Saintélyon. La machine est lancée ! Malheureusement, quelques soucis de santé freinent son élan il y a deux ans, mais la force de caractère dont elle fait preuve, ses capacités physiques et sa passion pour le trail lui permettent de revenir encore plus forte. Elle décroche ainsi la 3e place du TTN Long en 2015 avant de planifier une saison 2016 ambitieuse. L’hiver passé sur les champs boueux de cross-country confirme son état de forme et laisse augurer une saison de trail en fanfare.

Nous sommes quelques-uns autour d’elle à savoir ce dont elle est capable. Peu de spécialistes connaissaient Sophie la discrète… jusqu’à ce qu’elle réalise un hold-up remarquable samedi dernier sur la MaXi-Race et décroche son ticket pour les championnats du monde en octobre prochain.

Mais ce n’est pas parce qu’elle devient pensionnaire de l’équipe de France que Sophie changera d’un iota. Simple elle est, simple elle restera. Fidèle à sa philosophie : « J’adore la montagne. Au bout d’un moment, on déconnecte complètement, on oublie tout, on est immergé dans la nature sans penser au chronomètre. » Fidèle à ce qui fait d’elle une battante – et (désolée du jeu de mots trop facile) une « Gagnonte » : cette capacité à aller au bout d’elle-même qui contraste singulièrement avec son sourire lumineux et sa foulée sautillante. Un conseil : suivez bien cette fille-là (enfin, pas sur les chemins, elle court trop vite) car c’est sûr, elle n’a pas fini de nous étonner !

 

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Rencontre avec Emmanuel Meyssat

Sous un véritable déluge digne d’une apocalypse, Emmanuel Meyssat (Manu pour les intimes) s’est imposé in extremis hier au Trail Givré de Montanay (un trail qui portait mal son nom vu la quantité d’eau qui recouvrait le parcours !). Après un an d’arrêt complet de la course à pied, Manu revient donc en grande forme. Et avec une motivation décuplée. Rencontre.

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Toi qui caracolais en tête des courses auxquelles tu participais, tu as disparu des écrans radars pendant plus d’un an. Que t’est-il arrivé ?

« J’étais blessé. Au cours de ma carrière, j’ai subi plusieurs coupures mais celle-ci a été la plus longue : elle a duré un an. J’ai été victime d’une fissure au tendon rotulien avec une tendinite chronique. Je n’ai pas du tout couru pendant un an. »

Comment as-tu géré cette période sans course à pied ? As-tu pu pratiquer d’autres activités sportives pour compenser ?

« Je faisais un peu de vélo et du home trainer en hiver. Pendant deux ou trois mois, on m’a même interdit le vélo. Je me suis alors mis à la natation… à mon grand désespoir ! Même si je me débrouille, je n’aime pas la piscine. Du coup mes séances étaient très courtes. De plus, la piscine n’était pas ouverte le soir quand je sortais du boulot. J’avais juste un créneau de 45 minutes pour m’entraîner. Je me forçais à y aller trois fois par semaine. C’était le calvaire. Je n’éprouvais aucun plaisir. En fait, je n’angoissais pas la reprise de la course à pied, mais c’était la durée de la blessure qui m’embêtait un peu. Tant que je faisais du vélo, je savais que ça me maintenait bien. La natation, ce n’était pas pareil… J’ai heureusement pu remonter sur le vélo en avril 2015. Puis j’ai rattaqué très doucement à pied. J’avais du mal à me rendre compte que j’étais à la rue. J’étais très bridé, donc je n’ai pas vraiment ressenti que j’avais du travail pour revenir… J’alternais avec du vélo. Je roulais quatre fois par semaine. Je savais que j’avais de la condition physique car j’ai participé à quelques montées cyclistes chronométrées. En revanche je ne me rendais pas compte combien de temps serait nécessaire pour revenir à un niveau correct en course à pied. »

Quand as-tu pu véritablement reprendre le running et comment cela s’est-il passé ?

« J’ai épinglé mon premier dossard à la mi-septembre 2015 sur un duathlon. Quelle joie de reprendre ! J’étais comme un gamin, c’était un vrai cadeau ! J’avais fait une ou deux séances qui me laissaient voir que je n’étais pas mal en course à pied. Je m’attendais quand même à être poussif, mais finalement c’était moins terrible que prévu. Je me suis mieux senti sur la course qu’à l’entraînement. J’ai réussi à accrocher un gars assez bon, ce qui était très positif pour la confiance. Cela m’a permis de reprendre la course à pied avec encore plus d’envie et de motivation. Ma confiance n’était pas atteinte. J’éprouvais quand même une petite appréhension liée au fait que ce duathlon était une course sur route et que je risquais de le payer le lendemain au niveau du genou… Je n’avais pas eu d’alertes à l’entraînement, mais comment le genou allait-il réagir après 8 km rapides sur bitume ? Heureusement, je n’ai eu aucune douleur après la course. »

On dit souvent qu’une blessure permet de revenir plus fort, notamment d’un point de vue mental. Cela a-t-il été le cas pour toi ?

« Cette coupure était une épreuve supplémentaire à surmonter. Mais mon moral n’a jamais lâché. Je me suis raccroché à autre chose que la course à pied, notamment à ma fille qui est née en avril 2015. Cela fait 16 ans que je fais du haut niveau. Ce n’était donc pas comme si j’étais en pleine ascension. En tout cas, j’ai tiré des enseignements positifs de cette blessure : tout cela n’est pas arrivé par hasard. J’ai découvert que ma pose d’appui n’était pas bonne sur l’un de mes pieds qui vrillait. En filmant ma foulée, on a analysé ma gestuelle. En fait, cette blessure me pendait au nez depuis 2-3 ans. Ça aurait pu arriver plus tard. Le trail a pu empirer le phénomène. A posteriori, je me dis que c’était un mal pour un bien. J’ai réappris à courir. Je pensais que c’était impossible de modifier ma gestuelle mais, en bossant un peu, je me suis aperçu que le cerveau commandait tout. J’ai galéré pendant deux ou trois séances pour changer ma technique, puis j’ai pris conscience du geste à réaliser et j’ai réussi à le mettre en place. J’ai également modifié mon entraînement grâce à cette blessure. J’ai introduit un entraînement dédié uniquement à la proprioception et à la PPG. Chaque semaine, je fais 20 minutes de home trainer puis une heure de PPG, de pliométrie, de gainage… Même si j’ai corrigé le problème à l’origine de ma blessure, il faut rester vigilant. On a souvent peur d’enlever des kilomètres dans un plan d’entraînement. Pour l’instant, cette approche ne me porte pas préjudice. »

Qui est ton entraîneur ?

« Je me gère, je n’ai pas de coach. Je n’ai jamais eu vraiment d’entraîneur, sauf entre 1994 et 1998. J’ai appris à bien me connaître. J’ai fait des erreurs, j’ai voulu en permanence tester, apporter des éléments différents. Aujourd’hui, j’espère faire les bons choix. Avec l’expérience, il est évident que c’est plus facile de s’auto-gérer. En tout cas, quand on atteint un certain niveau, on se dit qu’on est un minimum dans le vrai. Le fait d’être performant valide la méthode d’entraînement. »

Quelle est donc la méthode Meyssat ?

« Plus les années passent, plus je diversifie l’entraînement. Je prône complètement l’entraînement croisé. J’aime la diversité. En trail, on est confronté à des difficultés de déplacement en raison de la nature du terrain, donc il faut être complet d’un point de vue musculaire. Le vélo apporte beaucoup de puissance et limite les chocs. J’ai constaté que je suis beaucoup plus fort à pied en montagne l’été que l’hiver, autrement dit quand je roule davantage à l’extérieur. En été, je réalise la moitié de mon entraînement à vélo et l’autre moitié à pied. En hiver, je maintiens un entraînement de home trainer par semaine. »

Tu es spécialiste de course en montagne et trail court. Les longues distances t’attirent-elles ?

« Le trail m’intéresse jusqu’à 40-50 km. Je n’ai pas envie de passer des heures à l’entraînement. Or préparer un ultra exige des sorties très longues et contraignantes. Quand tu veux avoir une vie à côté, tu ne peux pas tout caser. Je reste coureur, donc je préfère les épreuves où l’on court vraiment et où l’on court rapidement. J’aime quand ça court. Je n’aime pas marcher dans les montées. Si je veux marcher, je prends mon sac de rando ! Mais je comprends que certains prennent plaisir dans l’ultra. Je suis admiratif de ceux qui font l’UTMB et la Diagonale des Fous car c’est dur de courir encore après 20 heures d’effort. Ceci dit, je ne suis pas sûr que ce soit très bon pour l’organisme. »

Quels sont tes objectifs en 2016 ?

« C’est encore un peu flou, mais je sais déjà que je vais évoluer sur plusieurs circuits. En course de montagne, je serai aux championnats de France pour tenter une qualification aux championnats d’Europe. Je ferai aussi un peu de trail. Cette année, j’aurai un double emploi puisque j’évoluerai aussi en duathlon en D1 pour l’équipe de Metz, championne de France 2015, que j’ai intégrée. Je serai donc sur plusieurs fronts, comme chaque année ! »

Manu Meyssat
35 ans
Enseignant de la conduite à Lyon et coach sportif
http://manu-meyssat-coaching.joomla.com/presentation

Palmarès express
Vice-champion de France de course en montagne 2014, 2009 et 2007
Vainqueur de la coupe de France de course en montagne en 2013 et 2009
13e aux championnats d’Europe de course en montagne en 2013, 8e en 2010 et 2009, 15e en 2008
Vice-champion d’Europe par équipe de course en montagne 2010, 2009 et 2008
20e aux championnats du monde de course en montagne 2013 et 2010
Champion de France de trail 2011
Vice-champion de France de trail 2013 et 2010
Vainqueur du TTN court 2013
Champion de France de kilomètre vertical 2014
12e des championnats du monde de marathon de skyrunning 2014

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Lucie Jamsin : un jeune talent prometteur

Pensionnaire de l’équipe de France de course en montagne, Lucie Jamsin a remporté haut la main le Marathon des Causses fin octobre. Une victoire pour le moins prometteuse car la jeune athlète bouclait ce jour-là son premier trail ! La pouliche de Philippe Propage, sponsorisée par Kalenji, m’a confié quelques impressions. Et autant vous prévenir : il faudra compter sur Lucie dans les années à venir !

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Depuis quand appartiens-tu au team Kalenji ? Comment y es-tu entrée ?

« Je suis entrée dans le team Kalenji en octobre dernier. J’ai été contacté par Olivier Laboussole en juillet 2014, puis nous nous sommes rencontrés pour un premier footing. Cela a été l’occasion de faire connaissance. Olivier voulait connaître mes projets sportifs à moyen et long termes. J’ai compris que la marque cherchait une athlète à suivre sur plusieurs années et avec un projet réfléchi. L’objectif du contrat est donc d’écrire une belle histoire ensemble. Kalenji suit ses athlètes à travers ses projets et l’accompagne dans ses démarches. » 

Comment fonctionne le team ?

« Nous ne sommes que quatre athlètes dans le team trail : Thierry Breuil, Isabelle Jaussaud, Benoit de Préville et moi-même. Nous avons donc la chance d’être chouchoutés par l’encadrement et l’ensemble des Kalenjins. Il n’y a pas de rassemblement entre athlètes à proprement parler, mais nous nous voyons régulièrement pour échanger, notamment sur les produits. Il n’y a ni équipe médicale et ni entraîneur désigné, mais Philippe Propage (qui est mon coach ainsi que celui de Thierry Breuil) fait partie intégrante du team puisqu’il réalise des plans d’entraînements mis à disposition de tout public sur le site internet de la marque. Avoir Philippe Propage comme entraîneur est un gros avantage puisque cela permet de faciliter encore plus l’échange entre les trois parties, à savoir le team, l’entraîneur et moi. »

Quelles sont les contraintes liées au team ? Ou plutôt à quoi t’engages-tu quand tu entres dans le team ?

« Effectivement, je ne veux pas parler de contraintes puisque, pour moi, il s’agit d’un échange de services. Quand on fait partie du team Kalenji, on s’engage à travailler en collaboration avec les équipes de développement. La marque me fournit l’ensemble des équipements textiles et des accessoires dont j’ai besoin. En contrepartie, je donne mon avis sur la qualité des produits. L’objectif pour nous tous est de tester pour corriger si besoin, dans une logique de perfectionnement du matériel. En mettant les produits à l’épreuve de mes entraînements et de mes compétitions, je présente très objectivement mes attentes en matière d’équipement. Par ailleurs, Kalenji est partenaire de certains trails. Olivier Laboussole me propose donc d’y participer mais il n’y a aucune obligation. Si les dates ne collent pas avec le calendrier ou les objectifs que je me suis fixés, alors on s’arrange. Mon calendrier 2015 sera proposé à Olivier et nous le validerons ensemble. »

Que t’apporte l’appartenance au team ? 

« J’ai connu Kalenji grâce à Philippe Propage et à Thierry Breuil. Cela faisait un bon moment que je rêvais d’intégrer l’équipe car j’y retrouvais l’ensemble des valeurs que je recherche à travers la pratique de la course à pied : l’échange, la convivialité, la possibilité de faire de belles rencontres. Les Kalenjins sont vraiment des gens exceptionnels. Depuis que je les ai rejoints, j’ai redécouvert mon sport et je suis maintenant persuadée de courir en équipe. Lors de mes séances, j’ai toujours une pensée pour ceux qui me soutiennent, mes proches bien sûr, mon coach, et maintenant mes partenaires. J’ai vécu un moment inoubliable et magique lorsque la marque m’a présentée officiellement aux équipes de travail. C’était en novembre. Cela restera gravé dans ma mémoire. Un accueil majestueux, à l’image de leurs personnalités. Bien évidemment, Kalenji m’apporte également tout ce dont j’ai besoin en termes d’équipement vestimentaire et d’accessoires. Je bénéficie aussi de son soutien logistique et financier lors de mes déplacements, et même au quotidien. Bref, je ne manque de rien et tout est réunit pour réaliser mes projets. J’ai la chance aussi d’avoir Thierry Breuil à mes côtés dans le team. Thierry est vraiment ouvert. Il est très accessible et ses conseils sont précieux. Je l’appelle souvent pour éviter les erreurs de base des débuts en trail. Il est toujours à l’écoute, j’ai une chance inouïe ! »

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Appartenir au team t’a-t-il permis de découvrir des produits (Kalenji ou marques partenaires) ? Quels sont tes produits fétiches ou ceux qui t’ont le plus étonnée ?

« Depuis juillet dernier, je n’utilise que des produits Kalenji… et j’en suis vraiment satisfaite ! La marque a développé des produits de très bonne qualité. 

Pour commencer par les chaussures (le plus important pour un coureur !), je cours avec les Kip Race 2. C’est une chaussure de trail qui présente toutes les caractéristiques que je recherche : stabilité, légéreté, flexibilté, accroche. J’ai couru des courses de montagne avec (format court, avec gros dénivelé positif et négatif), mais aussi le Marathon des Causses (38 km). Sur des formats complètement différents, la chaussure me convient parfaitement. La Kip Race 2 est donc extra !

Petit exemple de produit que j’aime beaucoup : le sac Trail 5L qui est très léger et placé haut sur le dos. J’ai tendance à l’oublier complètement !

Ce qui m’a surprise chez Kalenji, ce sont les gammes complètes qui sont présentées. Aujourd’hui, Kalenji équipe aussi bien l’enfant que l’adulte, la femme que l’homme, du coureur débutant jusqu’au champion, et aussi les coureurs diurnes et nocturnes. Nous sommes vraiment dans la recherche de la résolution de la problématique même de la course à pied : pouvoir courir, toute l’année, en toute saison, à toute heureJe pense que la course à pied est un sport fabuleux car on peut le pratiquer partout, tout le temps. Peu de contraintes s’imposent au coureur. Par contre, il est important de courir avec un maximum de confort si on veut l’apprécier à sa juste valeur. C’est ce sur quoi porte le travail de Kalenji. J’adore ! »

Quels sont tes objectifs pour 2015 ?

« En 2015, mes objectifs seront de suivre le Trail Tour National Long. Cela passera par le Gruissan Phoebus Trail, Tulle Brive… Je serai également aux Championnats de France de course de montagne le 7 juin. A l’automne, je serai aux Championnats de France de trail long au Sancy ou alors je préparerai la Grande Course des Templiers (72 km). »

Quels conseils et astuces aurais-tu envie de partager avec les coureurs ?

« En matière d’hydratation : l’hydratation est essentielle pour le coureur. Elle ne doit jamais être négligée. Pour ma part, c’est environ 3 litres d’eau par jour. 

Côté nutrition, même chose : il faut être vigilant pour apporter tout ce dont le corps a besoin pour se régénérer. Pas de régime, mais une alimentation variée et équilibrée. Pas de frustration non plus. Je ne me prive de rien, mais je fais attention. J’essaie de limiter les excès, ce sont eux qui dérangent le plus. Je prends un petit déjeuner très copieux. Je mange des féculents le midi, jamais le soir, et je prends un en-cas avant ma séance dans l’après-midi (un fruit ou une barre protéinée). Je respecte une règle : jamais de lait ! Mon régime alimentaire se compose en grande partie de fruits et de légumes. Je mange pas mal de protéines, animales ou végétales. J’avoue abuser du saumon, mais aussi des fruits secs. Et mon péché mignon, c’est le chocolat !

En matière d’équipement : il ne faut pas hésiter à se faire conseiller. Les vendeurs des magasins de sport sont de plus en plus spécialisés. Il faut en profiter. Une fois le matériel acheté, il faut l’approuver et se l’approprier, s’habituer à le porter. Il est indispensable d’avoir testé son matériel au préalable avant une compétition, quelle qu’elle soit.  Les « premières fois » ne doivent pas se faire sur une course, au risque d’avoir de mauvaises surprises.

En matière d’entraînement :

Premier conseil : Prenez plaisir à courir ! C’est le plus important ! Pour cela, courez comme vous l’aimez : en musique, en groupe… Variez vos terrains de jeu, explorez !

Deuxième conseil : Fixez-vous un objectif, même modeste. L’essentiel est de pouvoir se projeter, d’avoir un but à atteindre. Cela permet de s’entraîner plus durablement et de mieux progresser. Une fois l’objectif réalisé, vous en serez très fier et vous n’aurez qu’une seule envie : retourner courir !

Troisième conseil : Persévérez ! L’entraînement en course à pied est parfois ingrat. Quelquefois le résultat est long à arriver. Ne baissez pas les bras, la course à pied est le plus beau des sports. Soyez patient, vous y arriverez !

En compétition : lorsque vous prenez le départ d’une course, vous avez toujours un objectif à atteindre. Ne le perdez jamais de vue, c’est votre guide. Pendant la course, vous avez des passages à vide, mais ça ne dure pas. Vous avez également mille bonnes raisons d’abandonner. N’en faites rien, vous n’en serez que plus heureux dès la ligne d’arrivée ! Et si vous avez mal, dites-vous que les autres aussi souffrent, tous sans exception, du premier au dernier. Quoiqu’il en soit, n’hésitez pas à préparer mentalement votre course, avec ses passages douloureux mais surtout avec ses plus beaux côtés. Pendant les semaines qui précèdent, visualisez votre course, créez-vous des images positives et prenez confiance en vous. »

 

 

 

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Julien Rancon : son bilan des championnats du monde

Au printemps, il s’était imposé sur la scène nationale en remportant un nouveau titre de champion de France de course en montagne.
En juillet, il décrochait une très belle 6e place aux championnats d’Europe, compétition dont il avait fait son objectif majeur cette année.
Dimanche dernier, il arrachait la 17e place mondiale et se classait 5e Européen et meilleur Français.
Décidément, Julien Rancon reste le maître incontesté de la discipline en France et figure parmi l’élite internationale. Mais ce garçon bourré de talent et de volonté reste surtout d’une simplicité et d’une disponibilité qui m’épatent… Avec gentillesse, il a accepté de me livrer ses impressions au lendemain de sa prestation à Cassette di Massa.
« Ce n’est pas mon meilleur classement sur un championnat du monde. J’avais terminé 10e en 2011, 12e en 2005 et en 2013, 14e en 2007. Mais c’est mon meilleur classement sur un parcours en montée sèche (même s’il y avait des portions de descente). Cette année, le niveau s’est encore densifié d’un cran, donc je suis vraiment content de mon résultat.
Je suis d’autant plus satisfait que j’avais mal au dos depuis une semaine. Je me sentais de mieux en mieux jusqu’à vendredi… mais le voyage m’a remis « en vrac » ! Vendredi soir, j’étais complètement bloqué et bien incapable de courir même en footing. Le staff médical a vraiment bossé d’arrache-pied vendredi et samedi pour me remettre d’aplomb. Samedi, j’allais un peu mieux et dimanche encore mieux. Ce résultat était donc presque inespéré. Et puis, 5ème Européen, c’est une place de moins qu’aux championnats d’Europe ! »
JulienRancon_web
« Il a fait très chaud sur la première partie de course, mais la chaleur ne me gêne pas trop. Contrairement à ce que l’on pouvait redouter, le final dans la carrière s’est révélé moins étouffant.
Au regard de mes entraînements, je savais que j’avais la forme. J’avais bien récupéré des championnats d’Europe et le travail en amont avait été bon. Cet enchaînement « mondial de montagne / France de trail » était vraiment devenu mon objectif de fin de saison. Le volume fait pour la préparation trail n’a finalement pas eu d’impact sur mes qualités sur le court. De plus, il est vrai que je suis arrivé sans pression en Italie, simplement pour apporter mon aide à l’équipe, sans ambition particulière au niveau personnel. Et ça a plutôt bien marché !
C’est en tout cas l’un des plus beaux championnats du monde auxquels j’ai participé, non seulement au niveau sportif mais aussi au niveau du parcours : très joli sentier sur la première partie, puis un final extraordinaire dans les carrières de marbre de Carrare. C’était également super en termes d’ambiance et d’organisation, mais avec l’Italie, on n’est jamais déçu ! Le groupe de l’équipe de France était aussi génial. Bref, ça ne peut que donner envie de faire de la course en montagne !
Il faut désormais que je finisse de résoudre mon problème de dos… puis cap sur les championnats de France de trail ! »
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Un été chargé

Tous les médias relaient l’information : aujourd’hui, s’ouvrent les championnats d’Europe d’athlétisme à Zürich. Une compétition phare du calendrier international qui permet généralement aux Tricolores de glaner de nombreuses médailles. Bon, inutile de rappeler que la bonne vieille Europe n’inclut ni les Etats-Unis, ni la Jamaïque, ni le continent africain, ce qui facilite quelque peu la course aux médailles. Les Français devront néanmoins faire face à une sérieuse concurrence et, comme toujours, la célèbre « glorieuse incertitude du sport » entretiendra le suspense jusqu’à la fin de chaque épreuve.

Logiquement, les champions hexagonaux attireront toute l’attention des médias : Renaud Lavillenie, Christophe Lemaître, Jimmy Vicaut, Bob Tahri ou Christelle Daunay seront sous le feu des projecteurs, la presse oubliant un peu trop souvent d’autres talents qu’une médiatisation élèverait peut-être encore plus haut. Pierre-Ambroise Bosse, Cindy Billaud, Kevin Mayer ou encore Kevin Campion seront en lice, un peu plus anonymes mais tout aussi dopés à la motivation.

La dopage aura été moins naturel pour d’autres… Après la mise en cause de l’entraîneur national des lancers, Raphaël Piolanti, et le contrôle positif de l’un de ses poulains, l’opprobre est de nouveau jetée sur le sport de haut niveau. Une affaire d’autant plus attristante que Piolanti avait été élu meilleur coach de l’athlétisme français en 2013… L’ironie du sort bat son plein.

Malgré le climat perpétuel de suspicion qui règne dans l’univers sportif, j’ai envie de me laisser bercer par ces championnats d’Europe, de rêver en regardant ces athlètes aller jusqu’au bout d’eux-mêmes après de longs mois de préparation intense et toujours synonyme de souffrance, de sacrifice et d’abnégation. Tout comme j’ai rêvé, le week-end dernier, en suivant la mythique course de montagne Sierre Zinal où la superstar Kilian Jornet a de nouveau prouvé sa domination et où les représentants français n’ont pas démérité, loin de là. Malheureusement, la course en montagne n’attire pas les médias généralistes alors que le spectacle offert par le plateau d’athlètes internationaux dimanche dernier était de toute beauté.

Sans mauvais jeu de mots, on peut penser que c’est pour une raison toute simple : le calendrier sportif de l’été est trop chargé !  😉