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(Re)lâchez-vous !

Quel que soit votre niveau, votre objectif est le même que celui des plus éminents champions : courir de manière la plus économe possible afin de courir vite plus longtemps. Pour atteindre ce graal, l’un des secrets réside en un mot : relâchement. Et si vous appreniez vous aussi à vous détendre en courant ? 

Epaules crispées, visage grimaçant, poings serrés, poitrine contractée… Les signes d’un manque cruel de relâchement sont aussi variés que les profils de coureurs. A cause des progrès matériels (chaussures plus légères, amortis optimisés, vêtements techniques…) et des conseils d’entraînement pléthoriques, nous avons tendance à oublier que le relâchement fait partie intégrante de la performance.

Un soupçon de physiologie

Rappelons que la foulée se caractérise par deux phases :

  • l’appui, composé de l’amortissement, du soutien et de la poussée,
  • la suspension pendant laquelle le coureur n’a plus aucun point de contact avec le sol.

C’est pendant cette deuxième phase aérienne que le coureur a intérêt à être le plus relâché possible car c’est à ce moment-là que s’effectue l’apport maximal d’oxygène et de glucose. Par ailleurs, améliorer l’économie de course implique de réduire au strict minimum la consommation d’énergie par les muscles qui n’interviennent pas directement dans le geste réalisé. Un muscle contracté nécessite un afflux sanguin accru afin de disposer des ressources nécessaires à sa contraction. Travailler le relâchement permet donc aux muscles de récupérer et d’éviter une consommation inutile d’énergie.

 

Créer les conditions du relâchement

« Le relâchement est le produit des qualités physiques travaillées à l’entraînement et des aptitudes psychologiques qui en découlent, que ce soit dans le positif comme dans le négatif », affirme Hakim Merzougui*. « Lorsqu’on est dans une bonne dynamique d’entraînement et de forme physique, les résultats suivent car on se relâche du simple fait d’être en confiance. » Pour atteindre un relâchement optimal, il convient donc de s’installer dans une démarche mentale et physique adaptée.

  • Que ce soit à l’entraînement ou en compétition, le stress se traduit souvent par une attitude générale tendue. En pratiquant des exercices de relaxation (respiration profonde, imagerie mentale, pleine conscience…), il est possible de faire retomber cette pression. Mais il est aussi essentiel de relativiser et de garder à l’esprit que la course à pied doit rester un plaisir et un loisir.
  • Un échauffement soigné et une hygiène de vie adéquate (hydratation, nutrition, étirements…) permettent de préparer les muscles à l’effort et de favoriser leur relâchement pendant l’exercice physique.
  • Enfin, courir sans douleur permet de garder une attitude équilibrée. S’entraîner en ayant mal à un mollet ou vec une ampoule au pied entraîne des compensations, génératrices de tensions dans d’autres parties du corps.

Etre attentif à sa posture

Si l’idéal reste d’être observé par un tiers pendant l’effort pour identifier les zones de contraction, il existe une autre solution : se centrer sur ses sensations, autrement dit être à l’écoute de chaque partie de son corps, et ce à différentes allures et à différents moments de l’effort. La contraction apparaît souvent lorsque la fatigue se fait sentir ou qu’une difficulté se présente (changement d’allure, obstacle…). L’imagerie mentale, pratiquée en amont ou pendant l’effort, consiste à se visualiser en train de courir de manière fluide, efficace et légère. Cette image permet au cerveau d’envoyer au corps les messages nécessaires à une attitude plus relâchée.

 

 

En pratique

Se relâcher… ou carrément se lâcher ! 🙂

Relâcher le haut du corps pendant l’effort

Le buste est souvent la principale localisation des tensions, notamment au niveau des épaules. Pendant que vous courez, laissez tomber vos bras le long de votre corps en les laissant aller librement, comme s’ils ballottaient sur vos flancs. Vous devez sentir vos muscles se relâcher jusque dans vos trapèzes et vos cervicales. Puis reprenez une course normale. Vous pouvez répéter l’exercice plusieurs fois de suite pour bien ressentir le relâchement. Un exercice à pratiquer aussi bien à l’entraînement qu’en compétition.

Identifier les zones critiques

  • Les épaules sont souvent le lieu principal des tensions musculaires. Détendre les bras en les « secouant » légèrement le long du corps permet de relâcher ces tensions.
  • Le visage peut lui aussi être le siège de contractions. Ne serrez pas les mâchoires. Soufflez en gonflant les joues plusieurs fois.
  • Une respiration ample et profonde, avant et pendant l’effort, permet de mobiliser le diaphragme et faciliter le relâchement.
  • Evitez de courir poings fermés et crispés. Les mains doivent être légèrement ouvertes, poignets alignés avec les avant-bras.

 

 

*Hakim Merzougui
Entraîneur, instructeur athlétisme au 27e bataillon des chasseurs alpins.
Champion d’Europe militaire de cross-country en 2011, 10e aux championnats du monde militaires de cross-country en 2013, 5e aux championnats de France de cross court en 2013.
Records personnels : 3’42’’ sur 1500 m / 13’52’’ sur 5000 m.

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Drayes du Vercors : le dossard spontané

A l’heure des courses hyper galvaudées qui exigent une planification de dingue (genre tu coches la date dans ton agenda en novembre pour une course prévue en août de l’année suivante), rien ne vaut une belle épreuve locale où il est encore possible de s’inscrire le matin même. Après avoir « subi » pendant des années le diktat des compétitions fédérales d’athlétisme qui ne laissent guère le choix (si ta meilleure amie se marie la veille de la finale nationale des interclubs, tu n’as plus qu’une solution : assister vite fait à la cérémonie religieuse puis sauter dans un train, sac de sport en bandoulière, avec ta robe de soirée et ton chignon tarabiscoté complètement incongrus dans la vie normale… authentique, je vous jure !), j’avoue que toute planification pluri-mensuelle me rebute. Mais il faut bien programmer une saison sportive et donc un entraînement digne de ce nom, alors je mets quelques croix dans le calendrier malgré tout.

Mais quel régal de tomber, un peu par hasard, sur l’annonce d’un trail tout proche de chez soi et de se dire, trois jours avant la course : « Tiens, et si j’y allais plutôt que m’entraîner toute seule samedi matin ? » Et si, en bonus, la course se déroule dans le fief d’amis qu’on n’a pas vus depuis trop longtemps, alors la pulsion est décuplée ! Me voilà donc inscrite sur les 26 km et 1600 m D+ des Drayes du Vercors, l’une des premières épreuves que j’aie couvertes à l’époque où j’œuvrais en tant que correspondante locale de presse pour Le Dauphiné Libéré (pouah, ça ne me rajeunit pas !).

Un site de course implanté au cœur du village de La Chapelle-en-Vercors, comme s’il s’était lové là pour couver les coureurs dans son écrin de maisons en pierres. Des chapiteaux, une arche de départ, un podium, un animateur et des concurrents : rien de plus simple et de plus banal, me direz-vous… et vous avez entièrement raison ! Mais les lieux dégagent une sérénité appréciable et un petit air festif qui rappelle les kermesses de mon enfance, lorsque la fin de l’année scolaire approchait et qu’on se retrouvait tous dans le parc municipal pour une journée de jeux et de spectacles.  Ces Drayes s’annoncent bien : sans même avoir fait la première foulée, elles ont déjà pour moi le goût de la madeleine de Proust…

Renaud Rouanet, qui n’est autre que le parrain de l’événement et un ami, explique au micro sa vision du parcours avec son délicieux accent méridional qui donne l’impression que l’on est déjà dans le Sud. Vu qu’il conseille de bien gérer la distance, les derniers kilomètres s’annonçant difficiles (surtout avec cette chaleur), je décide de partir mollo. La température est déjà élevée lorsque le petit peloton s’élance sur les chemins. On trotte, on papote un peu, on savoure les sous-bois plus frais et les singles joueurs. Deux ou trois filles me dépassent, mais je ne m’affole pas : Renaud a dit qu’il fallait en garder sous le pied, alors je m’économise !

Ce que l’on oublie souvent, c’est qu’un trail se gagne aussi en descente. C’est ce qui me sauve : je rattrape le retard pris dans la première ascension à la faveur d’une descente technique où je m’amuse comme une petite folle dans les lacets et les feuilles glissantes. La montée au Pas de l’Allier sera assez terrible avec ses 900 m D+ en pleine chaleur, ses caillasses et ses raidards. Heureusement, je fais équipe avec un concurrent et nous nous soutenons : quand l’un faiblit, l’autre l’encourage. Les paysages sont splendides : falaises calcaires, forêts, fond de vallée lointain, jeux de lumière dans les feuillages… Régulièrement, des bénévoles et des ravitaillements apportent réconfort et sourires. Même si mes jambes sont loin d’être au top de leur forme (il y a des moments où je maudis franchement les séances de la semaine !), je cours de bonheur. Même s’il fait chaud, même si mes mollets flirtent avec les crampes, même si je me prends un gros coup de flippe à trois kilomètres de l’arrivée (j’ai cru voir la deuxième fille à 200 mètres derrière moi donc je sors de ma posture « gestion » pour accélérer jusqu’au bout… alors qu’en réalité personne ne me poursuivait !), je savoure chaque foulée, chaque respiration, chaque rayon de soleil sur ma peau.

Au-delà de la victoire, je retiens surtout le partage sur et hors des sentiers, ces longs moments de complicité avec les amis, ces sourires donnés et reçus, ces rires d’enfants qui courent, cette simplicité et cette convivialité de l’organisation… Décidément, j’adore les dossards spontanés !

 

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Running et obésité : la guerre des kilos (deuxième partie)

La semaine dernière, je vous proposais de découvrir un dossier récemment publié dans Trails Endurance Mag. En toute logique, voici la deuxième partie de ce sujet consacré à l’obésité. 

D’un excès à l’autre ?

De la boulimie alimentaire à la boulimie de sport, il n’y a qu’un pas. Qui est apparemment vite franchi, pour peu que la volonté de perdre du poids devienne l’objet d’un défi personnel. En effet, l’obésité se caractérise fréquemment par une relation complexe à la nourriture et des compulsions qui conduisent à l’ingestion de quantités excessives d’aliments. Or, plus on grossit, moins on est capable de pratiquer une activité physique et moins on bouge, plus on grossit. « Pour maigrir, il faut associer une restriction énergétique et une activité physique », confirme le Docteur Michel Guinot, médecin du sport au CHU de Grenoble. « Le principe est simple : pour perdre du poids, il faut qu’un déficit énergétique conduise l’organisme à puiser les ressources nécessaires à son fonctionnement ailleurs que dans l’alimentation. » Mais, en cas de déséquilibre nutritionnel, une fatigue délétère s’installe, le corps allant chercher l’énergie dans les os, le système immunitaire, les muscles… « Il est donc important de se faire accompagner par un médecin ou un diététicien pour supporter dans la durée ce déficit énergétique et ne pas subir de plein fouet la fatigue », recommande le Docteur Michel Guinot. « La fatigue sera d’autant plus marquée que la personne obèse se remettra à pratiquer une activité physique alors qu’elle ne bougeait pas du tout auparavant. » C’est d’ailleurs vers un nutritionniste que Marie Rousset s’est tournée pour être guidée sur le chemin de l’amaigrissement et éviter de tomber dans l’excès en supprimant tout de son assiette. Maintenir un apport suffisant de protéines, garder une part de féculents lorsque l’activité physique devient plus intense et privilégier les bons lipides s’est ainsi révélé nécessaire.

Marie Rousset, avant de se mettre au sport…

Une transformation spectaculaire !

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais la perte de poids peut rapidement évoluer vers une obsession : s’entraîner toujours davantage et contrôler toujours plus l’alimentation pour ne pas (re)grossir. Eric Marteau admet qu’il est « passé d’une dépendance à l’autre » et qu’une « compensation s’est faite entre la nourriture et le sport ». Stéphane Chassignol abonde en ce sens, lui qui éprouve encore aujourd’hui des difficultés à maintenir son poids et à observer une hygiène de vie irréprochable : « La relation à l’alimentation est anormale lorsqu’on est obèse. Par période, ça va bien, mais il y a des rechutes qu’on sent venir. La course à pied, le vélo et le ski me permettent de maintenir un poids normal. Je ne peux plus imaginer ma vie sans sport et sans montagne. J’ai remplacé une drogue par une autre, finalement. » Pour Marie Rousset aussi, l’activité physique est devenue une composante centrale de sa vie quotidienne qu’elle pimente de défis réguliers. « Après avoir été addict à la nourriture, je suis devenue addict aux challenges. Alors je cours régulièrement des marathons », raconte-t-elle. « De toute façon, sans sport, je reprends du poids. Mais parfois je fais du sport plus par contrainte que par plaisir… »

 

Perte de poids… et d’identité ?

Pour tous ces anciens obèses devenus sportifs inconditionnels, l’amaigrissement s’est accompagné d’un changement de vie radical. A l’oisiveté physique s’est substituée une activité débordante. Alors, forcément, le choc a parfois été difficile et la rupture brutale. « Beaucoup de personnes que je côtoyais ne me reconnaissent pas et sont souvent gênés. En fait, ma transformation est plus difficile à vivre pour les autres que pour moi », raconte Ludovic Dromard. De son côté, Eric Marteau, l’ancien cuisinier fêtard, a largué ses amarres bretonnes pour poser ses valises en Haute Savoie où il a changé de métier et de milieu. « Il m’était indispensable de ne plus avoir tout le temps de la nourriture devant moi », confirme Eric. « Certains de mes amis bretons ont compris, d’autres non. Ici, à Thônes, quand je dis que je pesais 120 kg, on ne me croit pas… »

Chaque course est une victoire !

Parce que perdre beaucoup de poids introduit une véritable révolution au quotidien, qu’il s’agisse du mode de vie ou même de la manière de penser, une césure est fréquente : il y a toujours un avant et un après amaigrissement, pas toujours aisé à gérer psychologiquement. « Ma perte de poids a induit de gros changements : j’ai divorcé, je me suis acheté un chalet à la montagne pour y passer tout mon temps disponible et faire du sport, j’ai changé de métier, je suis aussi plus calme qu’auparavant », affirme Stéphane Chassignol. Pour faire face de manière pérenne et saine à de telles métamorphoses, une approche multidisciplinaire se révèle d’un grand secours. Centrée autour du médecin traitant, la démarche d’amaigrissement mérite de faire appel à des spécialistes : diététicien, kinésithérapeute, psychologue… « Pour un obèse, perdre du poids constitue un véritable challenge », estime le Docteur Michel Guinot. « Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que tout le monde peut y arriver. C’est comme les coureurs qui affirment que tout le monde peut faire 2h30 au marathon. Non, ce n’est pas à la portée de tout le monde. » La réussite de Ludovic, Stéphane, Thomas, Eric et Marie force d’autant plus l’admiration qu’elle incarne la puissance d’une qualité utile non seulement pour maigrir, mais aussi pour courir : la capacité à se donner à fond pour atteindre un objectif.

 


Les grades de l’obésité

L’IMC est l’indice de masse corporelle qui se calcule à l’aide de la formule suivante : IMC = poids (en kg) / taille (en mètres)2

  • Obésité : IMC > 30
  • Grade 1 (obésité modérée ou commune) : IMC 30 – 34,9
  • Grade 2 (obésité sévère) : IMC 35 – 39,9
  • Grade 3 (obésité massive ou morbide) : IMC > 40

 

 


Le running, la bonne idée pour maigrir ?

Si la course à pied semble être la discipline la plus accessible, elle n’est pourtant pas franchement la plus indiquée lorsqu’on souffre d’obésité. Pourquoi ? Parce que courir implique des chocs répétés au sol qui malmènent les articulations. Pour commencer, mieux vaut se tourner vers des sports portés (natation, vélo…) ou glissés (ski de fond, roller…). « En fait, tout dépend de la condition physique préalable », précise le Docteur Michel Guinot. « Il faut profiter du projet d’amaigrissement pour dresser un bilan de santé complet. Celui-ci permet d’évaluer la condition physique, de vérifier l’état de l’appareil musculo-squelettique ou encore d’appréhender les facteurs de risques cardio-vasculaires. »


 

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Running et obésité : la guerre des kilos (première partie)

 

Courir pour mincir un peu est d’une banalité désarmante. Courir avec deux ou trois kilos en trop est d’une pesanteur déprimante. Mais courir avec 60 kg de surpoids paraît complètement surréaliste. Pourtant ils l’ont fait ! Vaincre l’obésité grâce au running est bien plus qu’un défi : c’est le combat de toute une vie. Témoignages et explications dans cet article paru au printemps dans Trails Endurance Mag.

Le phénomène n’est ni nouveau, ni spécifiquement français. Par contre, il est franchement inquiétant : partout dans le monde, l’obésité sévit et ne cesse de progresser. Sur la planète, le surpoids concerne la bagatelle de 1,4 milliard de personnes âgées de plus 20 ans et ce chiffre devrait atteindre 3,3 milliards d’ici 2030. Enorme. En France, l’évolution n’est guère plus enthousiasmante puisque 6,5 millions de personnes sont considérées obèses, soit 14,5 % de la population adulte. D’après l’INSERM, l’obésité est un « excès de masse grasse qui entraîne des inconvénients pour la santé et réduit l’espérance de vie ». Elle résulte « d’un déséquilibre entre les apports et les dépenses énergétiques » qui aboutit à « une inflation des réserves stockées dans le tissu graisseux, qui entraîne elle-même de nombreuses complications ». Parmi ces dernières, citons pêle-mêle les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l’hypertension artérielle, l’apnée du sommeil, les maladies articulaires ou encore les risques accrus de certains cancers. Bref, un vrai cocktail explosif.

Ludovic Dromard, ancien obèse et finisher du Marathon des Sables !

La chirurgie à la rescousse

C’est d’ailleurs en prenant conscience des risques qu’il encourait que Ludovic Dromard a décidé de prendre le taureau par les cornes. « Je ne me voyais pas grossir alors que je prenais pourtant des kilos chaque semaine », évoque le quadragénaire. « J’étais en obésité morbide 3 (cf. encadré) et j’éprouvais des difficultés à faire des gestes simples du quotidien, comme enfiler des chaussettes. Je venais d’être papa de ma première fille, la quarantaine approchait… et j’ai pris conscience que je risquais d’y laisser ma santé. » En 2012, Ludovic décide donc de subir un bypass, lourde opération chirurgicale consistant à couper les 8/10e de l’estomac et une partie des intestins. « Mais la chirurgie n’est pas miraculeuse. Ce n’est qu’une aide à un moment donné. Elle ne peut pas fonctionner si l’on ne se donne pas les moyens de réussir », assène-t-il. De nombreux obèses recourent à d’autres méthodes telles que la gastroplastie (anneau gastrique). Après avoir tenté en vain différents régimes, Stéphane Chassignol, qui pèse alors 130 kg, choisit cette option en 2006 suite à une banale conversation. « J’ai rencontré un trailer qui m’a parlé de l’UTMB. Je me suis dit que je devais faire cette course, mais c’était un pari très compliqué avec mon poids… Alors je me suis décidé à me faire poser un anneau gastrique. »

Eric Marteau lorsqu’il menait une vie d’excès…

Aujourd’hui, il atteint d’autres sommets !

 

 

 

 

 

 

Si la chirurgie contraint à réduire les quantités d’aliments absorbés, elle ne résout pas toutes les causes du surpoids, notamment les paramètres psychologiques. Sans une volonté à toute épreuve, l’amaigrissement semble voué à l’échec. Certains obèses osent d’ailleurs se lancer en solo, sans aide médicale ni accompagnement. Eric Marteau, cuisinier breton et bon vivant, était un adepte des soirées bien arrosées et du grignotage à toute heure du jour et de la nuit. A tel point qu’il pesait 117 kg en 2010. « Et puis je suis parti en Mongolie où j’ai rencontré une chamane. A mon retour, tout a changé. Ce voyage a joué le rôle d’étincelle. Je me suis mis à supprimer plein de choses de mon alimentation et à faire du sport », raconte Eric qui, enfant, pratiquait le football, la natation et le triathlon. Avec une telle révolution quotidienne, la balance lui sourit forcément : 10 kg s’envolent en six mois. En trois ans et demi, le Breton passe de 117 à 63 kg et change totalement de vie. Il s’installe en Haute Savoie, se reconvertit en saisonnier et devient accro aux sports de montagne : trail, ski alpinisme, ski roues, vélo, natation… « Le sport m’a transformé. J’ai une existence et une philosophie de vie totalement différentes », confie-t-il. Thomas Desprez, jeune Mauriennais d’une vingtaine d’années, prend conscience de son obésité alors qu’il marche au-dessus de chez lui pour faire des photos. « J’ai presque fait un malaise à la fin de la montée et je me suis dit que ce n’était pas normal. Sans savoir pourquoi, je suis redescendu en courant. Quelques jours plus tard, je suis allé courir à plat. Mes douleurs sont passées petit à petit, mais il a fallu beaucoup de volonté et de détermination », raconte Thomas. Pour Marie Rousset, qui est parvenue à perdre 60 kg toute seule, l’option chirurgicale a été volontairement laissée de côté. « Je lutte contre l’idée selon laquelle l’opération est la seule solution lorsqu’on est obèse. Non, l’obésité n’est pas une fatalité, on peut perdre du poids en réduisant ses apports caloriques et en augmentant son activité physique. » Après avoir eu honte de son surpoids alors qu’elle participait à une émission de télévision aux côtés de son cousin présentateur, Marie a un véritable déclic. Elle se reprend en main du jour au lendemain, supprime énormément d’aliments, commence à pratiquer le vélo elliptique à une cadence effrénée, puis la natation, puis la course à pied. Elle cumule jusqu’à 5 heures de sport par jour et 30 heures par semaine !

 

Les témoins

Eric Marteau : « Il faut se donner du temps »
Taille : 1,75 m
Poids initial : 117 kg
Poids actuel : 67 kg
Âge : 37 ans
Profession : saisonnier
« Les effets du sport sur le corps sont étonnants. On se sent tellement plus libre ! J’ai mis six ou sept ans avant de parvenir à un poids et une alimentation stables. J’ai appris à ré-aimer le sport. Maintenant, c’est dur de m’en passer. Mais être obnubilé par son poids empêche d’éprouver du plaisir lorsqu’on mange ou qu’on fait du sport. Or le plaisir est à la base de la réussite. Le sport m’a transformé. Je suis devenu une autre personne. Lorsqu’on veut maigrir, il faut se donner du temps. Maigrir vite n’est ni durable ni sain. »  

Ludovic Dromard : « Un combat quotidien »
Poids initial : 131 kg
Poids actuel : 71 kg
Âge : 42 ans
Profession : chef d’entreprise
« La chirurgie n’est qu’une aide à un moment donné. Il faut réapprendre à manger, reprendre une activité physique. Après mon opération, je savais que les cartes étaient entre mes mains. Les obèses ne guérissent pas, ils sont malades toute leur vie et doivent faire attention en permanence pour ne pas reprendre de poids. C’est un combat quotidien. En restant vigilant, ce qui n’exclut pas de se faire plaisir en mangeant, la perte de poids est durable. De toute façon, la balance nous rappelle à l’ordre au moindre écart ! »

Thomas Desprez : « La plus belle chose qui me soit arrivée »
Taille : 1,70 m
Poids initial : 110 kg
Poids actuel : 60 kg
Âge : 24 ans
Profession : tourneur sur machine-outil
« Durant les deux premières années, j’ai toujours fait mes footings seul car, chaque jour, j’essayais de faire mieux que la veille, me battant uniquement contre moi-même. J’étais déterminé, sûr de moi. Je savais que c’était possible d’y arriver seul ! Ma manière de vivre a changé. Lorsque quelque chose me paraît difficile, je me dis que je peux forcément y arriver au bout d’un moment. Cette perte de poids est la plus belle chose qui me soit arrivée. J’en suis vraiment fier, et ma famille aussi. »

Stéphane Chassignol : « On ne guérit jamais vraiment »
Taille : 1,70 m
Poids initial : 130 kg
Poids actuel : 87 kg
Âge : 46 ans
Profession : conseiller du secrétaire d’état aux sports pour les sports de nature
« J’ai suivi de nombreux régimes, aucun n’a marché. Alors je me suis fait opérer, puis j’ai commencé à faire du sport : d’abord du VTT, puis du trail. Mais mon poids a beaucoup fluctué et fluctue encore. Quand mon poids est satisfaisant, c’est que je fais du sport. Sport et poids sont liés, ne serait-ce qu’à cause de ce qu’implique un entraînement : il faut faire attention à ce qu’on mange avant d’aller courir, à l’hygiène de vie avant une course. On n’est pas obèse par hasard. C’est une maladie et je suis tenté de dire qu’on ne guérit jamais vraiment. Il faudrait parvenir à se transformer psychologiquement pour guérir car l’obésité traduit une relation anormale à l’alimentation. »   

Marie Rousset : « J’ai retrouvé confiance en moi »
Taille : 1,63 m
Poids initial : 120 kg
Poids actuel : 65 kg
Âge : 38 ans
Profession : personnel au sol chez Air France
« J’ai retrouvé confiance en moi grâce à cette perte de poids. Je crois que tout le monde – ma famille, mes amis, mes collègues – étaient fiers que j’y sois arrivée. Pendant longtemps, j’ai gardé dans ma tête l’image de grosse que j’étais. Même après avoir perdu beaucoup de poids, je me regardais toujours dans les miroirs ou les vitres pour vérifier que je n’étais plus celle d’avant. J’ai fait une véritable razzia dans les boutiques de vêtements ! Maigrir, c’est à 90 % dans la tête. »

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La légende des chaussettes qui courent plus vite

L’air de rien, nous avons tous nos petites manies d’avant-course. Des habitudes qui prennent des allures de rituels. Le tout parfois teinté de superstition. Ce n’est pas que l’on croie qu’un porte-bonheur contribue à la performance, non… mais bon, dans le doute, mieux vaut quand même l’avoir avec soi !  😉 

Un sprinteur qui embrasse son pendentif avant de se placer dans les starting-blocks. Une marathonienne qui court toujours en compétition avec la même culotte. Un traileur qui emporte dans son sac un objet donné par son fils. Ou, dans une autre discipline sportive, des joueurs qui embrassent le crâne du gardien de but. Les exemples de grigris et autres rituels foisonnent dans l’univers du sport. Pourtant qui se vante d’avoir un objet « magique » ? On a tous un peu honte d’avouer que l’on nourrit un fond de superstition ou que l’on a besoin d’un doudou pour se rassurer. Et si les grigris contribuaient à la performance ?

Seb Chaigneau et sa visière fétiche. © Mouss Production

  

Un besoin : être rassuré

Mettons de côté tout jugement de valeur et considérons les grigris ou rituels avec curiosité. Pourquoi un sportif qui s’est entraîné et qui cherche à ne rien laisser au hasard s’en remet-il à un porte-bonheur au moment de la compétition ? Werner Muensterberger, un psychanalyste américain, estime que le bébé ne se distingue pas de sa mère avec laquelle il entretient une relation fusionnelle. Lorsqu’il se rend compte qu’elle peut disparaître en s’absentant, il éprouve une profonde angoisse qu’il compense en gardant près de lui un objet que l’on appelle communément doudou. Ainsi, à l’âge adulte, un grigri se voit doté du même pouvoir : il rassure l’adulte confronté à une situation angoissante. Pour Dominique Simoncini, « un parent cherche à rassurer l’enfant face à la nuit qui est remplie d’inconnu et de fantasmes. » En lui donnant un doudou, qui est une projection du père ou de la mère, il lui dit : tu n’es pas seul, je t’accompagne dans ce moment difficile. « Nous retrouvons cela chez l’athlète qui doit affronter l’inconnu de la compétition », poursuit Dominique Simoncini. « Son grigri répond au besoin de sécurité qui fait partie des besoins fondamentaux de chaque individu. »

Emporter avec soi un objet qui rappelle un moment heureux ou une personne aimée, c’est avoir à portée de main quelque chose de palpable qui, de manière kinesthésique (le fait de toucher le grigri) ou simplement mental (savoir que l’objet est sur soi), est indéniablement rassurant et peut même provoquer le comportement attendu : rebooster la motivation, traverser plus facilement un moment difficile, surmonter une phase de découragement ou d’envie d’abandon… « Le sentiment de sécurité se retrouve à deux niveaux chez l’athlète », analyse Dominique Simoncini. « D’une part, dans les routines précompétitives comme celle de Zinedine Zidane, évoquée dans une célèbre publicité, ou celle de Sébastien Chaigneau qui aligne tout son équipement par terre. D’autre part, on le trouve dans les grigris qui rappellent un vécu rassurant. Seb Chaigneau court toujours avec une visière, d’autres ont toujours le même Buff autour du poignet ou les mêmes manchons de compression aux mollets : ce sont leurs doudous, identifiables et physiques, qui renvoient à un moment positif et rassurant. » Ce lien entre un objet et un instant, un événement ou une personne, donc entre un objet et un état émotionnel, est désigné en psychologie par le terme d’ancrage. Pour François Castell, cet ancrage est omniprésent dans notre vie quotidienne et joue un rôle d’autant plus crucial en sport que les émotions y sont accrues, exacerbées par la fatigue et la baisse de vigilance. « Le cerveau est alors beaucoup plus vulnérable aux ancrages émotionnels. Le fait de systématiser un ancrage, d’en faire une habitude, permet d’orienter l’attention sur quelque chose de connu – une personne, un événement – lorsque l’on traverse une phase difficile en course ou que l’on éprouve une douleur physique », précise François Castell. En détournant le mental des difficultés de l’instant, on trouve de nouvelles ressources en soi pour continuer à avancer et surmonter la phase critique.

Pour Céline Lafaye, il est évident que courir avec quelques grigris se pare aussi de vertus affectives.


« Je suis une grande adepte des grigris et pas uniquement en course à pied. Cela a débuté avec mon travail de chercheur. J’avais pris l’habitude de placer devant mes expériences un petit grigri qui me rappelait un endroit ou un moment que j’aimais bien et qui m’avait permis de réaliser ce que je souhaitais. J’ai ensuite fait la même chose en course à pied. Par exemple, j’emporte en compétition un petit cerf que j’ai eu sur la bûche lors de mon dernier Noël avec ma mamie. C’est un peu comme si ma grand-mère m’apportait son énergie de là-haut. Je pense à elle et ça me motive encore plus. Si j’analyse ce « syndrome grigri », je peux dire que j’associe n’importe quel objet facilement transportable à une personne marquante pour moi, un lieu ou un événement qui me donnera de la force dans les moments difficiles de la course. C’est une façon de déstresser et d’avoir une aide extérieure dans ce sport individuel. » 


Pour Céline, porter sur elle des objets incarnant une personne aimée, c’est non seulement retourner inconsciemment à l’état d’enfance où le doudou chasse le stress, mais aussi courir accompagné. « L’athlète emporte avec lui la personne liée à l’objet. Parce qu’il veut emmener cette dernière au bout de la course, parce qu’il ne veut pas la décevoir, il modifie son comportement en réduisant sa latitude décisionnaire – en s’interdisant d’abandonner, par exemple – car il n’est plus seul à agir : il développe une spiritualité d’équipe », décrypte Dominique Simoncini.



« Croire que le doudou me porte chance, c’est pavlovien… mais ça fonctionne ! »


Stress vs chance

Si certains peuvent juger une telle pratique ridicule, il n’en demeure pas moins qu’elle a l’énorme avantage de fonctionner dès lors qu’on y adhère. « Croire que le doudou me porte chance, c’est pavlovien… mais ça fonctionne ! » s’exclame François Castell. Un objet fétiche est considéré comme un porte-bonheur et sa valeur n’est pas remise en cause par une mauvaise performance. Si l’on bat son record alors que l’on avait avec soi son grigri, le pouvoir de l’objet est confirmé, voire renforcé. En revanche, si l’on signe un chrono décevant, on ne remet pas en question le doudou, mais plutôt des éléments environnementaux (météo, parcours…). Avoir sur soi un grigri, c’est prendre le départ d’une course en étant persuadé de mettre la chance de son côté. Or, comme l’affirme Max Gunther (Le facteur chance, 1978), quand on est persuadé d’être né sous une bonne étoile, on se place d’emblée dans une posture favorable à la réussite. « La croyance en un objet génère une confiance accrue et une croyance en la réussite. Or cette croyance engendre une physiologie, autrement dit influence la sécrétion d’hormones et de neurotransmetteurs », indique François Castell. L’objet fétiche devient dès lors favorable à la performance puisqu’il place l’athlète dans de bonnes dispositions physiologiques et mentales. Le doudou n’est donc pas un porte-bonheur en lui-même, bien entendu, mais il crée chez le coureur les conditions propices au succès. « L’important n’est pas l’objet, mais ce que l’on en fait. Il faut associer l’objet à la ressource dont on a besoin : le doudou peut incarner la confiance, le calme, l’énergie… L’ancrage devient surpuissant ! » conclut François Castell.      

 

EN PRATIQUE
Gare à l’obsession et à la dépendance !
  • Avoir un objet fétiche ne doit jamais tourner à l’obsession, au risque de vous rendre trop dépendant de lui, voire de vous conduire à la contre-performance si son absence vous déstabilise.
  • Ayez des grigris, mais n’en abusez pas ! Changez-en de temps en temps ou adoptez-en plusieurs. Vous aurez ainsi tendance à donner moins de pouvoir à un objet en particulier.
  • Le conseil de François Castell : « Préférez la routine de performance à l’objet fétiche : un objet est immuable, non adaptable, alors qu’une routine (qui est un objet mental) est malléable et adaptable aux aléas rencontrés dans la réalité. »
  • Le conseil de Dominique Simoncini : « L’imagerie mentale est plus pratique à mettre en œuvre d’un point de vue pratique car elle peut intervenir à tout moment et plus on l’utilise, plus elle se renforce. De plus, elle a un effet relaxant, alors que le doudou n’apporte qu’une force temporaire liée au fait de le voir, l’entendre ou le toucher. »

 

PRÉCISION
Routine de performance ou superstition ?

Les préparateurs mentaux conseillent l’adoption de rituels ou d’une routine avant une compétition afin de mieux gérer le stress et d’entrer petit à petit dans une bulle de concentration. Pratiquer des rituels ou suivre une routine, c’est respecter volontairement une succession d’actions ou de pensées avant de réaliser une performance. La superstition est quant à elle une croyance en une dimension surnaturelle, magique, qui influence la vie quotidienne. La superstition en sport consiste donc à croire qu’un comportement bien précis (par exemple, embrasser un pendentif avant le départ) ou un objet fétiche (chaussettes, grigri, lunettes…) aurait le pouvoir d’influer sur la chance ou d’autres facteurs extérieurs à la performance.

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Echauffement : les accélérations progressives

Tous aussi passionnés de course à pied, nous avons tous regardé les compétitions d’athlétisme à la télévision (ou mieux, pour de vrai !) et admiré les meilleurs sprinters mondiaux réalisant quelques accélérations avant le départ. Loin d’être un caprice de champions, les accélérations progressives sont une composante essentielle de l’échauffement.

 

On ne le répètera jamais assez : l’échauffement est une nécessité absolue dont l’objectif est de faire monter la température corporelle afin d’être le plus opérationnel possible pour l’effort physique à venir. Avant de réaliser la moindre accélération, il faut donc observer une mise en route graduelle constituée d’un footing à allure tranquille de 15 à 20 minutes. « L’objectif est aussi de préparer les articulations », précise Jean-Baptiste Wiroth.

Athletic woman running on track

© Freepik

 

Accélération progressive : deux mots éloquents

Comme le nom de l’exercice l’indique parfaitement, il s’agit de réaliser une accélération, « autrement dit de réaliser un effort supérieur à l’allure course », indique Jean-Baptiste Wiroth, et d’effectuer l’exercice de manière progressive à la fois en durée et en intensité. « Il faut garder à l’esprit que l’on est encore en phase d’échauffement. » On veillera donc à ne pas sprinter à fond de train dès la première ligne droite et à respecter aussi le principe de progressivité au cours d’une même accélération. « On part plus lentement qu’on ne termine chaque ligne droite », confirme Jean-Baptiste Wiroth. « Tant que l’on n’a pas couru 30 à 40 minutes, on n’est pas complètement échauffé. »   

Une triple finalité

Les accélérations progressives permettent de finaliser l’échauffement, notamment si l’on prépare un effort intense tel qu’une compétition avec départ rapide ou une séance difficile. L’exercice répond ainsi à trois objectifs.

  1. D’une part, il permet de « travailler à une vitesse telle que l’on commence à utiliser les fibres rapides et à mettre les muscles en acidose », indique Jean-Baptiste Wiroth.
  2. D’autre part, « on sollicite le système nerveux en courant à une certaine intensité et en cherchant à être techniquement le plus propre possible. »
  3. Enfin, les accélérations progressives entraînent une élévation de la fréquence cardiaque qui permet d’éviter d’éventuelles mauvaises sensations lors de l’effort qui va suivre. « Le mot clé reste la progressivité car elle réduit les risques de blessures non seulement pendant l’échauffement, mais aussi pendant l’effort à venir », conclut Jean-Baptiste Wiroth.

 

 

En pratique

  • Trottez tranquillement 15 à 20 minutes, puis réalisez des éducatifs (montées de genoux, talons-fesses, etc.).
  • Terminez votre échauffement avec 3 accélérations progressives : faites la première sur 10’’ à 90 % de VMA, la deuxième sur 15’’ à 100 % de VMA et la troisième sur 20’’ à 105 % de VMA.

ATTENTION !

  • Chaque accélération doit être elle-même progressive, autrement dit partez plus lentement que vous ne terminez.
  • Si vous vous échauffez pour une séance de trail, faites la 2e et la 3e accélérations sur un terrain plus accidenté en prenant soin de vos appuis au sol.
  • Soignez votre posture de course en gardant les bras dans l’axe et en les utilisant pour rythmer votre foulée.
  • Maintenez votre buste droit, très légèrement penché en avant, en restant bien gainé.

Article réalisé avec l’expertise de Jean-Baptiste Wiroth, coach WTS – www.wts.fr

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Caroline Joguet : la cabrette du Beaufortain

Le soleil distille mille nuances de lumière. Parmi elles, le sourire de Caroline. Ce petit visage rosi par le grand air irradie une fraîcheur et une joie qui vous donnent du baume au cœur et illuminent votre journée. Chevrière à Arêches Beaufort, Caroline Joguet est aussi une experte en ski alpinisme et une traileuse passionnée. 

Toute petite, elle courait déjà dans les champs avec son frère. Dans ce Beaufortain aussi somptueux que rugueux, Caroline Joguet a grandi au milieu des vaches laitières élevées par ses parents et des chèvres de son oncle. Une vie à la Heidi au cœur des cimes alpines où les enfants ont l’habitude de jouer en pleine nature et pratiquer des sports de montagne. « J’aimais particulièrement les chèvres, alors j’ai commencé à ramener à la maison des cabris de l’élevage de mon oncle dès l’âge de 15 ans », se souvient Caroline. Passionnée par les animaux, l’adolescente passe un bac agricole tout en pratiquant le ski alpinisme à haut niveau. « Pendant deux ans, j’étais en équipe de France jeunes. J’ai ainsi couru en coupe du monde, mais lorsque mes résultats ne m’ont plu satisfaite, j’ai arrêté pour me consacrer à mon projet professionnel. » Tout entière absorbée par sa volonté de fonder son propre élevage caprin, Caroline se tourne alors vers le trail, plus facile à caser dans ses journées bien remplies.

L'été, Caroline sillonne son alpage avec son troupeau de chèvres.

L’été, Caroline sillonne son alpage avec son troupeau de chèvres.

Du sport, mais avant tout du plaisir

Si Caroline court et épingle régulièrement des dossards, elle le fait avant tout pour le plaisir et le partage. Très attachée à la mythique Pierra Menta d’hiver à laquelle elle participait l’hiver dernier avec Sophie Mollard, membre de l’équipe de France jeunes de ski alpinisme, Caroline s’adonne depuis quatre ans au trail avec Estelle Peretto, son amie d’enfance. « Nous nous connaissons depuis l’école maternelle. Nous habitions à deux kilomètres l’une de l’autre », confie Caroline. « Nous avons commencé à courir ensemble lorsque j’ai lâché le ski alpinisme et qu’Estelle a arrêté la compétition en ski alpin. Nous courons le plus souvent possible toutes les deux, à la fois à l’entraînement et en compétition. » Les deux filles ont la même passion de la montagne dans la peau, le même plaisir à pratiquer la course à pied et, surtout, le même attachement mutuel. Elles guettent ainsi le moindre trail en relais ou en duo et s’alignent au départ en toute décontraction, avant tout désireuses de s’amuser sur les sentiers. Début juillet 2016, elles participaient ainsi à la Pierra Menta d’été, épreuve technique de deux jours à courir en binôme. « N’ayant pas eu assez de temps pour m’entraîner, j’ai souffert sur cette course, mais nous en avons vraiment profité ! Notre problème, avec Estelle, c’est que nous ne sommes pas foncièrement compétitrices : nous aimons nous faire plaisir et rigoler. Nous nous en fichons un peu de nous faire doubler ! » s’exclame Caroline, amusée. « C’est dommage car nous sommes sûres qu’en étant plus sérieuses, nous pourrions être bien plus performantes. »

Le bonheur a un visage !

Le bonheur a un visage !

Alpine jusqu’au bout des ongles

Si la motivation de Caroline pour courir et skier reste intacte, elle est mise à rude épreuve. Le métier de chevrière dans le Beaufortain n’a rien d’une sinécure, surtout en été lorsqu’il faut grimper dans les alpages, faire les foins, traire les 90 biquettes et fabriquer le fromage ! « Mes parents m’aident, mais j’avoue que je m’entraîne très peu, faute de temps. J’essaie de me lever tôt pour aller courir un peu, mais c’est compliqué », regrette Caroline. Pendant la saison froide, l’activité ralentit un peu, mais les chèvres exigent des soins quotidiens tout au long de l’année. Même si son métier est aussi une passion, la jeune chevrière veille à garder un peu de temps pour elle. « On ne peut pas vivre comme les agriculteurs d’autrefois. Je ne compte pas mes heures de travail, mais je dois rendre mon exploitation rentable. » Détachée de ses préoccupations économiques le temps d’un footing ou d’une compétition, Caroline savoure sa chance de vivre dans ce berceau montagnard qui l’a vue naître et grandir. Et qui la voit aujourd’hui sourire et courir, habile comme un chamois en digne enfant des Alpes, sur ces prairies d’altitude où s’égaillent ses biquettes.

 

L’info en +

Caroline a récemment été élue Miss Agri 2017, concours organisé sur Facebook consistant à désigner la meilleure représentante du monde agricole. Une belle reconnaissance !

Caroline Joguet en bref

Age : 25 ans
Profession : chevrière
Vit à Arêches-Beaufort
Ex-membre de l’équipe de France jeunes de ski alpinisme
Traileuse
Spécialiste des courses en relais et en duo

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