Lorsqu’on commence à courir, on se concentre bien souvent sur un élément phare de la panoplie : les chaussures. Priorité compréhensible et légitime. Cependant, pour une femme, l’essentiel n’est pas forcément de prendre soin de ses pieds, mais de remonter un peu plus haut : quand on pratique le running, la poitrine mérite tous les égards. 

Qu’on se le dise : le sacro-saint accessoire de la femme athlète, c’est le soutien-gorge de sport. Les adeptes de la course au naturel affirment pourtant le contraire : d’après eux, libérer la poitrine de toute contrainte permet de muscler les seins, de libérer la respiration et d’améliorer la posture générale. Bon, même si ces affirmations reposent sur des recherches scientifiques, le doute est encore de mise et le principe de précaution mérite d’être adopté. Restez donc prudente et courez au rayon lingerie de votre magasin spécialisé pour choisir une brassière adaptée à votre pratique !

Arrivée devant l’étal, c’est là que le bât blesse. Si vous êtes fan de dentelle, vous allez être déçue. Ici, on tourne plutôt au tissu opaque, au maintien puissant, au dos nageur et aux bretelles molletonnées. Bien que les marques redoublent d’efforts pour rendre la lingerie sportive plus jolie, elles doivent répondre à une exigence : soutenir le sein qui, à chaque foulée, est soumis à la loi de la pesanteur et doit donc résister aux oscillations verticales et horizontales liées à la gestuelle de la course à pied. Or, lors d’un saut, le poids du sein est multiplié par cinq ou six. Pour éviter tout risque d’affaissement, mieux vaut donc enfiler une brassière, aussi peu sexy soit-elle.

 

Les petites aussi !

L’une des idées reçues les plus répandues consiste à penser qu’un soutien-gorge classique peut tout-à-fait convenir pour faire du sport. Détrompez-vous ! Non seulement le maintien n’est pas adapté, ne serait-ce qu’en raison de la forme des bonnets, mais la sueur risque également de détruire les fibres textiles en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Par ailleurs, beaucoup de femmes estiment que la petite taille de leur poitrine ne justifie pas le port d’une brassière de sport. Pourtant, qu’un sein soit petit ou non, il est toujours composé de tissu conjonctif soutenu par les ligaments de Cooper, mis à mal à chaque impact au sol. Même avec un bonnet A, on a donc intérêt à protéger sa poitrine. Enfin, de nombreuses femmes admettent souffrir lorsqu’elles courent, y compris en portant une brassière de sport. Le choix d’un modèle adapté à la morphologie individuelle est alors crucial, tout comme l’attention portée à sa qualité. On oublie donc les produits bas de gamme qui ne remplissent guère leur rôle protecteur.

5 idées à jeter au panier

  1. Les brassières de sport, c’est forcément moche.

Ce qui était vrai il y a tout juste quelques années ne l’est plus aujourd’hui. Conscientes de l’enjeu commercial, les marques soignent le design de leurs produits. Les modèles sont désormais attractifs… voire parfois presque sexy, si si !

  1. J’ai une petite poitrine, je n’ai donc pas besoin de brassière pour courir.

Ce n’est pas parce que vous affichez un royal « bonnet A » que vos seins n’ont pas besoin de soutien pendant votre footing. Quelle que soit la taille de votre poitrine, une brassière ou un soutien-gorge de sport est recommandé.

  1. Je viens d’acheter des chaussures, la brassière de sport attendra !

Un sondage IPSOS de 2016 révèle que la brassière ne pointe qu’en 4èmeposition dans l’importance accordée aux différents accessoires, loin derrière les chaussures, le jogging/collant/short et le tee-shirt/la veste. Pourtant la brassière devrait être considérée comme aussi importante que les chaussures et devancer le reste du textile.

  1. Il est normal d’avoir des douleurs aux seins en courant et après avoir couru.

Non, pas du tout ! Si tel est le cas, commencez par changer de brassière ou soutien-gorge. La taille ou le modèle n’est probablement pas adapté à votre morphologie ou votre pratique. Si vos douleurs persistent, consultez un médecin.

  1. Acheter une brassière de sport sur internet, c’est bien plus pratique !

Oui, c’est sûr… mais c’est aussi le mauvais choix assuré ! Rien ne remplace un essayage en règle et, si possible, le conseil d’un vendeur expert. Une brassière adaptée ne doit être ni lâche, ni trop compressive. La diversité de modèles exige un test en magasin : enfilez le produit, sautez sur place pour éprouver la force du maintien, bougez les bras pour évaluer le confort.

 

Brassière et soutien-gorge, c’est pareil ?

 

  Points communs Différences
Brassière Fonction de protection grâce au maintien apporté à la poitrine pendant l’activité physique.

Différents degrés de maintien en fonction de l’activité sportive pratiquée et de la taille de la poitrine.

La structure de la maille et les caractéristiques techniques du modèle influencent la qualité du maintien.

Absence d’armatures.

Enveloppe le haut du buste.

Equipée d’une base élastiquée.

S’enfile par la tête.

Parfois équipée d’un système de serrage dans le dos.

Soutien-gorge Assure un maintien individuel à chaque sein.

S’enfile par les bras.

Présence fréquente d’armatures.

Système de fermeture et de réglage dans le dos ou sur le devant.

 

 

Une brassière, c’est comme des chaussettes…

  • ça se lave !

C’est une évidence, mais il n’est jamais inutile de rappeler la base ! Equipez-vous de deux brassières ou soutien-gorge pour pouvoir les laver fréquemment. N’oubliez pas que vous transpirez lorsque vous courez et donc qu’une brassière mérite autant de lessives qu’un tee-shirt ou une paire de chaussettes.

  • ça se renouvelle !

A la différence des chaussettes, que l’on ne jette qu’au moment où elles sont trouées, une brassière doit être renouvelée régulièrement. A force d’être portée et lavée, une brassière perd en efficacité car les fibres textiles se distendent et maintiennent moins bien la poitrine. Oui, cela représente un petit budget annuel, mais on a une seule poitrine pour toute la vie !

 


Prise de conscience

Pour visualiser l’effet du running sur la poitrine, rendez-vous sur le site de la marque Shock Absorber où le dispositif « Bounce-O-Meter » place côte-à-côte trois poitrines soumises aux oscillations liées à la course à pied : l’une sans soutien-gorge, l’autre avec un soutien-gorge normal et la troisième avec une brassière de sport. Assez édifiant !

http://www.shockabsorber.fr/bounce-o-meter/


Le dicton : une fois n’est pas coutume

Suite aux recherches de Jean-Denis Rouillon, Laëtitia Pierrot et Olivier Roussel sur les bienfaits de ne plus porter de soutien-gorge, on pourrait légitimement douter de l’utilité d’une brassière. Mais voilà, comme on ne sait pas trop si leurs conclusions sont valables pour toutes les femmes, mieux vaut rester prudente et jouer la carte du maintien. Il n’empêche que vous pouvez vous accorder sans danger quelques libertés : quittez votre soutien-gorge quand vous restez à la maison et, si vous en avez envie et que votre poitrine n’est pas trop imposante, faites de temps en temps un petit footing peu intense sans brassière.


 

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