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Drayes du Vercors : le dossard spontané

A l’heure des courses hyper galvaudées qui exigent une planification de dingue (genre tu coches la date dans ton agenda en novembre pour une course prévue en août de l’année suivante), rien ne vaut une belle épreuve locale où il est encore possible de s’inscrire le matin même. Après avoir « subi » pendant des années le diktat des compétitions fédérales d’athlétisme qui ne laissent guère le choix (si ta meilleure amie se marie la veille de la finale nationale des interclubs, tu n’as plus qu’une solution : assister vite fait à la cérémonie religieuse puis sauter dans un train, sac de sport en bandoulière, avec ta robe de soirée et ton chignon tarabiscoté complètement incongrus dans la vie normale… authentique, je vous jure !), j’avoue que toute planification pluri-mensuelle me rebute. Mais il faut bien programmer une saison sportive et donc un entraînement digne de ce nom, alors je mets quelques croix dans le calendrier malgré tout.

Mais quel régal de tomber, un peu par hasard, sur l’annonce d’un trail tout proche de chez soi et de se dire, trois jours avant la course : « Tiens, et si j’y allais plutôt que m’entraîner toute seule samedi matin ? » Et si, en bonus, la course se déroule dans le fief d’amis qu’on n’a pas vus depuis trop longtemps, alors la pulsion est décuplée ! Me voilà donc inscrite sur les 26 km et 1600 m D+ des Drayes du Vercors, l’une des premières épreuves que j’aie couvertes à l’époque où j’œuvrais en tant que correspondante locale de presse pour Le Dauphiné Libéré (pouah, ça ne me rajeunit pas !).

Un site de course implanté au cœur du village de La Chapelle-en-Vercors, comme s’il s’était lové là pour couver les coureurs dans son écrin de maisons en pierres. Des chapiteaux, une arche de départ, un podium, un animateur et des concurrents : rien de plus simple et de plus banal, me direz-vous… et vous avez entièrement raison ! Mais les lieux dégagent une sérénité appréciable et un petit air festif qui rappelle les kermesses de mon enfance, lorsque la fin de l’année scolaire approchait et qu’on se retrouvait tous dans le parc municipal pour une journée de jeux et de spectacles.  Ces Drayes s’annoncent bien : sans même avoir fait la première foulée, elles ont déjà pour moi le goût de la madeleine de Proust…

Renaud Rouanet, qui n’est autre que le parrain de l’événement et un ami, explique au micro sa vision du parcours avec son délicieux accent méridional qui donne l’impression que l’on est déjà dans le Sud. Vu qu’il conseille de bien gérer la distance, les derniers kilomètres s’annonçant difficiles (surtout avec cette chaleur), je décide de partir mollo. La température est déjà élevée lorsque le petit peloton s’élance sur les chemins. On trotte, on papote un peu, on savoure les sous-bois plus frais et les singles joueurs. Deux ou trois filles me dépassent, mais je ne m’affole pas : Renaud a dit qu’il fallait en garder sous le pied, alors je m’économise !

Ce que l’on oublie souvent, c’est qu’un trail se gagne aussi en descente. C’est ce qui me sauve : je rattrape le retard pris dans la première ascension à la faveur d’une descente technique où je m’amuse comme une petite folle dans les lacets et les feuilles glissantes. La montée au Pas de l’Allier sera assez terrible avec ses 900 m D+ en pleine chaleur, ses caillasses et ses raidards. Heureusement, je fais équipe avec un concurrent et nous nous soutenons : quand l’un faiblit, l’autre l’encourage. Les paysages sont splendides : falaises calcaires, forêts, fond de vallée lointain, jeux de lumière dans les feuillages… Régulièrement, des bénévoles et des ravitaillements apportent réconfort et sourires. Même si mes jambes sont loin d’être au top de leur forme (il y a des moments où je maudis franchement les séances de la semaine !), je cours de bonheur. Même s’il fait chaud, même si mes mollets flirtent avec les crampes, même si je me prends un gros coup de flippe à trois kilomètres de l’arrivée (j’ai cru voir la deuxième fille à 200 mètres derrière moi donc je sors de ma posture « gestion » pour accélérer jusqu’au bout… alors qu’en réalité personne ne me poursuivait !), je savoure chaque foulée, chaque respiration, chaque rayon de soleil sur ma peau.

Au-delà de la victoire, je retiens surtout le partage sur et hors des sentiers, ces longs moments de complicité avec les amis, ces sourires donnés et reçus, ces rires d’enfants qui courent, cette simplicité et cette convivialité de l’organisation… Décidément, j’adore les dossards spontanés !

 

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Running et obésité : la guerre des kilos (deuxième partie)

La semaine dernière, je vous proposais de découvrir un dossier récemment publié dans Trails Endurance Mag. En toute logique, voici la deuxième partie de ce sujet consacré à l’obésité. 

D’un excès à l’autre ?

De la boulimie alimentaire à la boulimie de sport, il n’y a qu’un pas. Qui est apparemment vite franchi, pour peu que la volonté de perdre du poids devienne l’objet d’un défi personnel. En effet, l’obésité se caractérise fréquemment par une relation complexe à la nourriture et des compulsions qui conduisent à l’ingestion de quantités excessives d’aliments. Or, plus on grossit, moins on est capable de pratiquer une activité physique et moins on bouge, plus on grossit. « Pour maigrir, il faut associer une restriction énergétique et une activité physique », confirme le Docteur Michel Guinot, médecin du sport au CHU de Grenoble. « Le principe est simple : pour perdre du poids, il faut qu’un déficit énergétique conduise l’organisme à puiser les ressources nécessaires à son fonctionnement ailleurs que dans l’alimentation. » Mais, en cas de déséquilibre nutritionnel, une fatigue délétère s’installe, le corps allant chercher l’énergie dans les os, le système immunitaire, les muscles… « Il est donc important de se faire accompagner par un médecin ou un diététicien pour supporter dans la durée ce déficit énergétique et ne pas subir de plein fouet la fatigue », recommande le Docteur Michel Guinot. « La fatigue sera d’autant plus marquée que la personne obèse se remettra à pratiquer une activité physique alors qu’elle ne bougeait pas du tout auparavant. » C’est d’ailleurs vers un nutritionniste que Marie Rousset s’est tournée pour être guidée sur le chemin de l’amaigrissement et éviter de tomber dans l’excès en supprimant tout de son assiette. Maintenir un apport suffisant de protéines, garder une part de féculents lorsque l’activité physique devient plus intense et privilégier les bons lipides s’est ainsi révélé nécessaire.

Marie Rousset, avant de se mettre au sport…

Une transformation spectaculaire !

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais la perte de poids peut rapidement évoluer vers une obsession : s’entraîner toujours davantage et contrôler toujours plus l’alimentation pour ne pas (re)grossir. Eric Marteau admet qu’il est « passé d’une dépendance à l’autre » et qu’une « compensation s’est faite entre la nourriture et le sport ». Stéphane Chassignol abonde en ce sens, lui qui éprouve encore aujourd’hui des difficultés à maintenir son poids et à observer une hygiène de vie irréprochable : « La relation à l’alimentation est anormale lorsqu’on est obèse. Par période, ça va bien, mais il y a des rechutes qu’on sent venir. La course à pied, le vélo et le ski me permettent de maintenir un poids normal. Je ne peux plus imaginer ma vie sans sport et sans montagne. J’ai remplacé une drogue par une autre, finalement. » Pour Marie Rousset aussi, l’activité physique est devenue une composante centrale de sa vie quotidienne qu’elle pimente de défis réguliers. « Après avoir été addict à la nourriture, je suis devenue addict aux challenges. Alors je cours régulièrement des marathons », raconte-t-elle. « De toute façon, sans sport, je reprends du poids. Mais parfois je fais du sport plus par contrainte que par plaisir… »

 

Perte de poids… et d’identité ?

Pour tous ces anciens obèses devenus sportifs inconditionnels, l’amaigrissement s’est accompagné d’un changement de vie radical. A l’oisiveté physique s’est substituée une activité débordante. Alors, forcément, le choc a parfois été difficile et la rupture brutale. « Beaucoup de personnes que je côtoyais ne me reconnaissent pas et sont souvent gênés. En fait, ma transformation est plus difficile à vivre pour les autres que pour moi », raconte Ludovic Dromard. De son côté, Eric Marteau, l’ancien cuisinier fêtard, a largué ses amarres bretonnes pour poser ses valises en Haute Savoie où il a changé de métier et de milieu. « Il m’était indispensable de ne plus avoir tout le temps de la nourriture devant moi », confirme Eric. « Certains de mes amis bretons ont compris, d’autres non. Ici, à Thônes, quand je dis que je pesais 120 kg, on ne me croit pas… »

Chaque course est une victoire !

Parce que perdre beaucoup de poids introduit une véritable révolution au quotidien, qu’il s’agisse du mode de vie ou même de la manière de penser, une césure est fréquente : il y a toujours un avant et un après amaigrissement, pas toujours aisé à gérer psychologiquement. « Ma perte de poids a induit de gros changements : j’ai divorcé, je me suis acheté un chalet à la montagne pour y passer tout mon temps disponible et faire du sport, j’ai changé de métier, je suis aussi plus calme qu’auparavant », affirme Stéphane Chassignol. Pour faire face de manière pérenne et saine à de telles métamorphoses, une approche multidisciplinaire se révèle d’un grand secours. Centrée autour du médecin traitant, la démarche d’amaigrissement mérite de faire appel à des spécialistes : diététicien, kinésithérapeute, psychologue… « Pour un obèse, perdre du poids constitue un véritable challenge », estime le Docteur Michel Guinot. « Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que tout le monde peut y arriver. C’est comme les coureurs qui affirment que tout le monde peut faire 2h30 au marathon. Non, ce n’est pas à la portée de tout le monde. » La réussite de Ludovic, Stéphane, Thomas, Eric et Marie force d’autant plus l’admiration qu’elle incarne la puissance d’une qualité utile non seulement pour maigrir, mais aussi pour courir : la capacité à se donner à fond pour atteindre un objectif.

 


Les grades de l’obésité

L’IMC est l’indice de masse corporelle qui se calcule à l’aide de la formule suivante : IMC = poids (en kg) / taille (en mètres)2

  • Obésité : IMC > 30
  • Grade 1 (obésité modérée ou commune) : IMC 30 – 34,9
  • Grade 2 (obésité sévère) : IMC 35 – 39,9
  • Grade 3 (obésité massive ou morbide) : IMC > 40

 

 


Le running, la bonne idée pour maigrir ?

Si la course à pied semble être la discipline la plus accessible, elle n’est pourtant pas franchement la plus indiquée lorsqu’on souffre d’obésité. Pourquoi ? Parce que courir implique des chocs répétés au sol qui malmènent les articulations. Pour commencer, mieux vaut se tourner vers des sports portés (natation, vélo…) ou glissés (ski de fond, roller…). « En fait, tout dépend de la condition physique préalable », précise le Docteur Michel Guinot. « Il faut profiter du projet d’amaigrissement pour dresser un bilan de santé complet. Celui-ci permet d’évaluer la condition physique, de vérifier l’état de l’appareil musculo-squelettique ou encore d’appréhender les facteurs de risques cardio-vasculaires. »


 

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Running et obésité : la guerre des kilos (première partie)

 

Courir pour mincir un peu est d’une banalité désarmante. Courir avec deux ou trois kilos en trop est d’une pesanteur déprimante. Mais courir avec 60 kg de surpoids paraît complètement surréaliste. Pourtant ils l’ont fait ! Vaincre l’obésité grâce au running est bien plus qu’un défi : c’est le combat de toute une vie. Témoignages et explications dans cet article paru au printemps dans Trails Endurance Mag.

Le phénomène n’est ni nouveau, ni spécifiquement français. Par contre, il est franchement inquiétant : partout dans le monde, l’obésité sévit et ne cesse de progresser. Sur la planète, le surpoids concerne la bagatelle de 1,4 milliard de personnes âgées de plus 20 ans et ce chiffre devrait atteindre 3,3 milliards d’ici 2030. Enorme. En France, l’évolution n’est guère plus enthousiasmante puisque 6,5 millions de personnes sont considérées obèses, soit 14,5 % de la population adulte. D’après l’INSERM, l’obésité est un « excès de masse grasse qui entraîne des inconvénients pour la santé et réduit l’espérance de vie ». Elle résulte « d’un déséquilibre entre les apports et les dépenses énergétiques » qui aboutit à « une inflation des réserves stockées dans le tissu graisseux, qui entraîne elle-même de nombreuses complications ». Parmi ces dernières, citons pêle-mêle les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l’hypertension artérielle, l’apnée du sommeil, les maladies articulaires ou encore les risques accrus de certains cancers. Bref, un vrai cocktail explosif.

Ludovic Dromard, ancien obèse et finisher du Marathon des Sables !

La chirurgie à la rescousse

C’est d’ailleurs en prenant conscience des risques qu’il encourait que Ludovic Dromard a décidé de prendre le taureau par les cornes. « Je ne me voyais pas grossir alors que je prenais pourtant des kilos chaque semaine », évoque le quadragénaire. « J’étais en obésité morbide 3 (cf. encadré) et j’éprouvais des difficultés à faire des gestes simples du quotidien, comme enfiler des chaussettes. Je venais d’être papa de ma première fille, la quarantaine approchait… et j’ai pris conscience que je risquais d’y laisser ma santé. » En 2012, Ludovic décide donc de subir un bypass, lourde opération chirurgicale consistant à couper les 8/10e de l’estomac et une partie des intestins. « Mais la chirurgie n’est pas miraculeuse. Ce n’est qu’une aide à un moment donné. Elle ne peut pas fonctionner si l’on ne se donne pas les moyens de réussir », assène-t-il. De nombreux obèses recourent à d’autres méthodes telles que la gastroplastie (anneau gastrique). Après avoir tenté en vain différents régimes, Stéphane Chassignol, qui pèse alors 130 kg, choisit cette option en 2006 suite à une banale conversation. « J’ai rencontré un trailer qui m’a parlé de l’UTMB. Je me suis dit que je devais faire cette course, mais c’était un pari très compliqué avec mon poids… Alors je me suis décidé à me faire poser un anneau gastrique. »

Eric Marteau lorsqu’il menait une vie d’excès…

Aujourd’hui, il atteint d’autres sommets !

 

 

 

 

 

 

Si la chirurgie contraint à réduire les quantités d’aliments absorbés, elle ne résout pas toutes les causes du surpoids, notamment les paramètres psychologiques. Sans une volonté à toute épreuve, l’amaigrissement semble voué à l’échec. Certains obèses osent d’ailleurs se lancer en solo, sans aide médicale ni accompagnement. Eric Marteau, cuisinier breton et bon vivant, était un adepte des soirées bien arrosées et du grignotage à toute heure du jour et de la nuit. A tel point qu’il pesait 117 kg en 2010. « Et puis je suis parti en Mongolie où j’ai rencontré une chamane. A mon retour, tout a changé. Ce voyage a joué le rôle d’étincelle. Je me suis mis à supprimer plein de choses de mon alimentation et à faire du sport », raconte Eric qui, enfant, pratiquait le football, la natation et le triathlon. Avec une telle révolution quotidienne, la balance lui sourit forcément : 10 kg s’envolent en six mois. En trois ans et demi, le Breton passe de 117 à 63 kg et change totalement de vie. Il s’installe en Haute Savoie, se reconvertit en saisonnier et devient accro aux sports de montagne : trail, ski alpinisme, ski roues, vélo, natation… « Le sport m’a transformé. J’ai une existence et une philosophie de vie totalement différentes », confie-t-il. Thomas Desprez, jeune Mauriennais d’une vingtaine d’années, prend conscience de son obésité alors qu’il marche au-dessus de chez lui pour faire des photos. « J’ai presque fait un malaise à la fin de la montée et je me suis dit que ce n’était pas normal. Sans savoir pourquoi, je suis redescendu en courant. Quelques jours plus tard, je suis allé courir à plat. Mes douleurs sont passées petit à petit, mais il a fallu beaucoup de volonté et de détermination », raconte Thomas. Pour Marie Rousset, qui est parvenue à perdre 60 kg toute seule, l’option chirurgicale a été volontairement laissée de côté. « Je lutte contre l’idée selon laquelle l’opération est la seule solution lorsqu’on est obèse. Non, l’obésité n’est pas une fatalité, on peut perdre du poids en réduisant ses apports caloriques et en augmentant son activité physique. » Après avoir eu honte de son surpoids alors qu’elle participait à une émission de télévision aux côtés de son cousin présentateur, Marie a un véritable déclic. Elle se reprend en main du jour au lendemain, supprime énormément d’aliments, commence à pratiquer le vélo elliptique à une cadence effrénée, puis la natation, puis la course à pied. Elle cumule jusqu’à 5 heures de sport par jour et 30 heures par semaine !

 

Les témoins

Eric Marteau : « Il faut se donner du temps »
Taille : 1,75 m
Poids initial : 117 kg
Poids actuel : 67 kg
Âge : 37 ans
Profession : saisonnier
« Les effets du sport sur le corps sont étonnants. On se sent tellement plus libre ! J’ai mis six ou sept ans avant de parvenir à un poids et une alimentation stables. J’ai appris à ré-aimer le sport. Maintenant, c’est dur de m’en passer. Mais être obnubilé par son poids empêche d’éprouver du plaisir lorsqu’on mange ou qu’on fait du sport. Or le plaisir est à la base de la réussite. Le sport m’a transformé. Je suis devenu une autre personne. Lorsqu’on veut maigrir, il faut se donner du temps. Maigrir vite n’est ni durable ni sain. »  

Ludovic Dromard : « Un combat quotidien »
Poids initial : 131 kg
Poids actuel : 71 kg
Âge : 42 ans
Profession : chef d’entreprise
« La chirurgie n’est qu’une aide à un moment donné. Il faut réapprendre à manger, reprendre une activité physique. Après mon opération, je savais que les cartes étaient entre mes mains. Les obèses ne guérissent pas, ils sont malades toute leur vie et doivent faire attention en permanence pour ne pas reprendre de poids. C’est un combat quotidien. En restant vigilant, ce qui n’exclut pas de se faire plaisir en mangeant, la perte de poids est durable. De toute façon, la balance nous rappelle à l’ordre au moindre écart ! »

Thomas Desprez : « La plus belle chose qui me soit arrivée »
Taille : 1,70 m
Poids initial : 110 kg
Poids actuel : 60 kg
Âge : 24 ans
Profession : tourneur sur machine-outil
« Durant les deux premières années, j’ai toujours fait mes footings seul car, chaque jour, j’essayais de faire mieux que la veille, me battant uniquement contre moi-même. J’étais déterminé, sûr de moi. Je savais que c’était possible d’y arriver seul ! Ma manière de vivre a changé. Lorsque quelque chose me paraît difficile, je me dis que je peux forcément y arriver au bout d’un moment. Cette perte de poids est la plus belle chose qui me soit arrivée. J’en suis vraiment fier, et ma famille aussi. »

Stéphane Chassignol : « On ne guérit jamais vraiment »
Taille : 1,70 m
Poids initial : 130 kg
Poids actuel : 87 kg
Âge : 46 ans
Profession : conseiller du secrétaire d’état aux sports pour les sports de nature
« J’ai suivi de nombreux régimes, aucun n’a marché. Alors je me suis fait opérer, puis j’ai commencé à faire du sport : d’abord du VTT, puis du trail. Mais mon poids a beaucoup fluctué et fluctue encore. Quand mon poids est satisfaisant, c’est que je fais du sport. Sport et poids sont liés, ne serait-ce qu’à cause de ce qu’implique un entraînement : il faut faire attention à ce qu’on mange avant d’aller courir, à l’hygiène de vie avant une course. On n’est pas obèse par hasard. C’est une maladie et je suis tenté de dire qu’on ne guérit jamais vraiment. Il faudrait parvenir à se transformer psychologiquement pour guérir car l’obésité traduit une relation anormale à l’alimentation. »   

Marie Rousset : « J’ai retrouvé confiance en moi »
Taille : 1,63 m
Poids initial : 120 kg
Poids actuel : 65 kg
Âge : 38 ans
Profession : personnel au sol chez Air France
« J’ai retrouvé confiance en moi grâce à cette perte de poids. Je crois que tout le monde – ma famille, mes amis, mes collègues – étaient fiers que j’y sois arrivée. Pendant longtemps, j’ai gardé dans ma tête l’image de grosse que j’étais. Même après avoir perdu beaucoup de poids, je me regardais toujours dans les miroirs ou les vitres pour vérifier que je n’étais plus celle d’avant. J’ai fait une véritable razzia dans les boutiques de vêtements ! Maigrir, c’est à 90 % dans la tête. »

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Candice Bonnel : montagnarde dans l’âme

Le sourire dans la voix, la fraîcheur de la jeunesse. Candice Bonnel est une petite montagnarde dans l’âme qui a choisi d’arpenter les sentiers et les pistes plutôt que les rues de Paris. Il faut dire que cette jeune pousse du ski alpinisme et du trail a de qui tenir puisque son père n’est autre que Lionel Bonnel, ultratrailer habitué aux podiums.

© R. Blomme

Entre le béton et la nature, son cœur n’a pas balancé bien longtemps. Pour Candice Bonnel, le choix aurait pu être cornélien : la vie version citadine avec shopping et sorties à Paris ou version montagnarde avec ski et neige en Maurienne ? « Ma petite sœur et moi avons été éduquées dans les deux milieux, ma mère étant parisienne et mon père montagnard. C’était un bon équilibre. Nous avions donc les deux possibilités… et nous avons choisi d’être dans la montagne ! » explique la blondinette pétillante. Avec un papa féru de ski, rien d’étonnant à ce que Candice soit elle aussi contaminée par le virus de la glisse. D’abord en club, puis en ski études à Modane et à Moûtiers, elle abandonne pourtant sa passion. « Cela ne marchait pas bien à haut niveau pour moi. Et puis la mentalité du ski alpin ne me plaisait pas plus que ça. Alors j’ai arrêté et je suis rentrée au lycée en Maurienne. »

© R. Blomme

De l’or dans les gambettes

De retour dans sa vallée, la descendeuse ne tarde guère à avoir des fourmis dans les jambes. La compétition lui manque, alors elle s’inscrit à l’UAM, le club d’athlétisme local. Comme tous les coureurs formés en club, elle se frotte au cross-country, puis épingle bientôt des dossards sur des petits trails pour « éviter d’avoir à attendre trop longtemps pendant que mon père courait ses ultras. » Candice fait évidemment des étincelles sur les sentiers, digne héritière d’un papa coutumier des podiums les plus prestigieux. Mais, quitte à se lancer en montagne, autant profiter des cimes toute l’année ! Candice chausse donc les skis de rando dans le sillage de son père. « J’ai beaucoup aimé et ça a plutôt bien marché tout de suite », confie modestement la petite blonde. « Mon point fort, c’est la descente car je viens du ski alpin. Or c’est souvent le point faible des skieurs alpinistes. Et puis comme je m’entraîne en course à pied en montée, j’arrive à me débrouiller aussi dans les ascensions. » Une débrouille de haut vol puisque dès sa première saison hivernale, Candice intègre l’équipe de France jeune.

La diversité pour rester motivée

« J’adore la dimension saisonnière du ski alpi’ et du trail. Je n’ai pas le temps de me lasser de l’un ou de l’autre. A l’automne, je n’ai qu’une envie : rechausser les skis. A la fin de l’hiver, quand j’ai bien skié, je suis super contente de recommencer à courir. Ces deux sports se complètent bien. Si je ne faisais qu’un des deux, je ne suis pas sûre que j’arriverais à rester motivée toute l’année. » Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Candice n’a pas seulement l’honneur de porter le maillot tricolore dès sa première saison de ski alpinisme : elle entre aussi dans le Team Buff Hoka Les Saisies, une écurie dédiée aux jeunes pousses du trail running. Grâce à un encadrement de qualité (avec notamment Pascal Balducci au coaching), Candice s’entraîne sérieusement. Et progresse. Tellement qu’elle signe une saison 2016 en or avec les titres de championne de France espoir de kilomètre vertical et de vice-championne de France espoir de trail court. « J’ai vécu des moments géniaux avec le team ! Je n’ai jamais pensé partir, mais j’ai dû reconsidérer ma position lorsque Salomon m’a contactée en fin de saison dernière… » Salomon, c’est un peu le graal pour un trailer. C’est la marque phare, celle qui sponsorise l’icône Kilian Jornet. Alors Candice n’a pas hésité bien longtemps.

Forte de ce nouveau sponsoring, la Mauriennaise est dopée à la motivation pour cette saison. Il y a eu les manches de coupe du monde de ski alpinisme, puis les championnats du monde de la discipline, sans oublier la mythique Pierra Menta qu’elle a couru en duo avec sa petite sœur, de deux ans sa cadette et franchement épatante sur la neige elle aussi, avec une belle 7e place à la clé.  « Le partage avec ma sœur et mon père est important. Ne pas être seul pour s’entraîner, ça change tout ! Ma sœur et moi, nous allons souvent en montagne ensemble. » Cet été, Candice s’alignera de nouveau au départ des championnats de France de kilomètre vertical et de trail court, puis elle réfléchira à sa fin de saison. « Je ferai des distances courtes dans tous les cas. Je souhaite me préserver et attendre quelques années avant de me lancer sur des distances plus longues. Je ne veux pas me blesser trop tôt. Mais je sais que je viendrai aux longues distances car ça me fait rêver : les parcours, les paysages, l’aventure… » Quand on vous dit que cette fille-là a la montagne dans la peau !

Candice Bonnel en bref

  • 22 ans
  • Titulaire d’un bachelor de l’INSEEC responsable commerciale, gestion et marketing. Etudiante en BTS Diététique (cursus à distance). Monitrice de ski à l’ESF de La Toussuire.
  • Vit à La Toussuire.
  • Palmarès TRAIL : championne de France espoir de KV 2016, vice-championne de France espoir de trail court 2016.
  • Palmarès SKI ALPINISME : 8e équipe féminine à la Pierra Menta 2015, championne de France espoir de vertical et de sprint 2016, 4e espoir aux championnats d’Europe.

 

 

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Dopage – Relaxe de Nicolas Bouvier-Gaz : enfin !

Début février, Spe15 lançait un pavé dans la mare en révélant un contrôle positif aux corticoïdes réalisé sur le Festival des Templiers 2016. L’information dévoilait l’identité de l’athlète concerné : Nicolas Bouvier-Gaz. Hier, l’athlète du team New Balance ouvrait un courrier libérateur : la FFA lui annonçait qu’il était relaxé. Interview du Pyrénéen.

 

Le team New Balance lors de son rassemblement mi-février. Une équipe soudée qui n’a jamais douté de l’intégrité de Nicolas Bouvier-Gaz.

Suite à la publication de ce test positif, toutes sortes d’informations ont circulé sur internet, notamment sur les réseaux sociaux. La mention d’un échantillon B a même été évoquée. Qu’en est-il exactement ?

Il n’était pas nécessaire que je demande l’analyse d’un échantillon B car je n’avais aucun doute sur le premier échantillon. Je savais où j’en étais. Je me suis donc contenté de renvoyer tous les justificatifs à la FFA.

Comment as-tu vécu cette période ? Les propos tenus sur les réseaux sociaux t’ont-ils touché ?

Habituellement, je ne suis pas très actif sur les réseaux sociaux. Mais là, j’ai décidé de l’être encore moins pour me protéger. Ma compagne et mes proches me parlaient un peu de ce qui se disait, mais en fait j’ai eu peu de retours sur ce qui circulait. Ce ne sont donc pas les réseaux sociaux qui m’ont miné, mais plutôt l’attente liée à la procédure. Il m’était très difficile de me projeter dans un futur proche et dans la saison. Tant que la décision fédérale n’était pas tombée, je ne pouvais pas planifier mes courses, réserver mes hébergements… La situation perturbait également mon entraînement car je ne pouvais pas m’empêcher de réfléchir. Or, pour être concentré sur son effort, il faut être mentalement serein. Hier, lorsque j’ai ouvert le courrier de la FFA et que j’ai appris ma relaxe, je n’ai pas complètement réalisé. Ce n’est qu’aujourd’hui que j’en prends conscience. J’ai l’impression d’être libéré d’un grand poids.

Comment tes sponsors et tes coéquipiers ont-ils réagi lorsque l’information liée à ce test a été publiée ?

Mon sponsor principal, New Balance, m’a soutenu dès le début. Le team manager, Jack Peyrard, a immédiatement répondu à Spe15. Jack me fait confiance, comme mes autres partenaires qui savent qui je suis et ne doutent pas de mon intégrité. Les coureurs du team m’ont eux aussi totalement soutenu. Je n’ai jamais été mis à l’écart. Beaucoup d’autres athlètes de niveau international, ainsi que des managers de team, m’ont envoyé des messages de soutien. Cela m’a beaucoup aidé à ne pas tenir compte de la méchanceté gratuite.

Quels sont tes projets pour la saison 2017 ?

Mon premier objectif sera Zegama, fin mai, au pays basque. Puis je participerai en juillet à la coupe du monde de skyrunning près de chez moi, dans les Pyrénées. Fin août, je prendrai le départ de la CCC. En revanche, la fin de ma saison n’est pas encore planifiée.

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Dans le rétro’ : rencontre avec Nicolas Martin

Dimanche, Nicolas Martin s’alignera au départ du Trail du Ventoux. Parrain de l’événement, il en est aussi le vainqueur sortant. Si garder son titre lui tient à cœur, il sait aussi que la concurrence sera rude sur cette épreuve où les prétendants à une sélection en équipe de France joueront des coudes. Quoiqu’il en soit, Nicolas a d’ores et déjà sa place pour les prochains championnats du monde, lui qui s’est lentement et intelligemment construit en tant qu’athlète de haut niveau. Depuis ses débuts en course à pied, l’Isérois n’a cessé de progresser. Jusqu’à décrocher l’argent aux championnats du monde fin octobre, sur les sentiers portugais. Je vous propose ici l’article rédigé après son exploit et récemment publié dans Jogging International. 

Il ne paie pas de mine avec son petit gabarit et sa discrétion naturelle. Lorsque je rencontre Nicolas pour la première fois, il est au bord d’un véritable chantier de cross-country dans la région grenobloise. Il fouille dans ses affaires, le maillot bleu ciel de notre club commun sur les épaules. Pour la licenciée de longue date que je suis, l’apparition de ce petit bonhomme qui vient de faire des étincelles sur l’épreuve boueuse m’interpelle. Qui est donc ce nouveau venu ? Les mois s’écoulent et le nom de Nicolas Martin résonne de plus en plus fréquemment dans les locaux du club. Et dans les médias spécialisés aussi. Cet enfant du Trièves gravit les échelons avec une passion, une abnégation et un professionnalisme qui forcent le respect.

© Lionel Montico

Du Trièves au Portugal

Professionnel, Nicolas l’est jusqu’au bout des baskets. Coaché par Patrick Bringer depuis 2010, il cultive la rigueur au quotidien et s’investit corps et âme dans sa pratique sportive. Pourtant le petit Nicolas n’a pas été élevé dans une famille férue de sport, mais plutôt à la campagne, dans le Trièves (Isère) entre l’équipe de foot locale et les sorties de chasse dans les bois aux côtés de son papa. « Je n’ai réellement commencé à courir qu’en 2004 en faisant quelques footings dans la semaine et des petites courses par-ci par-là », raconte le Beaufortain d’adoption. « En 2010, à 24 ans, j’ai pris conscience que les meilleurs avaient un sacré niveau et j’ai décidé de prendre un entraîneur pour progresser. » L’heureux élu n’est autre que Patrick Bringer, ex-triathlète, trailer de renom et coach de Thomas Lorblanchet, alors récent vainqueur des Templiers, une épreuve qui fait scintiller des étoiles dans les yeux de Nicolas. « A cette époque, je rêvais de porter le maillot de l’équipe de France. »

Le rêve est devenu réalité dès 2013 avec une première sélection en équipe nationale. Pour ses premiers pas sous la bannière tricolore, Nicolas décroche la 9e place aux mondiaux et la médaille d’argent par équipe. Celui qui trotte même sur les pentes les plus raides a bel et bien commencé son ascension vers les sommets de la discipline. Un an plus tard, il devient vice-champion de France de trail et de kilomètre vertical et remporte l’OCC. En 2015, il termine 7e individuel et premier par équipe aux championnats du monde avant de finir 3e de la CCC, sa première expérience en ultra, puis 2e du Grand Trail des Templiers. Le petit Nicolas est décidément devenu grand. Très grand. En 2016, il enchaîne les performances de haut vol : victoire sur le trail du Ventoux, 2e sur la très relevée Transvulcania, vainqueur du High Trail Vanoise, 11e des championnats d’Europe de course en montagne… et finalement vice-champion du monde en octobre dernier. « L’entraînement de Patrick se caractérise par un volume important, plus élevé que la moyenne des entraîneurs. Cependant il respecte le principe de progressivité qui permet d’optimiser le potentiel de l’athlète en respectant son intégrité physique », explique Nicolas. « L’une des clés pour éviter les blessures consiste à respecter un temps de récupération suffisant après les compétitions. Le trail est une discipline particulière en ce qu’il nécessite d’encaisser des périodes d’entraînement très dures auxquelles succèdent des phases plus cool qui permettent à l’organisme d’assimiler le travail et de se régénérer. Il faut laisser au corps le temps de s’adapter. » Saison après saison, les qualités de l’Isérois se sont améliorées, affinées, optimisées. Il n’a pas été question de brûler les étapes, mais bien de construire la performance. « Patrick n’hésite pas à faire l’impasse sur des courses importantes s’il estime que l’intégrité physique est en jeu. Je pense qu’il est essentiel de ne jamais négliger la santé, même s’il ne faut pas se voiler la face et admettre que s’entraîneur dur pousse le corps dans ses limites et n’est pas une démarche qui respecte la santé à 100 %. »

© Lionel Montico

Le gamin et le Dieu de la Borne

Surnommé affectueusement le « gamin » par son entraîneur, Nicolas n’est plus le petit jeune en manque d’expérience qui a tout à prouver. A la grâce d’un travail acharné au quotidien, placé avec humour sous l’égide du « Dieu de la Borne » (autrement dit le volume, toujours le volume !), il n’éprouve jamais de lassitude. S’entraîner deux fois par jour ? « Ce n’est pas un problème, sauf lorsque j’ai de grosses charges d’entraînement et qu’il faut retourner courir ou rouler malgré la fatigue. Contrairement à certains athlètes qui privilégient le plaisir, je m’astreins à des séances qui, souvent, ne sont pas drôles. Je pense qu’il faut mettre toutes les chances de son côté si l’on veut être performant. Mais il y a beaucoup de diversité dans mon entraînement : d’un jour à l’autre et au sein d’une même journée, je fais des activités différentes. Course à pied, vélo de route, home trainer, un peu de ski de fond en hiver… Je ne fais guère plus de 5 ou 6 fois la même séance dans l’année ! » Au bout du compte, ce ne sont pas moins de 20 à 25 heures d’entraînement hebdomadaires auxquelles s’adonne Nicolas, le plus souvent en solo mais régulièrement aussi avec des amis. « J’apprécie de m’entraîner avec du monde, y compris d’un niveau différent. Cela permet de faire des sorties cool, mais aussi d’être poussé sur des séances difficiles. » Ces mots me rappellent un footing partagé avec lui dans le Beaufortain : tandis que je soufflais comme un bœuf asthmatique dans une montée assassine, le petit bonhomme trottinait en parlant et en riant. Trailer de haut niveau, c’est vraiment un métier !

« Le trail peut être un job, mais il faut savoir qu’il reste peu rémunérateur par rapport à l’engagement qu’il demande. 25 heures d’entraînement par semaine, ce ne sont pas 25 heures dans un bureau. Une carrière dure très peu de temps et doit être gérée comme une mini-entreprise », estime Nicolas. « Il faut à la fois savoir communiquer et avoir des résultats. Aujourd’hui, trouver des sponsors matériels est assez facile. En revanche, décrocher des partenariats financiers se révèle compliqué. » Du coup, le pensionnaire de l’équipe de France travaille quatre mois et demi en hiver comme skiman aux Saisies. Non seulement pour gagner un peu d’argent, mais aussi pour la dimension sociale. « Je suis souvent seul à l’entraînement, alors ça fait du bien de côtoyer des gens, extérieurs au trail qui plus est. » Une vision qui incarne toute la sagesse et le réalisme d’un athlète qui sait prendre son temps. Prendre son temps pour progresser, mais aussi pour apprécier les paysages et les êtres qui l’entourent. Non, Nicolas n’est pas seulement un champion : il est aussi un « gamin » sacrément attachant.

© Lionel Montico

 

* Un problème de balisage et l’erreur de parcours de plusieurs coureurs ont engendré l’application de pénalités et donc le reclassement de plusieurs athlètes. Nicolas Martin, en tête, s’est vu contraint d’attendre son poursuivant, Sylvain Court, et de franchir avec lui la ligne d’arrivée. Il a été finalement rétrogradé à la deuxième place, Sylvain Court étant déclaré seul vainqueur. De nombreux débats ont suivi cet imbroglio qui a concerné les classements féminin et masculin.

 


  • Son spot préféré pour courir : les arêtes du Mont Coin et le lac d’Amour (Beaufortain).
  • Son meilleur souvenir de compétition : sa 2e place à la Transvulcania « car elle allie une réelle réussite sportive et une ambiance de folie à l’arrivée. »
  • La course qu’il n’a pas encore courue et qui le fait rêver :
  • Sa valeur phare : le travail et sa reconnaissance. « Dans le sport, le résultat ne dépend pas du copinage ou du réseau : il reflète le travail réalisé à l’entraînement. »
  • Sa phrase fétiche : « Etre aimé de tout le monde, c’est aussi être aimé de n’importe qui. »

 Un mot sur les mondiaux

« Je rêvais d’un podium aux championnats du monde et je me savais capable de le faire à condition de rester concentré et respectueux des adversaires. La course s’est déroulée telle que je le pensais. En franchissant la ligne d’arrivée, un immense bonheur m’a envahi. Un premier podium mondial est une grande satisfaction personnelle. Cette course a clôturé une saison régulière et réussie. Mais il me reste une marche à gravir. Ce sera l’un de mes objectifs pour les saisons à venir. »


 

Nicolas Martin en bref

Né le 29 juillet 1986
Habite à Villard-sur-Doron (73)
Entraîneur : Patrick Bringer (2010 – aujourd’hui)
Membre de l’équipe de France de trail depuis 2013
Palmarès :

  • 2016
    Vice-champion du monde, vainqueur du trail du Ventoux et du High Trail Vanoise, 2e de la Transvulcania, vice-champion de France de trail.
  • 2015
    7e des championnats du monde et champion du monde par équipe, 8e des championnats de France de course en montagne et champion de France par équipe, 3e de la CCC, 2e du Grand Trail des Templiers.
  • 2014
    Vice-champion de France de trail et de kilomètre vertical, champion de France par équipe de trail et de course en montagne, vainqueur de l’OCC.
  • 2013
    9e des championnats du monde et vice-champion du monde par équipe, 5e des championnats de France de trail et champion de France par équipe.
  • 2012
    3e des championnats de France de trail.

 

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Rencontre avec Juliette Blanchet

Pour s’évader de la rigueur mathématique de son métier, Juliette Blanchet court. Et court longtemps. L’ultratraileuse allie ainsi, sur les sentiers, plaisir, planification et optimisation. Une équation synonyme de succès. Interview.


Tu as décroché en août dernier la quatrième place de l’UTMB. Cet ultra représentait-il un rêve pour toi ?

Non, pas vraiment. Je n’ai jamais eu pour objectif de m’aligner au départ de l’UTMB lorsque j’ai commencé à courir, il y a une dizaine d’années. En réalité, je suis venue à l’ultra petit à petit. Je pense qu’il faut regarder à long terme et évoluer de manière progressive, notamment pour des questions de santé.

Quelle sportive étais-tu avant de te lancer dans la course à pied ?

J’ai très longtemps pratiqué le handball. Lorsque j’ai quitté Paris pour m’installer à Grenoble, j’ai trouvé qu’il était dommage de m’enfermer dans un gymnase alors qu’il y avait un tel terrain de jeu à l’extérieur. Comme mon copain courait, j’ai eu envie de courir moi aussi. Puis nous sommes allés à Davos où j’ai vu des gens courir en montagne. Cela m’a tellement donné envie que je m’y suis mise… et je n’ai plus cessé depuis !

Pourquoi aimes-tu autant les efforts de longue haleine ?

Les distances courtes sont trop rapides et trop intenses pour moi, qui suis très régulière sur du long. De plus, l’ultra me permet de déconnecter complètement : je ne pense plus à rien, je ne songe qu’à avancer. Et puis j’aime la préparation d’un ultra : partir le week-end pour plusieurs heures de sortie, j’adore ça ! Par ailleurs, le côté scientifique de la gestion m’intéresse : je réfléchis à ce que je vais manger et à quel moment, à ce que je vais choisir comme équipement…

Prépares-tu un ultra de manière aussi rigoureuse que tu mènes tes recherches en mathématiques ?

Oui, en un certain sens ! (rire) J’aime ce qui est carré et bien organisé. Au début, je m’étais même fait un petit algorithme pour calculer mes temps de passage. Maintenant j’élabore mon plan de marche de manière plus simple : je me fonde sur quelques chronos des années antérieures, je calcule une moyenne et j’obtiens mes propres temps de passage. A 10 minutes près, je sais ainsi quel sera mon chrono à l’arrivée d’un ultra. Cette année, sur l’UTMB, je suis toujours passée dans les temps, à 3 minutes près, puis j’ai pu accélérer sur la fin et franchir la ligne avant l’heure prévue.

En hiver, continues-tu à courir lorsque le froid et la neige apparaissent dans les Alpes ? Pratiques-tu l’entraînement croisé ?

J’avoue que je fais beaucoup moins de sport en hiver. Je ne cours presque plus. Je pratique le ski de fond et le ski de randonnée, mais je ne participe à aucune compétition. J’ai besoin de faire une pause. Quant à l’entraînement croisé, je sais que je devrais le pratiquer, mais j’ai beaucoup de mal à faire du vélo. Cette saison, j’ai dû rouler une fois une heure… Comme je n’ai mal nulle part quand je cours, je fais ce que je préfère : courir !

Quel conseil donnerais-tu au lecteur en nutrition ?

Testez vos ravitaillements le plus possible avant une course afin de savoir ce qui vous convient le mieux. Il est tellement dommage de gâcher une aventure à cause de problèmes digestifs !

Et en termes d’entraînement ?

Même si vous courez uniquement des ultras, ne négligez aucune filière : entraînez-vous en fractionné, y compris sur des 30/30, et faites des sorties longues.

La gestion de course est essentielle en ultra. Quel est le secret de la réussite ?

Ne pas hésiter pas à établir un plan de course. Je m’imprime un profil avec mes temps de passage et je glisse le papier dans une poche. En course, je le consulte et cela me permet souvent de relativiser de mauvaises sensations.

Enfin, as-tu une astuce concernant le ravitaillement ?

Pour éviter de galérer avec des emballages de barres lorsque vos mains sont engourdies par le froid, pré-ouvrez-les lorsque vous préparez votre matériel de course.

 

Juliette Blanchet en bref

36 ans, 1,66 m, 51 kg. Chercheur en mathématiques au CNRS.

  • 4e à l’UTMB en 2016.
  • 3e de l’Eiger Ultra Trail en 2016.
  • 3e à la TDS en 2015.
  • 2e à la MaxiRace en 2015.
  • 2e à la Diagonale des Fous en 2014.