Le Relais des Dahus : une course intimiste

A l’origine, il y eut un message anodin posté sur une messagerie instantanée. Quelque chose du genre : « Marie, nous vous convions à notre course qui se déroulera le 4 février dans notre petit village de l’Oisans. »  Une rapide recherche d’information plus tard, j’acceptai l’invitation. Dès qu’il s’agit d’épreuves en équipe, je fonce ! J’adore le partage, la complicité dans l’effort, le dépassement de soi démultiplié par l’enjeu collectif. Dans le cas de ce Relais des Dahus, l’association du trail blanc et du ski alpinisme ne mit guère longtemps à m’enthousiasmer. Surtout que j’avais déjà en tête le nom de ma coéquipière : la pétillante Caroline Joguet. Nous voilà donc inscrites ensemble sous le nom d’équipe « Les Cabrettes », clin d’œil au métier de Caroline et à mon amour pour les chèvres.

Si la vie était simple, ça se saurait !

Ce fut encore grâce à une messagerie instantanée que la mauvaise nouvelle tomba en janvier : Caroline était blessée au genou et devait déclarer forfait. Quelle poisse ! Mais elle me proposait un remplaçant : Yoann Sert, le champion de VTT et de ski alpinisme lui-même ! Je me sentis brutalement un peu sous pression, allez savoir pourquoi… L’équipe était donc rebaptisée : « Un cabri, une cabrette ».

Mais la vie n’est pas une mer d’huile. Elle offre plutôt des remous, voire carrément des vagues monstrueuses. Et là, c’était un gros grain qui allait m’assommer à quatre jours de la course, toujours sur cette fameuse messagerie instantanée : « Marie, j’ai une angine et une sinusite, je suis sous antibiotiques, je ne me sens pas assez en forme pour samedi… »  J’ai franchement cru que j’allais devoir renoncer et je regardais déjà en direction d’un autre trail local lorsqu’un homme providentiel apparut : Jonathan Rouquairol, un ami, cherchait lui aussi un coéquipier ! Emballé et vendu en trois secondes chrono : nous allions faire équipe.

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Quand la petite course sympa se transforme en séance où tu te mets minable… 

« Nous comptons 15 duos inscrits, mais nous sommes contents. L’essentiel n’est pas d’avoir un maximum d’équipes, mais de voir tout le monde s’amuser et se faire plaisir », affirmait Laëtitia, organisatrice et animatrice de l’événement. Avec des yeux ronds comme des soucoupes, j’observais la place du village animée par des stands, un brasero, des musiciens, des concurrents rieurs et des touristes fraîchement débarqués de leur journée de glisse. « Prenez votre temps pour vous échauffer, nous avons toujours un petit quart d’heure de retard », s’amusait Laëtitia avec sa bonne humeur communicative. Alors on trottinait tranquillement, on papotait, on se demandait si on allait devoir allumer la frontale dès la première boucle. La nuit tombait petit à petit, les premières étoiles commençaient à scintiller dans le ciel.

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Le peloton d’une quinzaine de trailers s’élançait dans le crépuscule sous les encouragements. Fidèle à mes habitudes, je partis comme une dératée. En me disant bientôt qu’il allait falloir calmer le jeu au relais suivant sous peine de rapidement cracher un poumon sur le bord du chemin enneigé ! En 8 minutes, le parcours de trail était avalé et le relais transmis à Jonathan. Moins de 7 minutes plus tard, il réapparaissait comme une furie. Nous étions premiers et nous allions le rester pendant une heure et demie sans jamais être inquiétés. Mais, l’un comme l’autre, nous avons la compétition dans le sang… alors, forcément, nous avalions nos boucles à toute vitesse, même si nous savions que notre avance était confortable ! Ce qui devait être une petite course sympa était devenue une sacrée séance de fractionné… Mais quel bonheur de courir en pensant à son coéquipier, de transmettre le témoin en lançant un encouragement, de savourer cette ambiance bon enfant, simple mais ô combien chaleureuse. Nous étions une trentaine de concurrents, mais j’avais l’impression que nous étions en fait 150 tellement l’atmosphère festive me portait ! La magie de ces courses intimistes tient à ces liens qui se nouent spontanément entre les participants et le public : personne ne se regarde en chiens de faïence, tout le monde se sourit, se charrie, se motive. Le partage et la solidarité rassemblent sans distinction.

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Après la victoire des Cabrettes, le réconfort de la tartiflette !

Tout en toussant à qui mieux mieux (produire un effort violent dans le froid n’est décidément pas très recommandé pour les voies respiratoires…), nous quittions l’aire de course pour rallier la salle des fêtes. Les petites rues du village dégageaient une âme authentique avec leurs maisons en pierres et leurs timides loupiottes. Dans une petite salle, les tables étaient dressées, comme lorsqu’un hôte reçoit une poignée d’amis. La tartiflette ne fit pas pli…

Puis vint la remise des prix, moment toujours un peu ennuyeux. Contre toute attente, pas de grands discours pompeux ni de cérémonial superflu, mais des podiums simples, efficaces et conviviaux. En guise de trophées, des œuvres réalisées par un artiste local. En cadeaux, des paniers garnis montagnards : confitures de myrtilles, saucissons, gâteaux, génépi…

« C’était un plaisir de vous recevoir. Revenez quand vous voulez, vous êtes les bienvenus ! »  Alors que Laëtitia prononçait cette dernière phrase, un petit quelque chose me disait que Villard Reculas me reverrait sans doute l’année prochaine… voire bien avant !

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