VMA, VO2 max, fartlek, anaérobie, pyramide… Courir (ou plutôt bien courir) n’est pas si simple. On peut même affirmer que cela s’apparente à une science, voire à un art. Tout est une question de technique, de dosage, d’harmonie et d’équilibre. Autant dire qu’on ne s’improvise pas entraîneur et qu’on risque fort de commettre des erreurs en jouant les apprentis coaches sportifs ! Mieux vaut  écouter les experts qui ont un avis bien précis sur les différentes méthodes. Les débats sont ouverts !

 

1ère question : Courir plus ou mieux ?

Alors là, autant vous prévenir : les avis sont franchement divergents. Grosso modo, on assiste à une opposition entre les méthodes classiques et modernes. Résolument ancré dans la seconde catégorie, Jean-Marc Delorme recommande sans hésiter la qualité : « les techniques d’entraînement actuelles préconisent de s’entraîner mieux plutôt que plus. Courir moins mais mieux permet de consacrer moins de temps à la pratique sportive et de diminuer l’usure articulaire et mentale. »

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Autrefois, la quantité était le mot d’ordre : plus les kilomètres s’accumulaient au compteur, plus on pensait augmenter ses chances de progression. Mais des études ont révélé qu’il est en fait plus efficace de cibler les séances afin de minimiser la fatigue et d’optimiser l’impact de l’entraînement sur la physiologie du coureur. « On a aujourd’hui tendance à dire que le qualitatif doit l’emporter sur le quantitatif », concède Jean-Louis Bal. « Cela permet notamment à ceux qui ont des problèmes d’emploi du temps ou de récupération de s’entraîner malgré tout de manière ciblée et efficace. Attention quand même ! Les Kenyans font, par exemple, beaucoup de volume en triplant parfois les séances journalières.« 

Pas de panique, vous n’aurez pas à sortir les runnings du placard matin, midi et soir pour espérer passer sous la barre des 45’ sur 10 km ou des 3h15 au marathon. Certes, la qualité a acquis ses lettres de noblesse et mérite d’occuper une place de choix dans tous les plans d’entraînement. « Il faut trouver un compromis entre volume et qualité », estime Julien Rancon. « Je conseillerais, d’une manière très générale, de réaliser un cycle de quatre semaines consacré au quantitatif et un autre cycle dédié au qualitatif. Mais tout dépend d’où part le coureur : pour un débutant, il faudra au départ axer davantage l’entraînement sur le volume pour développer l’endurance. » 

Il s’agit donc de définir un équilibre entre le « plus » et le « mieux », l’excès de l’un ou de l’autre pouvant être également destructeur. « La qualité est trop souvent considérée comme un travail à vitesse élevée. Pourtant, il ne s’agit pas de cela mais plutôt de varier les intensités d’entraînement à la fois sur une semaine et sur un cycle », estime Serge Cottereau. Si courir mieux permet de progresser spécifiquement en vue d’une distance donnée, courir longtemps s’avère au moins aussi important. « Indéniablement, il faut associer quantité et qualité. On conseille actuellement de réduire le travail du foncier mais je pense que c’est un tort », affirme Dominique Chauvelier. « Aux Etats-Unis, on revient à des entraînements plus quantitatifs et force est de constater que les athlètes américains réussissent là où nous échouons. Alors, aujourd’hui, je dis aux coureurs : entraînez-vous plus ! »

Les entraîneurs consultés

  • Jean-Marc Delorme, entraîneur, préparateur physique et formateur FFA. Consultant sportif pour plusieurs magazines spécialisés en course à pied. Coureur sur route et trailer.
    Site web :
    www.lentraineur-paris.com
  • Dominique Chauvelier, ancien marathonien de haut niveau et entraîneur. Multiple champion de France de marathon, médaillé de bronze aux championnats d’Europe à Split en 1990 sur marathon. Consultant et chroniqueur pour divers magazines de course à pied.
  • Serge Cottereau, ancien champion et entraîneur. Co-créateur et quadruple vainqueur des 100 km de Millau de 1972 à 1976. Auteur de « L’encyclopédie pratique du jogging » et d’ouvrages sur l’entraînement.
    Site web : www.serge-cottereau.com
  • Julien Rancon, multiple champion de France de course de montagne et entraîneur diplômé d’un master STAPS « Ingénierie de l’entraînement sportif ».
    Site web :
    www.julien-rancon.fr
  • Jean-Louis Bal, entraîneur de nombreux champions de trail et ski alpinisme (notamment Emelie Forsberg). Site web : www.skiandrun.fr 
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