Pfffff, la chaleur vous accable, vous transpirez sans bouger le petit doigt et, à la seule idée d’aller courir, vous êtes éreinté. Pas de doute, l’été est arrivé ! Parce que courir à la fraîche (très tôt le matin ou très tard le soir) n’est pas donné à tout le monde, il faut s’accommoder tant bien que mal des températures élevées. S’il existe des astuces pour gérer la chaleur (ce thème fera sans doute l’objet d’un autre article sur ce blog), il y a aussi des méthodes carrément alternatives pour s’entraîner en période de canicule : courir dans l’eau ! Oui oui, vous avez bien lu : ce soir, au lieu de chausser vos runnings, enfilez votre maillot de bain et hop ! c’est parti pour une bonne séance de course à pied aquatique !

piscine

Courir dans l’eau, c’est possible ?

Le slip de bain et le bonnet en latex vous donnent des boutons ? Dommage, vous allez passer à côté d’une sacrée expérience de course à pied. Pas question d’enfiler des palmes et des plaquettes à main, rassurez-vous. Il s’agit simplement de vous équiper d’une ceinture spéciale ou de disposer d’un tapis incliné installé au fond de la piscine. Vous vous transformez alors en aquajogger, espèce très particulière de coureur à pied.

Ne vous emballez pas : vous n’allez certainement pas adopter cette méthode pour faire le malin dans le grand bassin, mais plutôt pour vous entraîner sans subir les effets négatifs des impacts au sol (et accessoirement de la canicule). La résistance de l’eau introduit une contrainte intéressante car elle permet de travailler la puissance musculaire sans chocs. La sangle abdominale et les membres inférieurs sont extrêmement sollicités et, pratiqué comme une séance d’entraînement classique (avec du fractionné), l’aquajogging permet d’améliorer l’endurance de force et d’entretenir les capacités cardiaques.

Cependant courir dans l’eau reste « un exercice laborieux », comme l’affirme Julien Rancon, multiple champion de France de trail et course en montagne. « Je pense qu’il concerne surtout les coureurs blessés qui ne peuvent s’entraîner normalement et doivent épargner leurs articulations. » Bref, à moins d’être un adepte inconditionnel de la piscine ou de vouloir changer un peu d’activité, l’aquajogging se révèle plutôt réservé aux périodes de blessure ou de convalescence.

Le saviez-vous ?

Dans les années 1980, Pierre Lévisse devenait champion de France de cross-country après avoir souffert d’une blessure tout l’hiver… mais en s’étant uniquement entraîné dans l’eau !

Intérêts

  • Limitation des traumatismes liés aux impacts au sol.
  • Résistance de l’eau permettant d’améliorer l’endurance de force.
  • Travail intense sur le plan cardiaque (à condition de réaliser des séances de fractionné avec répétition de séquences soutenues).
  • Accélération du processus de convalescence lorsque la température de l’eau est fraîche.
  • Travail des membres supérieurs, de la sangle abdominale et lombaire ainsi que de la force concentrique.

 

Pour qui ?

  • Surtout pour les coureurs blessés désirant poursuivre leur entraînement et accélérer le processus de guérison.
  • Tous ceux qui souhaitent sortir de la routine de l’entraînement classique.
  • L’aquajogging peut remplacer toute séance d’entraînement normale.

 

Quand ?

  • Après un effort intense (compétition, par exemple), l’aquajogging permet d’exercer un effet drainant sur les membres inférieurs et, étant une activité d’endurance, d’éliminer les toxines l’organisme.
  • Les coureurs de bon niveau peuvent courir dans l’eau sans équipement afin d’accroître le travail de gainage abdominal. Il est toutefois possible de s’entraîner en s’équipant d’une ceinture et de chaussures de flottaison, disponibles dans la plupart des piscines. On peut aussi courir sur un tapis incliné et immergé à une profondeur de 1,20 à 1,50 m mais les établissements possédant ce type de matériel ne sont pas encore légion !

 

Risques et limites

  • Pas de chocs au sol, pas de traumatismes donc pas de risques… si ce n’est celui de boire la tasse !
Publicités