Ça y est, c’est cuit : nez qui coule, tête dans un étau, jambes qui flageolent, thermomètre qui s’affole. La grippe vous guette. Et si un petit footing permettait d’éliminer tout ça ? 

Après avoir échappé à la crise de foie post-festivités de fin d’année et être passé entre les mailles du filet de la gastro-entérite, vous dégustez les symptômes grippaux en guise de dessert. La jauge de l’énergie est en berne. Raaaah, votre petit plan d’entraînement hivernal va capoter pendant une bonne quinzaine de jours ! Et si un footing permettait d’éliminer les toxines ? « Va courir, quand tu rentreras, tu seras comme neuf, tu auras tout évacué ! » Au diable donc la fièvre et les frissons, vous enfilez les baskets et vous sortez trottiner dans l’air glacé. Bonne idée ou acharnement inutile ?  

Le système immunitaire, fan de sport ?

Oui, la pratique sportive renforce le système immunitaire. Donc si vous courez avec des symptômes grippaux (ou apparentés), vous allez booster mes défenses et guérir plus vite. Ha non, les choses ne sont pas aussi simples ? Si les symptômes sont bénins, le footing ne me fera pas de mal, à condition d’être réalisé à allure faible ou modérée. En revanche, si la grippe est franchement déclarée, votre corps a besoin de toutes les armes disponibles pour lutter contre la maladie. Produire un effort intense alors que l’organisme essaie déjà de se sortir tant bien que mal d’une situation difficile n’est donc pas forcément une bonne idée car la fatigue engendrée par l’entraînement va l’affaiblir encore davantage… et provoquer une baisse des défenses immunitaires. En effet, l’activité physique intense provoque une brutale perturbation de l’homéostasie (processus de régulation qui permet de maintenir l’équilibre de l’organisme). Stressé, le système immunitaire se trouve fragilisé et laisse davantage entrer les microbes. 

Cœur sensible, s’abstenir !

La déplétion des défenses immunitaires entraînée par un effort intense permet à des micro-organismes d’envahir l’organisme et d’infester rapidement les voies aériennes, les poumons et même le cœur. Quel que soit le niveau sportif, le risque est réel de provoquer, par exemple, une myocardite, autrement dit une inflammation du muscle cardiaque. Si cette pathologie guérit souvent d’elle-même, elle peut aussi évoluer en affection chronique et déboucher, à terme, sur une insuffisance cardiaque. Dommage de s’exposer à pareille éventualité pour un malheureux footing, non ?

Grippé, donc alité ?

Si le syndrome grippal doit être considéré à sa juste valeur – une affection potentiellement grave qui provoque de nombreux décès chaque année – il ne doit pas nécessairement être synonyme de repos complet. Si vous ressentez un impérieux besoin de prendre l’air, vous pouvez chausser vos baskets… et marcher. Evitez de courir – ou alors à allure très faible. Certains affirment parfois que si les symptômes sont situés au-dessus des épaules (gorge irritée, nez bouché, éternuements, maux de tête légers…), alors s’entraîner est possible. En revanche, s’ils sont ressentis sous les épaules (courbatures, bronches douloureuses, toux, maux de ventre, frissons, fièvre, fatigue…), mieux vaut rester dans le canapé. Finalement, il suffit d’un peu de bon sens et d’écoute de soi pour savoir si, oui ou non, il est raisonnable d’aller trotter quand on est malade. Et puis il faut toujours se dire aussi que rater quelques séances n’a rien de dramatique. Courir est un loisir et un moyen de rester en bonne santé, non ? 


Le mythe du footing qui élimine les toxines

Transpirer permettrait d’éliminer les toxines, donc les vilains microbes responsables d’un rhume, d’une gastro ou encore d’une grippe. Rien de tel que sortir courir en étant bien couverte pour suer à gogo et tout évacuer ! Si le mythe a la peau dure, il est pourtant totalement infondé. La science a depuis longtemps prouvé que la transpiration ne permettait en aucun cas d’éliminer les vilains micro-organismes responsables du nez qui coule et de la fièvre qui rend dingue le thermomètre. On oublie donc le footing en k-way et la séance de vélo d’appartement en épais survêtement coton !