Longtemps décriée, l’homéopathie a désormais acquis ses lettres de noblesse. Les études scientifiques sont passées par là, prouvant l’efficacité d’une médecine dite douce que les sportifs ont tout intérêt à adopter. 

Il était une fois, à la fin du XVIIIesiècle, un médecin allemand qui cultivait la curiosité. Soucieux de connaître les effets exacts des produits administrés aux patients, le Docteur Hahnemann entreprit donc de tester certaines substances sur lui-même et ses proches. Objectif : en vérifier la toxicité ou l’efficacité. Périlleuse entreprise, mais entreprise instructive s’il en est : le Docteur Hahnemann eut ainsi l’idée d’utiliser des doses de plus en plus faibles des substances afin d’en réduire les effets toxiques. En 1810, il publiait ce que l’on peut aujourd’hui considérer comme la bible de l’homéopathie, Organon der Heilkunst, dont il éditerait la bagatelle de 5 mises à jour jusqu’à sa mort, en 1843… à l’âge de 89 ans ! 

Bon, c’est bien joli de raconter l’origine de l’homéopathie, mais en quoi cela concerne-t-il le sportif ? D’abord, l’histoire permet de comprendre pourquoi les médicaments homéopathiques reposent sur la dilution des substances actives. Ensuite, elle permet aussi de déchiffrer les fameuses unités propres aux granules et préparations homéopathiques : les obscurs DH et CH. Ces initiales correspondent tout simplement aux abréviations de « décimales hahnemaniennes » et « centésimales hahnemaniennes ». 1 CH est égale à une partie de substance active diluée dans 99 parties de solvant. En général, on utilise une haute dilution (30 CH, par exemple) pour un symptôme chronique ou une personne très sensible et une basse ou moyenne dilution (5 ou 7 CH, par exemple) pour un symptôme aigu associé à une douleur de faible intensité. 

Du vent dans le tube de granules ?

Longtemps, l’homéopathie a été considérée comme une médecine ne reposant sur aucune vérité scientifique. Ses détracteurs arguaient de l’extrême dilution des substances dans des granules principalement composés de sucre et dénonçaient l’effet uniquement psychologique des remèdes. Et pourtant… Depuis cette époque riche en scepticisme, l’eau a coulé sous les ponts : les études se sont multipliées, prouvant non seulement l’absence d’effet placebo mais aussi l’efficacité des traitements.« Il existe désormais des diplômes interuniversitaires et plus de 35 hôpitaux en France proposent des consultations d’homéopathie », précise le Docteur Antoine Demonceaux, homéopathe depuis 35 ans. « Ceux qui nourrissent encore des doutes par rapport à l’homéopathie ne sont pas informés des dernières publications scientifiques. Aujourd’hui, on n’a plus le droit de dire que l’homéopathie a un effet placebo puisque les médicaments contiennent des substances actives. D’ailleurs, de plus en plus de personnes ont recours à cette médecine, ce qui est significatif : si on l’utilise, c’est parce qu’elle fonctionne ! » 

L’essor de l’homéopathie chez les sportifs

Peut-être est-ce parce que Didier Deschamps a pris une dose d’Arnica sur le terrain lors de la coupe du monde 1998. Peut-être est-ce parce que certains patients se méfient des médicaments conventionnels, régulièrement pointés du doigt par les autorités sanitaires. Sans doute est-ce aussi parce que de plus en plus de personnes se rendent compte que la médecine classique n’a pas réponse à tout, voire se révèle inopérante pour certaines pathologies. Mais c’est certainement aussi parce que les sportifs savent que de nombreux médicaments sont inscrits sur la liste des produits dopants et qu’il serait dommage d’être contrôlé positif pour avoir voulu soigner une tendinite. Pour toutes ces raisons, l’homéopathie a bonne presse dans les pelotons. « Alors que les patients qui prenaient de l’homéopathie étaient souvent des bobos écolos il y a une trentaine d’années, ce sont aujourd’hui des personnes qui cherchent simplement à se soigner et qui s’accommodent très bien des différents types de médecine », analyse le Docteur Antoine Demonceaux. « Dans les trousses de pharmacie de nombreuses équipes sportives – en football, en basket… – mais aussi dans d’autres disciplines telles que le tennis ou la course à pied, on trouve désormais de l’homéopathie, notamment de l’arnica. » Véritable vedette parmi les tubes de granules, l’Arnica est désormais si populaire qu’il est  quasiment devenu un réflexe dès qu’il s’agit de soigner un traumatisme. 

Optimiser les capacités de l’organisme

Pourtant le remède est loin d’être le seul atout que recèle l’armada homéopathique pour le sportif, qu’il soit simple coureur du dimanche ou athlète professionnel. « L’homéopathie est intéressante à deux titres pour le coureur à pied », poursuit le Docteur Demonceaux. « D’une part, elle peut être utilisée à titre préventif pendant et après la course, par exemple si l’athlète est sensible aux tendinites ou aux contractures. Après l’effort, elle permet aussi de faciliter la récupération. D’autre part, elle ne présente absolument aucun risque en matière de conduite dopante : non seulement elle ne figure pas dans la liste des produits interdits, mais en plus elle n’a que des effets positifs sur la santé, contrairement aux produits dopants. » Loin de booster artificiellement l’organisme, l’homéopathie accompagne le sportif dans sa performance en lui permettant d’optimiser ses capacités. « On n’est clairement pas dans l’effet procuré par le dopage. Avec l’homéopathie, on peut mener le corps au top de ce qu’il peut accomplir et non au-delà. Or c’est exactement ce que cherche le sportif », estime le Docteur Demonceaux. 

Si l’homéopathie semble facile d’accès et dénuée de tout danger, n’est-il cependant pas risqué de pratiquer l’automédication ? Les trailers se souviennent sans doute de la trousse retrouvée sur un ravitaillement lors d’une édition de l’UTMB® : elle contenait un cocktail explosif de produits tels qu’anti-inflammatoires, antalgiques et autres substances aux effets secondaires délétères sur la santé.« Je ne connais aucun effet indésirable des médicaments homéopathiques chez le sportif et n’ai jamais constaté une réaction négative », assure le Docteur Demonceaux. « La limite de l’automédication, c’est le diagnostic. » Autrement dit, le coureur a beau ingérer tel remède, l’efficacité ne sera guère au rendez-vous s’il n’a pas été capable d’identifier précisément son problème. « Si je sais que j’ai tendance à développer des pathologies tendineuses, je peux décider de prendre des granules de Ruta graveolens en prévention, cela ne posera aucun problème. En revanche, si je me fais une entorse et que je ne consulte pas un médecin pour m’assurer qu’il n’y a pas de déchirement ligamentaire ou de fracture, prendre de l’Arnica ne résoudra pas mon problème. L’avantage, c’est que l’Arnica ne masquera pas non plus la douleur, laquelle m’incitera de toute façon à aller consulter. » Si l’on peut donc pratiquer sans crainte l’automédication en prévention ou en entretien, on se gardera bien de poser soi-même un diagnostic après un traumatisme ou en cas de pathologie non identifiée. Quelle que soit l’approche médicale que l’on privilégie, on évite dans tous les cas de jouer à l’apprenti sorcier !


Dans ma trousse homéopathique, je glisse…

  • Arnica 9 CH

C’est un incontournable pour le sportif ! Pour tous les traumatismes et courbatures en tous genres. A prendre pendant et après l’effort.  

  • Ruta 9 CH

Un médicament qui agit spécifiquement sur les ligaments et tendons. En association avec arnica 9 CH, particulièrement efficace chez ceux qui ont une propension à développer des tendinites ou le syndrome de l’essuie-glace. 

  • Apis mellifica 9 CH ou 15 CH

Pour tous les œdèmes inflammatoires améliorés par le froid ou encore les tendinites qui s’enflamment brutalement. Egalement fort utile en cas de piqûre d’insecte. 

  • Rhus toxicodendron 9 CH

C’est le médicament du surentraînement qui permet de récupérer plus vite et de lutter contre les effets d’une surcharge sportive (tachycardie, épuisement…). 

  • Cuprum 9 CH

La solution anti-crampes par excellence. Ceux qui souffrent de crampes au quotidien, notamment pendant leur sommeil, en prendront tous les jours. Ceux qui souffrent de crampes uniquement en courant dilueront 10 granules d’arnica et 10 granules de cuprum dans un bidon qu’ils avaleront tout au long de leur effort. 

  • China 9 CH

Pour ceux qui transpirent beaucoup et/ou pour les efforts produits par temps chaud qui impliquent de fortes pertes hydriques. A prendre pendant et après l’effort. 

  • Gelsemium 15 CH

Le médicament anti-stress des anxieux inhibés (ceux qui ont les jambes molles, des tremblements et des diarrhées motrices avant une course, par exemple).

  • Ignatia 15 CH

Pour les hyper émotifs (ceux qui se sentent oppressés, souffrent de points de côté, respirent mal). 

  • Argentum natricum 9 CH

Le remède anti-stress des anxieux précipités, autrement dit de ceux qui souffrent de diarrhées motrices avant et pendant la course, partent trop vite tant ils sont nerveux et s’épuisent avant la fin de la compétition. 

  • Sporténine

Notamment composé d’arnica, de zinc et d’acide lactique en dilution, le complexe mis au point par les laboratoires Boiron se révèle efficace pour éliminer plus vite l’acide lactique accumulé pendant l’effort. A prendre pendant et après la course, soit en croquant les comprimés, soit en les diluant dans un bidon. 


L’info en +
Contrairement à ce que l’on a longtemps préconisé, il n’est pas nécessaire d’absorber un médicament homéopathique loin des repas. On peut donc sans problème diluer des granules dans un bidon et se ravitailler en même temps. 


Notre expert

Le Docteur Antoine Demonceaux est médecin homéopathe depuis 35 ans à Reims. Il a fondé un diplôme universitaire de thérapeutique homéopathique à la faculté de médecine de Reims et a participé à la création de la Société Savante d’Homéopathie. Il est également l’auteur de l’ouvrage La santé autrement, paru aux éditions du Cherche Midi. 

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