Rencontre avec Céline Lafaye

Non, ce n’est pas parce que je trottine de temps en temps avec Céline que je ne suis pas impartiale.

Non, ce n’est pas parce que je crois halluciner quand je la vois sautiller devant moi tout en papotant que je ne suis pas objective.

Mais oui, je suis une admiratrice de Céline qui cumule les victoires et les podiums comme d’autres collectionnent les capsules de bière.

Récemment parue dans le magazine Jogging International, voici l’interview que j’ai réalisée de celle qui possède sans nul doute le palmarès le plus dense du trail court français.

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Alors que de nombreux coureurs se lancent dans les longues distances, tu persistes sur les formats plus courts. Pourquoi ce choix ?

« Je ne me cantonne pas seulement aux formats courts puisque je monte jusqu’à une quarantaine de kilomètres, par exemple sur le trail long du Ventoux ou le marathon du Mont Blanc. J’aime avant tout courir. Je n’ai pas envie de randonner, tout comme je n’éprouve pas de plaisir à garder les pieds dans les baskets plus de 5 heures d’affilée. Je regrette que les longues distances soient mieux considérées que le trail court. » 

Comment t’entraînes-tu ?

« Pour préparer un trail court, je pratique l’entraînement croisé en associant course à pied et vélo de route. Je trouve que le vélo permet de changer d’activité et d’état d’esprit. Le plaisir est différent et les chocs sont moindres. Parfois je préfère rouler que courir. Il faut dire que la région de Grenoble est particulièrement propice à la pratique du cyclisme. Associer trail et vélo permet d’atteindre un bon équilibre. »

Quel regard portes-tu sur l’évolution du trail féminin ?

« Ces dernières années, le niveau du trail féminin a beaucoup augmenté, surtout en skyrunning. A une époque, le niveau était beaucoup plus dilué qu’aujourd’hui. Quand je vois les performances de Stevie Kremer, Maude Mathys ou Elisa Desco, je déplore que leurs résultats ne soient pas plus valorisés. » 

Plus globalement, comment considères-tu le trail aujourd’hui ?

« Le calendrier regorge de courses. C’est bien pour les coureurs, mais il arrive que des épreuves ne réunissent pas grand monde. A contrario, certaines épreuves de masse ne garantissent pas pour autant la qualité : parfois, sur de grosses courses, il y a très peu de coureurs de bon niveau. On finit par perdre la notion même de performance. Par ailleurs, la question de l’argent est problématique. D’un côté, on a des épreuves très chères dont l’objectif est d’être rentables. De l’autre, il est fréquent d’entendre qu’il ne devrait pas y avoir de primes pour les vainqueurs, que l’esprit originel de la discipline est détourné. Ce type de polémique n’existe pas dans d’autres sports où l’argent est pourtant omniprésent. » 

Quels conseils donnerais-tu au lecteur ?

« En matière d’entraînement, respectez des phases de repos car ce dernier fait partie de l’entraînement. N’en faites pas trop et contentez-vous de deux séances de fractionné par semaine. En course, écoutez vos sensations et gardez toujours le moral ! Une course n’est jamais ni gagnée, ni perdue tant qu’on n’a pas franchi la ligne d’arrivée. Quant au matériel, le point le plus important, ce sont les chaussures. Vous seul pouvez savoir quel modèle est le plus adapté pour vous. Il faut tester… et ne pas hésiter à se faire conseiller dans un magasin spécialisé. A titre personnel, je trouve que les X-Talon 200 d’Inov-8 sont géniales : elles offrent une excellente accroche sur tous les terrains. Souples et légères (elles pèsent seulement 200 g), elles sont idéales pour tous les coureurs qui recherchent la vitesse. Ce sont les meilleures chaussures que j’aie jamais eues, mais elles peuvent manquer d’amorti pour certains.

Outre une championne de trail, tu es aussi chercheur en biologie. En quoi consiste ton travail ?

« Je suis effectivement chercheur en biologie, mais aujourd’hui je suis surtout chercheur d’emploi ! Mon contrat s’est terminé récemment, alors je suis en quête d’un poste ou d’un nouveau projet professionnel. En tout cas, le domaine de la recherche a un avantage indéniable : la flexibilité des horaires. Quand j’étais au CEA de Grenoble, je pouvais m’organiser comme je le souhaitais, ce qui était très pratique pour m’entraîner. Je travaillais sur des protéines fluorescentes utiles pour l’imagerie médicale. »

 

Céline Lafaye en bref
Née le 9 décembre 1981
Chercheur en biologie – actuellement en recherche d’emploi

Palmarès rapide
Vainqueur du Trail Tour National en 2010, 2011, 2013, 2014 et 2015
9e au marathon alpin de Zegama en 2013
3e à Sierre Zinal en 2011
Championne de France de trail court en 2013

 

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