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Petit guide pour se repérer dans la galaxie du trail

C’est en me baladant en montagne avec une copine, puis en me perdant dans les méandres de Facebook, que j’ai pris conscience d’une réalité : les trailers ne savent pas forcément ce qui différencie la course en montagne, le trail court, long, ultra, urbain et blanc. Il faut dire que la galaxie du trail running est plutôt dense et que les coureurs ne sont guère aidés par les organisateurs qui appellent désormais n’importe quelle course un « trail ». Voici donc un petit tableau récapitulatif.

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Rencontre avec Céline Lafaye

Non, ce n’est pas parce que je trottine de temps en temps avec Céline que je ne suis pas impartiale.

Non, ce n’est pas parce que je crois halluciner quand je la vois sautiller devant moi tout en papotant que je ne suis pas objective.

Mais oui, je suis une admiratrice de Céline qui cumule les victoires et les podiums comme d’autres collectionnent les capsules de bière.

Récemment parue dans le magazine Jogging International, voici l’interview que j’ai réalisée de celle qui possède sans nul doute le palmarès le plus dense du trail court français.

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Alors que de nombreux coureurs se lancent dans les longues distances, tu persistes sur les formats plus courts. Pourquoi ce choix ?

« Je ne me cantonne pas seulement aux formats courts puisque je monte jusqu’à une quarantaine de kilomètres, par exemple sur le trail long du Ventoux ou le marathon du Mont Blanc. J’aime avant tout courir. Je n’ai pas envie de randonner, tout comme je n’éprouve pas de plaisir à garder les pieds dans les baskets plus de 5 heures d’affilée. Je regrette que les longues distances soient mieux considérées que le trail court. » 

Comment t’entraînes-tu ?

« Pour préparer un trail court, je pratique l’entraînement croisé en associant course à pied et vélo de route. Je trouve que le vélo permet de changer d’activité et d’état d’esprit. Le plaisir est différent et les chocs sont moindres. Parfois je préfère rouler que courir. Il faut dire que la région de Grenoble est particulièrement propice à la pratique du cyclisme. Associer trail et vélo permet d’atteindre un bon équilibre. »

Quel regard portes-tu sur l’évolution du trail féminin ?

« Ces dernières années, le niveau du trail féminin a beaucoup augmenté, surtout en skyrunning. A une époque, le niveau était beaucoup plus dilué qu’aujourd’hui. Quand je vois les performances de Stevie Kremer, Maude Mathys ou Elisa Desco, je déplore que leurs résultats ne soient pas plus valorisés. » 

Plus globalement, comment considères-tu le trail aujourd’hui ?

« Le calendrier regorge de courses. C’est bien pour les coureurs, mais il arrive que des épreuves ne réunissent pas grand monde. A contrario, certaines épreuves de masse ne garantissent pas pour autant la qualité : parfois, sur de grosses courses, il y a très peu de coureurs de bon niveau. On finit par perdre la notion même de performance. Par ailleurs, la question de l’argent est problématique. D’un côté, on a des épreuves très chères dont l’objectif est d’être rentables. De l’autre, il est fréquent d’entendre qu’il ne devrait pas y avoir de primes pour les vainqueurs, que l’esprit originel de la discipline est détourné. Ce type de polémique n’existe pas dans d’autres sports où l’argent est pourtant omniprésent. » 

Quels conseils donnerais-tu au lecteur ?

« En matière d’entraînement, respectez des phases de repos car ce dernier fait partie de l’entraînement. N’en faites pas trop et contentez-vous de deux séances de fractionné par semaine. En course, écoutez vos sensations et gardez toujours le moral ! Une course n’est jamais ni gagnée, ni perdue tant qu’on n’a pas franchi la ligne d’arrivée. Quant au matériel, le point le plus important, ce sont les chaussures. Vous seul pouvez savoir quel modèle est le plus adapté pour vous. Il faut tester… et ne pas hésiter à se faire conseiller dans un magasin spécialisé. A titre personnel, je trouve que les X-Talon 200 d’Inov-8 sont géniales : elles offrent une excellente accroche sur tous les terrains. Souples et légères (elles pèsent seulement 200 g), elles sont idéales pour tous les coureurs qui recherchent la vitesse. Ce sont les meilleures chaussures que j’aie jamais eues, mais elles peuvent manquer d’amorti pour certains.

Outre une championne de trail, tu es aussi chercheur en biologie. En quoi consiste ton travail ?

« Je suis effectivement chercheur en biologie, mais aujourd’hui je suis surtout chercheur d’emploi ! Mon contrat s’est terminé récemment, alors je suis en quête d’un poste ou d’un nouveau projet professionnel. En tout cas, le domaine de la recherche a un avantage indéniable : la flexibilité des horaires. Quand j’étais au CEA de Grenoble, je pouvais m’organiser comme je le souhaitais, ce qui était très pratique pour m’entraîner. Je travaillais sur des protéines fluorescentes utiles pour l’imagerie médicale. »

 

Céline Lafaye en bref
Née le 9 décembre 1981
Chercheur en biologie – actuellement en recherche d’emploi

Palmarès rapide
Vainqueur du Trail Tour National en 2010, 2011, 2013, 2014 et 2015
9e au marathon alpin de Zegama en 2013
3e à Sierre Zinal en 2011
Championne de France de trail court en 2013

 

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Websérie : Se lancer un nouveau défi ! Episode 2 : semi-marathon et trail court

Objectif : augmenter le volume

Pour passer sur semi-marathon ou des épreuves nature d’une vingtaine de kilomètres, il est nécessaire d’augmenter votre volume d’entraînement. « Cette augmentation doit être essentiellement répartie entre l’endurance fondamentale et l’endurance active, cette dernière se situant entre les seuils aérobie et anaérobie », explique Julien Rancon. « Le travail de VMA doit être maintenu. L’objectif de l’entraînement spécifique est d’améliorer son endurance à des intensités hautes afin de soutenir le plus longtemps possible un pourcentage élevé de VMA ou VO2 max. »  

En d’autres termes, pour bien préparer un semi-marathon, le travail à des intensités comprises entre 80 et 90 % de VMA est essentiel, que vous soyez un coureur débutant ou expérimenté. Les plans d’entraînement sont définis et personnalisés en fonction du chrono visé.

Améliorer votre économie de course

Le raisonnement est logique : plus la distance augmente, plus l’économie de course doit être privilégiée. Une posture plus économique a un impact à la fois sur la performance et sur la fatigue. Un geste parasite répété pendant 40 minutes a moins de conséquences que le même geste réitéré pendant 1h30. « La foulée doit s’adapter mais c’est très personnel, donc il est difficile de donner des conseils précis. Toutefois la foulée s’adapte naturellement à la durée de l’effort », estime Julien Rancon.

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Pendant l’une de vos sorties, concentrez-vous pendant 5 minutes par exemple sur la position de vos bras, ou sur la pose de votre pied au sol, ou encore sur l’inclinaison de votre buste : essayez de maîtriser votre posture et de l’améliorer, sans pour autant radicalement modifier votre foulée. L’idéal est d’avoir un œil extérieur pour vous aider à identifier vos défauts, voire de vous filmer.

 

Adapter la filière énergétique

Sur des distances égales ou inférieures à 10 km, la majeure partie de l’énergie nécessaire provient des réserves en glycogène musculaire et hépatique (glycogénolyse). Mais sur des distances supérieurs à 10 km, une partie de l’énergie provient généralement de la dégradation des lipides (lipolyse). L’entraînement doit donc permettre d’améliorer cette filière lipidique.

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Entraînez-vous en endurance, c’est-à-dire à des intensités faibles mais sur des durées importantes. Vous devez donc travailler au niveau de votre seuil aérobie ou en-dessous.

 

S’entraîner sur le terrain adapté

Plus la distance augmente, plus le nombre d’impacts au sol augmente et plus les microlésions musculaires sont nombreuses et intenses. « L’entraînement doit donc permettre de renforcer le muscle de manière à limiter ces microlésions », précise Julien Rancon. « Il me paraît primordial d’effecteur certaines séances sur le type de sol que l’on rencontrera le jour de la compétition. Et cela est d’autant plus important lorsque l’épreuve comporte du dénivelé. »

Ce qui signifie que vous devez régulièrement vous entraîner :

  • sur du bitume si vous préparez une épreuve sur route,
  • sur des chemins (terre, cailloux…) si vous préparez un trail.

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Au moins une fois par semaine, réalisez une séance spécifique sur le terrain que vous rencontrerez le jour de la compétition. Effectuez votre séance de fractionné sur une route ou une piste cyclable si vous êtes inscrit sur un semi-marathon. Prévoyez un parcours vallonné et des sentiers plus ou moins techniques si vous préparez un trail ; pensez également à travailler en descente car vos muscles doivent s’habituer à ce type de sollicitation.

Le conseil de Benjamin Malaty : « Réaliser les 2/3 des séances hebdomadaires sur terrain souple permet de moins se faire mal. »

 

Une nécessité : gérer !

L’erreur classique du débutant sur semi-marathon ? Partir à une allure trop élevée. Oubliez vos réflexes acquis sur 10 km et pensez à l’essentiel : gérer votre allure et soyez régulier. « Les premiers kilomètres devront être perçus comme ‘’faciles’’. A partir du 15e kilomètre, la course devient difficile et le mental doit permettre de surmonter cette phase éprouvante », conseille Julien Rancon. Evitez donc de vous brûler les ailes sur la première moitié de course et calmez vos ardeurs : vous avez de longs kilomètres devant vous et vous pourrez toujours adapter votre allure à vos sensations. Si vous avez défini un plan de marche avec des temps de passage précis, efforcez-vous de les respecter (sans aller plus vite sur les 15 premiers kilomètres) et ne laissez pas un léger décalage vous miner le moral !

 

Conseils nutritionnels

La stratégie nutritionnelle sera forcément différente si vous faites partie de la tête du peloton ou des tréfonds des classements. Pourquoi ? Tout simplement parce que vous aurez beau préparer la même distance, vous ne courrez pas pendant la même durée ! Le stock de glycogène est un important facteur de performance. Vous devez donc veiller à remplir ce stock pendant les 72 heures précédant le départ. « Pour surcompenser un peu ce stock, on peut aménager un peu le fameux régime dissocié scandinave : on réduit de 30 % l’apport normal de glucides entre J-6 et J-3 puis on augmente de 30 % les glucides pendant les trois derniers jours », conseille Julien Rancon. « Durant la course, il est également possible de repousser un peu la déplétion du glycogène par la prise de glucides (boissons ou gels) en tenant compte de leur délai d’assimilation. » Après la course, pensez à la régénération musculaire en veillant à vos apports protéiniques.

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Les championnats de France de trail vus par Céline Lafaye

A Buis-les-Baronnies, on connaît bien le trail. Depuis des années, on a l’habitude de voir débouler des milliers de coureurs équipés de tout l’attirail du parfait trailer. Le village, habituellement si paisible, se transforme alors en véritable fourmilière. Le Trail Drôme, qui se déroule chaque année en avril, a cette année un frère jumeau : les championnats de France, qui auront lieu ce dimanche. De nombreux spécialistes du trail court (23 km) ont ainsi repéré les lieux dès le printemps, tandis que les adeptes du trail long (60 km) découvriront le parcours tracé par les organisateurs.

Céline Lafaye, vainqueur des plus grandes épreuves en France et favorite pour le titre, nous confie ses impressions à quelques heures du coup d’envoi des deuxièmes championnats de France orchestrés par la FFA.

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La densité est élevée sur trail court cette année. Peux-tu dresser un petit panorama de tes principales concurrentes (leurs qualités, ce que tu redoutes éventuellement chez elles, celle qui pourrait surprendre tout le monde…) ? 
« Cette année, sur le trail court féminin, c’est un peu un championnat de france de course en montagne version longue ! Finalement, le trail court et la course en montagne sont vraiment très proches. Pour preuve : le Nid d’Aigle, à Saint Gervais, est considéré comme une course en montagne, alors que le kilométrage y est plus important que ce que l’on va courir dimanche…
Il y aura un niveau très relevé. Je pense qu’il ne va pas manquer beaucoup de monde, ce qui est très bien car cela valorise les performances. Les filles les plus fortes seront Christel Dewalle et Aline Camboulives, respectivement deuxième et première aux championnats de France de course en montagne cette année. Cela préfigure une belle bagarre… et toutes deux ont leur chance pour la victoire ! Il y aura également Lucie Jamsin, troisième aux championnats de France course en montagne, qui est très forte sur des parcours allant jusqu’à 15 km. Elle n’a pas fait beaucoup de distances plus longues mais je pense bien qu’elle doit également tirer son épingle du jeu. Ensuite, on est un petit groupe avec un niveau comparable : Célia Chiron, Adélaïde Panthéon, Elisa Bollonjeon, Séverine Bovero… et bien d’autres, je n’en doute pas ! Donc cela sera déjà très bien d’être dans les cinq et super de se retrouver sur le podium ! Je pense que si Elisa est dans un bon jour, elle peut créer la surprise car peu de personnes la connaissent mais elle a vraiment un potentiel énorme. »
Tu as déjà remporté de multiples titres nationaux. Eprouves-tu toujours la même envie de te battre pour la première place ? Une certaine lassitude ne s’installe-t-elle pas puisque, au fond, tu as déjà prouvé que tu dominais la discipline en France ? 
« J’ai remporté une seule fois un titre national : l’an dernier lors de la première édition du championnat de France de trail court. Et même s’il y avait du niveau en 2013, cela reste incomparable avec cette année. Finalement, je suis bien contente de voir que la concurrence sera là, car cela m’enlève un peu de pression. Je sais que « normalement » je ne serai pas devant… mais je n’ai rien à perdre, donc j’y vais battante, sans complexes ! Je ferai de mon mieux pour être aux avant-postes. Concernant la lassitude, il est vrai que je suis sur le TTN depuis quelques années. La saison prochaine, je ne le referai certainement pas. J’ai effectivement envie de changer d’air… Le championnat de France reste toutefois très important car il clôture le challenge et, pour le moment, je suis en tête. Une bonne place me permettrait de gagner le TTN. »
Peux-tu caractériser rapidement le parcours de ces championnats ? 
« C’est une course que j’aime beaucoup, même si en avril, j’ai eu un petit souci qui m’a contrainte à arrêter au bout d’un kilomètre. Par conséquent, le parcours n’est pas très précis dans ma mémoire. Mais ce que je retiens, c’est un parcours très agréable et très nature. Il est assez varié, avec beaucoup de changements de rythmes, sans réelle difficulté majeure, mais toujours en relance. Quelques passages sont assez raides, d’autres beaucoup plus roulants, dont les derniers kilomètres. Je pense que la fraîcheur de fin de course aura son importance. En ce qui concerne le terrain, Il y a beaucoup de cailloux qui rendent quelques descentes un peu techniques. Et surtout le cadre est magnifique ! »
Plus globalement, que penses-tu de la création récente de championnats de France de trail encadrés par la FFA ? Est-ce une bonne chose à tes yeux ? Pourquoi ? 
« Je trouve que c’est une très bonne chose car le trail est devenu une réelle discipline comme le 10 km ou la course en montagne. Elle compte de plus en plus d’adeptes en France. Le fait d’avoir mis en place un championnat de France sur une épreuve permet d’avoir au moins une course dans l’année avec un réel niveau. En effet, il y a tellement de courses dans l’année que le niveau est souvent dilué. Là, au moins, il y a tout le monde et on va voir qui est le vrai champion ! »

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4 questions à Séverine Bovero : « aller jusqu’au bout de mes objectifs sur du court cette saison »

Elle est indéniablement l’étoile montante du trail court hexagonal. En s’immisçant dans la hiérarchie nationale de la discipline, elle introduit une dose de suspense bienvenu dans le TTN, archi-dominé jusqu’à la saison dernière par Céline Lafaye (team Scott Odlo Les Saisies). De qui s’agit-il ? Bien évidemment de Séverine Bovero, pensionnaire du team Terre de Running ! Interview. 

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Depuis le début de la saison, Céline Lafaye et toi jouez au chat et à la souris : vous vous poursuivez mutuellement d’une manche à l’autre du TTN, ce qui crée une émulation très positive. Comment ressens-tu cette lutte avec celle qui a longtemps été intouchable sur trail court ?

 « Effectivement, le TTN court se joue essentiellement entre Céline et moi cette année et nous prenons plaisir à nous retrouver sur chaque étape. Céline a commencé la saison un peu difficilement, alors que je sortais de la saison de cross et que la forme était là dès les mois de février-mars. Depuis les deux étapes du TTN à Ambazac puis à Gérardmer, Céline a largement retrouvé la forme. Quant à moi, les sensations sont un peu moins bonnes… Il faut reconstruire la confiance à chaque compétition en sachant que, cette année, de nombreuses jeunes arrivent sur le circuit et le niveau monte ! »

 Quelles sont tes ambitions pour cette saison 2014 ?

« La deuxième place au TTN sera à confirmer après les championnats de France, mais compte tenu des précédentes étapes, cela devrait bien se passer de ce côté-là. Pour les France, la concurrence s’annonce rude. Sur un trail court tel que celui de Buis-les-Baronnies, les spécialistes de course en montagne et de kilomètre vertical ainsi que les triathlètes auront des cartes à jouer. Cela fera une belle course et un podium serait une grande satisfaction pour moi. »

Comment t’entraînes-tu ?

« Depuis cette année, Pascal Balducci encadre un peu mes entraînements. J’ai du mal à suivre un programme et, surtout, je rentabilise mes séances car je ne fais pas énormément de volume. Mon passé de triathlète m’incite à varier les activités et à inclure dans mon planning du VTT, du vélo de route, de la natation et de la course d’orientation. Je fais en général 4 séances à pied, voire 5 pendant les grosses semaines. »

Alors que le monde du trail tend à valoriser les longues distances, tu as choisi le trail court. Pourquoi ? Ce type d’effort te convient-il particulièrement bien ? Envisages-tu de tenter des distances plus longues à terme ?

« Le monde du trail valorise effectivement le long depuis quelques années, mais il n’est pas dit que cela ne change pas car les performances viennent aussi maintenant de la vitesse de course sur des distances plus courtes et cela fait de belles épreuves à suivre. Mon volume d’entraînement ne me permet pas de m’aligner pour l’instant sur des distances plus longues. Je vais tenter peut-être quelques formats marathons, mais pas plus long. C’est vrai que lorsque je vois la jeunesse arriver sur le court, et surtout le niveau d’exigence pour tenir les premières places, j’aimerais parfois partir sur des épreuves plus longues afin de pouvoir gérer mon effort plutôt qu’être au taquet du début à la fin ! Mais le long a aussi ses contraintes… Cette année, j’ai réussi à progresser en vitesse. Je souhaite aller jusqu’au bout de mes objectifs sur du court cette saison. »

Séverine Bovero

Club : AS St Julien 74
Entraîneur : Pascal Balducci
Age : 37 ans
Profession : professeur d’EPS
Lieu de résidence : Saint Etienne
Débuts dans le trail : il y a trois ans.
Antécédents sportifs : gymnaste à la base, puis triathlète de 17 à 21 ans, puis raids multisports, courses d’orientation et ski de fond.
Palmarès : 3e aux championnats de France de trail court 2013, 2e du TTN Court 2012 et 2013, vainqueur du Trail des Lacs 2013, vainqueur de la Via Romana 2012, vainqueur du Trail Givré 2014 et du Trail des Cabornis 2014.

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L’impitoyable loi du silence (médiatique)

Plus de doute : la saison de trail a bel et bien recommencé ! Le calendrier du week-end fraîchement terminé témoigne de la vigueur de la discipline. Petites et grandes épreuves, courses locales et nationales, courtes et longues distances : il y avait vraiment de quoi satisfaire tous les coureurs ! Dans ce paysage foisonnant, deux courses retenaient toutefois mon attention : le Trail du Ventoux et le Trail du Petit Ballon. Pourquoi ? Parce que le premier est devenu incontournable, réunissant chaque année une belle brochette de trailers chevronnés et faisant partie du Skyrunning Series. Et parce que le second n’était autre qu’une manche du Trail Tour National courte distance.

Impatiente de connaître les résultats des deux courses (dans lesquelles des amis et connaissances étaient en lice), je furetais donc hier sur le web en quête d’informations et de résultats. Je tombais facilement sur le suivi en live du Trail du Ventoux, la liste des premiers arrivants et des résumés de l’événement. Mais le Trail du Petit Ballon… apparemment inconnu au bataillon ! Ce matin, en naviguant de nouveau sur divers sites, mes yeux se sont encore agrandis d’étonnement : tout pour le Ventoux, (presque) rien pour le Petit Ballon. D’accord, le plateau du Ventoux était sans nul doute beaucoup plus dense que celui de Rouffach. D’accord, le Ventoux bénéficie d’une aura prestigieuse parce qu’il a toujours réuni la fine fleur du trail français et qu’il se déroule sur les pentes d’une montagne mythique. Mais pourquoi les médias spécialisés choisissent-ils d’occulter une manche de la coupe de France de trail ? Quels sont leurs critères éditoriaux ?

Cette inégalité de traitement médiatique suscite en moi une profonde tristesse pour ceux qui ont porté un dossard au Petit Ballon. Elle me pousse également à m’interroger sur la coexistence de circuits concurrents dans le monde du trail running. Quelle place le TTN peut-il se frayer dans la jungle des Skyrunning series, de l’Ultra Trail World Tour et de la multiplication des challenges ? Le skyrunning exerce un pouvoir d’attraction croissant sur les leaders français et mondiaux du trail, tout comme les ultras séduisent de plus en plus de cadors, les courtes distances ayant moins la cote auprès des sponsors et des médias (le qualificatif « court » étant tout relatif car une vingtaine de kilomètres en montagne n’est pas ce que le commun des mortels qualifierait spontanément de « court » !).  Bref, que les médias procèdent à des choix éditoriaux est somme toute normal. Mais que quasiment tous passent sous silence une manche de la coupe de France m’interpelle : comment valoriser un titre et un circuit nationaux dans ces conditions ? Comment réintroduire du prestige dans le TTN si les meilleurs spécialistes préfèrent (logiquement) s’aligner sur des manches de skyrunning, plus médiatisées donc plus convaincantes pour les sponsors ? Non, les médias ne sont certainement pas seuls en cause, mais ils possèdent une réelle force : en publiant des informations, ils marquent les esprits, ils provoquent des émotions, ils créent du buzz aussi. Et cette force est telle qu’ils peuvent autant élever un champion ou un événement au rang de star que l’enterrer. Au-delà de ce que je peux penser de la FFA et de sa manière de gérer le trail, j’ose espérer que le silence qui a entouré le Trail du Petit Ballon n’était pas le début du requiem du TTN.

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Courir en montagne : une histoire d’additions !

Pour le néophyte, l’univers du trail running est franchement nébuleux. Entre course de montagne, trail court, trail long, ultra, urban trail et trail blanc, il y a de quoi avoir envie de reprendre les bonnes vieilles baskets de route pour retrouver les jalons rassurants d’un 10 km ou d’un semi-marathon. Pour simplifier un peu les choses, on peut différencier ces disciplines à l’aide d’additions. Bienvenue au pays du trail mathématique !

  • La course de montagne

La définition qu’en donne la FFA est claire et précise :

« Les courses en montagne font partie des ‘‘courses de pleine nature’’. Ce sont des épreuves en milieu montagnard, présentant un minimum de dénivelé de 500 mètres et un écart minimum entre point bas et point haut de 300 mètres. Il est recommandé aux organisateurs de restreindre la distance à une durée de 1 heure à 1 heure 15 pour les premiers, respectant en cela le format ‘‘athlétique’’ de cette discipline organisée au niveau mondial, et surtout d’éviter tout passage dangereux ou sol instable. »

Le coureur de montagne doit être complet : qualités de vitesse, capacité de grimpe, aisance en descente.

COURSE DE MONTAGNE = VITESSE + TECHNIQUE + VOLUME MOYEN D’ENTRAINEMENT

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  • Le trail court

Là encore, la FFA propose une définition officielle : il s’agit des épreuves dont la distance est comprise entre 21 et 41 km, avec une dénivelée positive généralement supérieure à 1000 m.

Le coureur de trail court doit posséder sensiblement les mêmes qualités que le coureur de montagne.

TRAIL COURT = VITESSE + VOLUME MOYEN D’ENTRAÎNEMENT

  • Le trail long

Sous cette dénomination, se cache une vaste palette d’épreuves. La FFA estime qu’un trail peut être qualifié de long dès lors que sa distance est comprise entre 42 et 80 km.

On comprend vite que les qualités requises pour couvrir la distance d’un marathon avec dénivelée diffèrent des capacités nécessaires pour avaler 80 km en montagne ! Les seuls paramètres athlétiques habituels ne suffisent plus. Il faut aussi tenir compte de la force mentale, de la résistance physique, de la gestion de l’alimentation et de l’hydratation.

TRAIL LONG = MENTAL + VOLUME ELEVE D’ENTRAÎNEMENT + GESTION DE L’ALIMENTATION EN COURSE + CAPACITE DE L’ORGANISME A SUPPORTER UN EFFORT DE LONGUE DUREE

  • L’ultratrail

A la mode, l’ultra lance des défis plutôt fous aux trailers : courir une centaine de kilomètres (voire bien davantage) en montagne. Incarné par le mythique UTMB, ce type d’épreuve exige bien d’autres qualités que la seule capacité à courir. Disponibilité pour s’entraîner, mental d’acier, gestion précise de l’alimentation en course, gestion du matériel… Un ultra, ça ne s’improvise vraiment pas !

ULTRATRAIL = MENTAL + VOLUME TRES ELEVE D’ENTRAÎNEMENT + GESTION DE L’ALIMENTATION EN COURSE + GESTION DU MATERIEL EN COURSE + ACCEPTATION DE LA MARCHE

  • L’urban trail

A priori contradictoire avec l’esprit fondateur du trail (évoluer en pleine nature sur un parcours accidenté), l’urban trail rencontre toutefois un franc succès depuis plusieurs années. Le principe ? Imaginer des itinéraires en ville en sillonnant les espaces verts, les volées d’escaliers, les buttes…

Exigeant, l’urban trail nécessite habileté, rapidité, capacité à changer de rythme et puissance. Sur ces parcours nerveux, les coureurs rapides et costauds sur le plan musculaire se font plaisir !

URBAN TRAIL = VELOCITE + RESISTANCE + ADRESSE + CAPACITE DE RELANCE

  • Le trail blanc

Comme son petit nom l’indique, le trail blanc consiste à courir un trail sur neige. L’originalité (qui est aussi une difficulté) de ce type d’épreuve tient évidemment à son terrain. Neige épaisse ou croûtée, zones verglacées, appuis instables, froidure… les conditions de course sont franchement différentes des trails habituels ! Elles impliquent d’ailleurs une dépense d’énergie accrue et peuvent accroître le risque de blessure.

TRAIL BLANC = ENTRAÎNEMENT SUR LA NEIGE + PUISSANCE MUSCULAIRE + GESTION DU FROID

Bien évidemment, ces additions de paramètres simplifient à outrance les qualités requises pour chaque discipline. Leur avantage ? Elles permettent de mieux cerner les différences entre les composantes de la nébuleuse qu’est le trail running. Et encore, on ne parle pas ici du skyrunning, du kilomètre vertical, du trail des sables et du trail par étapes… La suite (peut-être) au prochain épisode !  😉