A Buis-les-Baronnies, on connaît bien le trail. Depuis des années, on a l’habitude de voir débouler des milliers de coureurs équipés de tout l’attirail du parfait trailer. Le village, habituellement si paisible, se transforme alors en véritable fourmilière. Le Trail Drôme, qui se déroule chaque année en avril, a cette année un frère jumeau : les championnats de France, qui auront lieu ce dimanche. De nombreux spécialistes du trail court (23 km) ont ainsi repéré les lieux dès le printemps, tandis que les adeptes du trail long (60 km) découvriront le parcours tracé par les organisateurs.

Céline Lafaye, vainqueur des plus grandes épreuves en France et favorite pour le titre, nous confie ses impressions à quelques heures du coup d’envoi des deuxièmes championnats de France orchestrés par la FFA.

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La densité est élevée sur trail court cette année. Peux-tu dresser un petit panorama de tes principales concurrentes (leurs qualités, ce que tu redoutes éventuellement chez elles, celle qui pourrait surprendre tout le monde…) ? 
« Cette année, sur le trail court féminin, c’est un peu un championnat de france de course en montagne version longue ! Finalement, le trail court et la course en montagne sont vraiment très proches. Pour preuve : le Nid d’Aigle, à Saint Gervais, est considéré comme une course en montagne, alors que le kilométrage y est plus important que ce que l’on va courir dimanche…
Il y aura un niveau très relevé. Je pense qu’il ne va pas manquer beaucoup de monde, ce qui est très bien car cela valorise les performances. Les filles les plus fortes seront Christel Dewalle et Aline Camboulives, respectivement deuxième et première aux championnats de France de course en montagne cette année. Cela préfigure une belle bagarre… et toutes deux ont leur chance pour la victoire ! Il y aura également Lucie Jamsin, troisième aux championnats de France course en montagne, qui est très forte sur des parcours allant jusqu’à 15 km. Elle n’a pas fait beaucoup de distances plus longues mais je pense bien qu’elle doit également tirer son épingle du jeu. Ensuite, on est un petit groupe avec un niveau comparable : Célia Chiron, Adélaïde Panthéon, Elisa Bollonjeon, Séverine Bovero… et bien d’autres, je n’en doute pas ! Donc cela sera déjà très bien d’être dans les cinq et super de se retrouver sur le podium ! Je pense que si Elisa est dans un bon jour, elle peut créer la surprise car peu de personnes la connaissent mais elle a vraiment un potentiel énorme. »
Tu as déjà remporté de multiples titres nationaux. Eprouves-tu toujours la même envie de te battre pour la première place ? Une certaine lassitude ne s’installe-t-elle pas puisque, au fond, tu as déjà prouvé que tu dominais la discipline en France ? 
« J’ai remporté une seule fois un titre national : l’an dernier lors de la première édition du championnat de France de trail court. Et même s’il y avait du niveau en 2013, cela reste incomparable avec cette année. Finalement, je suis bien contente de voir que la concurrence sera là, car cela m’enlève un peu de pression. Je sais que « normalement » je ne serai pas devant… mais je n’ai rien à perdre, donc j’y vais battante, sans complexes ! Je ferai de mon mieux pour être aux avant-postes. Concernant la lassitude, il est vrai que je suis sur le TTN depuis quelques années. La saison prochaine, je ne le referai certainement pas. J’ai effectivement envie de changer d’air… Le championnat de France reste toutefois très important car il clôture le challenge et, pour le moment, je suis en tête. Une bonne place me permettrait de gagner le TTN. »
Peux-tu caractériser rapidement le parcours de ces championnats ? 
« C’est une course que j’aime beaucoup, même si en avril, j’ai eu un petit souci qui m’a contrainte à arrêter au bout d’un kilomètre. Par conséquent, le parcours n’est pas très précis dans ma mémoire. Mais ce que je retiens, c’est un parcours très agréable et très nature. Il est assez varié, avec beaucoup de changements de rythmes, sans réelle difficulté majeure, mais toujours en relance. Quelques passages sont assez raides, d’autres beaucoup plus roulants, dont les derniers kilomètres. Je pense que la fraîcheur de fin de course aura son importance. En ce qui concerne le terrain, Il y a beaucoup de cailloux qui rendent quelques descentes un peu techniques. Et surtout le cadre est magnifique ! »
Plus globalement, que penses-tu de la création récente de championnats de France de trail encadrés par la FFA ? Est-ce une bonne chose à tes yeux ? Pourquoi ? 
« Je trouve que c’est une très bonne chose car le trail est devenu une réelle discipline comme le 10 km ou la course en montagne. Elle compte de plus en plus d’adeptes en France. Le fait d’avoir mis en place un championnat de France sur une épreuve permet d’avoir au moins une course dans l’année avec un réel niveau. En effet, il y a tellement de courses dans l’année que le niveau est souvent dilué. Là, au moins, il y a tout le monde et on va voir qui est le vrai champion ! »

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