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Petit guide pour se repérer dans la galaxie du trail

C’est en me baladant en montagne avec une copine, puis en me perdant dans les méandres de Facebook, que j’ai pris conscience d’une réalité : les trailers ne savent pas forcément ce qui différencie la course en montagne, le trail court, long, ultra, urbain et blanc. Il faut dire que la galaxie du trail running est plutôt dense et que les coureurs ne sont guère aidés par les organisateurs qui appellent désormais n’importe quelle course un « trail ». Voici donc un petit tableau récapitulatif.

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Sophie Gagnon : l’outsider prometteuse

Elle ne faisait pas figure de favorite, loin de là. Elle n’était pas mentionnée dans les communiqués de presse, ni dans l’immense majorité des articles présentant les stars en lice. Nous étions pourtant une jolie poignée de Grenoblois à savoir. A savoir que Sophie ne porte pas un tel nom de famille pour rien. En attendant que la nouvelle pensionnaire de l’équipe de France de trail revienne de ses vacances bien méritées et réponde à une interview, retour sur l’itinéraire de celle qui, pour moi, est bien plus qu’une championne puisqu’elle est avant tout une amie. 

C’est en 2011 que je rencontre Sophie, non pas sur un sentier, mais au bord d’une piste en tartan, à Grenoble. A l’époque, je tente d’émerger d’une longue et difficile période de blessure qui a marqué la fin de ma modeste carrière de marcheuse athlétique. La course en montagne est alors une perspective séduisante, pleine de promesses d’évasion et de sensations radicalement différentes de celles que j’ai éprouvées pendant près de 15 ans sur les pistes d’athlétisme et les circuits ultra-plats en bitume. Bref, je débarque en septembre 2011 dans le groupe de trail et course en montagne de l’Entente Athlétique Grenoble avec une envie dévorante de courir. Et je tombe sur Sophie, petit bout de femme dynamique qui me raconte très vite sa passion pour tous les sports : escalade, VTT, surf des mers, snowboard, raid multisports… La liste de ses activités sportives est longue ! Pourtant cette Bourguignonne d’origine s’est retrouvée un peu par hasard sur les sentiers de la Terra Modana en 2008. Séduite par l’ambiance et le type d’effort qu’est le trail, Sophie décide de se lancer dans la discipline. Depuis, elle n’a plus quitté les baskets et s’entraîne avec enthousiasme et rigueur.

Se contenter de courir ? Sophie en est tout simplement incapable ! « Je suis hyperactive, je ne tiens pas en place », affirme-t-elle en riant lorsque je l’interviewe en 2012. Alors elle nage, pédale sur la route et dans les bois, fréquente une salle de sports… et assume en même temps un poste à responsabilité dans l’industrie chimique. « Ce ne sont pas des entraînements que je subis chaque jour, loin de là », assure la Grenobloise d’adoption. « Je ne suis pas une acharnée. Bouger est un besoin et une détente. Non, je ne me prends pas au sérieux ! »

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Sophie Gagnon au chalet de l’Aulp (MaXi-Race 2016), en route vers la 2e place féminine et sa 1ère sélection en équipe de France.

Ce qui était vrai en 2012 l’est encore aujourd’hui. Sophie continue à fréquenter assidûment son club et à trotter au sein du groupe coaché par Rémy Marcel. Elle ne parade pas le moins du monde en parlant à tout va de ses performances, mais reste simple et humble. Un détachement d’autant plus épatant que Sophie aurait toutes les raisons de se considérer comme un petit prodige après avoir vécu quelques saisons extrêmement fastes. A peine deux ans après son premier trail, elle cumule les succès en 2010 : victoire à la Terra Modana, victoire aux Drayes du Vercors, 3e au Trail Drôme Lafuma et au Challenge Hero, 4e à la CCC et à la Saintélyon. La machine est lancée ! Malheureusement, quelques soucis de santé freinent son élan il y a deux ans, mais la force de caractère dont elle fait preuve, ses capacités physiques et sa passion pour le trail lui permettent de revenir encore plus forte. Elle décroche ainsi la 3e place du TTN Long en 2015 avant de planifier une saison 2016 ambitieuse. L’hiver passé sur les champs boueux de cross-country confirme son état de forme et laisse augurer une saison de trail en fanfare.

Nous sommes quelques-uns autour d’elle à savoir ce dont elle est capable. Peu de spécialistes connaissaient Sophie la discrète… jusqu’à ce qu’elle réalise un hold-up remarquable samedi dernier sur la MaXi-Race et décroche son ticket pour les championnats du monde en octobre prochain.

Mais ce n’est pas parce qu’elle devient pensionnaire de l’équipe de France que Sophie changera d’un iota. Simple elle est, simple elle restera. Fidèle à sa philosophie : « J’adore la montagne. Au bout d’un moment, on déconnecte complètement, on oublie tout, on est immergé dans la nature sans penser au chronomètre. » Fidèle à ce qui fait d’elle une battante – et (désolée du jeu de mots trop facile) une « Gagnonte » : cette capacité à aller au bout d’elle-même qui contraste singulièrement avec son sourire lumineux et sa foulée sautillante. Un conseil : suivez bien cette fille-là (enfin, pas sur les chemins, elle court trop vite) car c’est sûr, elle n’a pas fini de nous étonner !

 

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Websérie : se lancer un nouveau défi ! Episode 3 : marathon et trail long

L’erreur classique du marathonien néophyte

Grand habitué des épreuves sur piste (3’52’’ sur 1500 m, 8’20’’ sur 3000 m, 30’03’’ sur 10 000 m), Yannick Kerloch s’est essayé au marathon le 21 avril 2013 à Annecy. Malgré sa riche expérience d’athlète, il n’a pu éviter l’écueil classique dans lequel tombent de nombreux marathoniens néophytes. Parti trop vite, Yannick Kerloch s’est laissé griser par ses bonnes sensations jusqu’à littéralement exploser au 27e kilomètre. « Je n’avançais plus et je plafonnais à 4’ au kilomètre. C’était terrible ! » confiait-il à l’arrivée de ce premier marathon dont il sortait malgré tout en 6e position et en 2h30’57’’. Sa résolution ? « La prochaine fois, je serai plus prudent. »

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Pour définir votre allure sur marathon, vous pouvez :

  • faire un test d’effort sur tapis roulant,
  • faire un test VMA,
  • intégrer un groupe d’entraînement encadré par un coach diplômé,
  • définir la fréquence cardiaque à laquelle vous serez capable de tenir plus de 40 km, par exemple en réalisant un test sur 2×20’ courues en ayant le sentiment d’être « facile ».

 

L’effet « mur » du 30e kilomètre

Ah, le fameux « mur » du 30e kilomètre ! Tous les marathoniens en parlent, soit parce qu’ils le redoutent, soit parce qu’ils en ont fait l’amère expérience !

« Il s’agit moins d’un problème de kilométrage que d’une question de taux de transfert », explique Jack Peyrard. « Après une phase d’euphorie, pendant laquelle on se sent léger et qui correspond à la phase de quasi-épuisement des réserves du foie, c’est un véritable coup de bambou qui affecte le coureur, qu’il soit débutant ou expérimenté sur marathon. » 

En effet, lorsque le corps a épuisé les stocks en glycogène du foie, il doit fonctionner avec une autre source d’énergie. Ce changement physiologique entraîne une défaillance physique et mentale.

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Si vous êtes confronté au mur du 30e kilomètre, gérez cette phase délicate en ralentissant l’allure. Ne vous découragez pas et acceptez que votre corps subisse une défaillance.

Pour éviter ce fameux mur, la meilleure solution consiste à définir une allure adaptée avant de prendre le départ du marathon. Vous ne devez ni vous surestimer, ni vous sous-estimer. Autant dire qu’un marathon se joue bien souvent avant le départ, lors de cette définition de l’allure adéquate.

 

Pas de marathon sans envie

Autant vous mettre dans le bain tout de suite : préparer un marathon, ce n’est plus faire de simples joggings d’entretien. Vous devez avoir réellement envie de passer plusieurs heures sur la route et de vous entraîner pendant plusieurs mois en vue de l’épreuve. Avant de vous lancer sur marathon, assurez-vous d’être vraiment motivé !

 

S’entraîner en fonction de son objectif

  • Vous êtes coureur intermédiaire et vous souhaitez simplement finir votre marathon :
    Volume d’entraînement : 65 km par semaine environ, soit 3 sorties.
  • Vous êtes coureur confirmé et vous souhaitez courir votre marathon en 3h :
    Volume d’entraînement minimal : 5 séances hebdomadaires, soit 1 sortie longue + 1 VMA courte + 1 VMA longue + 2 séances au seuil.
  • Vous êtes un coureur de très bon niveau et vous voulez flirter avec la barre symbolique des 2h30 :
    Volume d’entraînement : 200 à 230 km par semaine.
    Doubler régulièrement les séances : sortie longue de 2h le matin + 1h30 l’après-midi.

Le conseil de Benjamin Malaty : « Dans tous les cas, je pense qu’il est important de maintenir une séance de VMA hebdomadaire afin d’entretenir la vitesse. Le risque du marathonien est de progressivement devenir un diesel. »

 

Les trois commandements du marathonien néophyte
Développer la condition physique
Atteindre un poids de forme
Courir aux bonnes vitesses

 

Nutrition : attention à l’hyperglycémie !

Que vous soyez coureur depuis peu ou depuis 15 ans, les longues distances ne vous sont pas familières. Vous éprouvez donc peut-être une certaine appréhension nutritionnelle : que faut-il manger au quotidien pour assumer un tel kilométrage ? Pendant la course, la fringale ne risque-t-elle pas de rendre l’épreuve insurmontable ? Donner des conseils alimentaires est toujours délicat, chaque individu étant différent et les avis des experts étant souvent divergents. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter un nutritionniste du sport qui saura vous guider.

Sur des distances égales ou supérieures à une trentaine ou une quarantaine de kilomètres, la question du ravitaillement devient cruciale. Si les athlètes de l’élite n’ont besoin que de quelques gorgées d’eau sur un marathon (ils courent à peine plus de 2h), les coureurs du peloton doivent gérer leurs apports hydriques et alimentaires pendant l’épreuve. La règle d’or n°1 est bien connue : testez toujours à l’entraînement ce que vous mangerez pendant la compétition. Pas question de faire des expérimentations hasardeuses le jour d’un marathon ou d’un maratrail !

L’un des risques majeurs en matière de ravitaillement est l’hyperglycémie. Parce que vous avez peur de subir une fringale, parce qu’avaler un gel énergétique vous rassure ou parce que vous croyez appliquer un protocole pertinent, vous surchargez votre organisme en sucres. Loin de vous apporter une énergie salvatrice, cet excès glucidique vous coupera les jambes, vous donnera des vertiges et, dans les cas extrêmes, vous fera tout simplement tomber dans les pommes. Alors ne vous gavez pas pendant une course, cela ne sert à rien !

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  • Pendant votre marathon, buvez environ 40-50 cl par heure de course.
  • Respectez le protocole de ravitaillement que vous avez défini en amont de l’épreuve (quantité et nature des apports hydriques et solides).

 

Les erreurs à ne pas commettre

  • S’entraîner aux allures d’un 10 km pour préparer un marathon.
  • Le jour de la course, partir à une allure trop rapide par rapport au plan de marche prévu.
  • Trop s’alimenter pendant la course.
  • Multiplier les marathons sur une saison au risque d’accumuler fatigue physique et mentale.
  • Le conseil de Benjamin Malaty : « Le marathon nécessite de la patience. Il ne faut pas s’emballer sur les premiers kilomètres car le ‘’mur’’ n’en sera que plus douloureux et les risques d’abandon seront démultipliés. Deux marathons par an sont amplement suffisants car le marathon est une distance épuisante physiquement et mentalement. Il faut prendre le temps de récréer le plaisir et l’envie de courir après chaque épreuve. »
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Les championnats de France de trail vus par Céline Lafaye

A Buis-les-Baronnies, on connaît bien le trail. Depuis des années, on a l’habitude de voir débouler des milliers de coureurs équipés de tout l’attirail du parfait trailer. Le village, habituellement si paisible, se transforme alors en véritable fourmilière. Le Trail Drôme, qui se déroule chaque année en avril, a cette année un frère jumeau : les championnats de France, qui auront lieu ce dimanche. De nombreux spécialistes du trail court (23 km) ont ainsi repéré les lieux dès le printemps, tandis que les adeptes du trail long (60 km) découvriront le parcours tracé par les organisateurs.

Céline Lafaye, vainqueur des plus grandes épreuves en France et favorite pour le titre, nous confie ses impressions à quelques heures du coup d’envoi des deuxièmes championnats de France orchestrés par la FFA.

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La densité est élevée sur trail court cette année. Peux-tu dresser un petit panorama de tes principales concurrentes (leurs qualités, ce que tu redoutes éventuellement chez elles, celle qui pourrait surprendre tout le monde…) ? 
« Cette année, sur le trail court féminin, c’est un peu un championnat de france de course en montagne version longue ! Finalement, le trail court et la course en montagne sont vraiment très proches. Pour preuve : le Nid d’Aigle, à Saint Gervais, est considéré comme une course en montagne, alors que le kilométrage y est plus important que ce que l’on va courir dimanche…
Il y aura un niveau très relevé. Je pense qu’il ne va pas manquer beaucoup de monde, ce qui est très bien car cela valorise les performances. Les filles les plus fortes seront Christel Dewalle et Aline Camboulives, respectivement deuxième et première aux championnats de France de course en montagne cette année. Cela préfigure une belle bagarre… et toutes deux ont leur chance pour la victoire ! Il y aura également Lucie Jamsin, troisième aux championnats de France course en montagne, qui est très forte sur des parcours allant jusqu’à 15 km. Elle n’a pas fait beaucoup de distances plus longues mais je pense bien qu’elle doit également tirer son épingle du jeu. Ensuite, on est un petit groupe avec un niveau comparable : Célia Chiron, Adélaïde Panthéon, Elisa Bollonjeon, Séverine Bovero… et bien d’autres, je n’en doute pas ! Donc cela sera déjà très bien d’être dans les cinq et super de se retrouver sur le podium ! Je pense que si Elisa est dans un bon jour, elle peut créer la surprise car peu de personnes la connaissent mais elle a vraiment un potentiel énorme. »
Tu as déjà remporté de multiples titres nationaux. Eprouves-tu toujours la même envie de te battre pour la première place ? Une certaine lassitude ne s’installe-t-elle pas puisque, au fond, tu as déjà prouvé que tu dominais la discipline en France ? 
« J’ai remporté une seule fois un titre national : l’an dernier lors de la première édition du championnat de France de trail court. Et même s’il y avait du niveau en 2013, cela reste incomparable avec cette année. Finalement, je suis bien contente de voir que la concurrence sera là, car cela m’enlève un peu de pression. Je sais que « normalement » je ne serai pas devant… mais je n’ai rien à perdre, donc j’y vais battante, sans complexes ! Je ferai de mon mieux pour être aux avant-postes. Concernant la lassitude, il est vrai que je suis sur le TTN depuis quelques années. La saison prochaine, je ne le referai certainement pas. J’ai effectivement envie de changer d’air… Le championnat de France reste toutefois très important car il clôture le challenge et, pour le moment, je suis en tête. Une bonne place me permettrait de gagner le TTN. »
Peux-tu caractériser rapidement le parcours de ces championnats ? 
« C’est une course que j’aime beaucoup, même si en avril, j’ai eu un petit souci qui m’a contrainte à arrêter au bout d’un kilomètre. Par conséquent, le parcours n’est pas très précis dans ma mémoire. Mais ce que je retiens, c’est un parcours très agréable et très nature. Il est assez varié, avec beaucoup de changements de rythmes, sans réelle difficulté majeure, mais toujours en relance. Quelques passages sont assez raides, d’autres beaucoup plus roulants, dont les derniers kilomètres. Je pense que la fraîcheur de fin de course aura son importance. En ce qui concerne le terrain, Il y a beaucoup de cailloux qui rendent quelques descentes un peu techniques. Et surtout le cadre est magnifique ! »
Plus globalement, que penses-tu de la création récente de championnats de France de trail encadrés par la FFA ? Est-ce une bonne chose à tes yeux ? Pourquoi ? 
« Je trouve que c’est une très bonne chose car le trail est devenu une réelle discipline comme le 10 km ou la course en montagne. Elle compte de plus en plus d’adeptes en France. Le fait d’avoir mis en place un championnat de France sur une épreuve permet d’avoir au moins une course dans l’année avec un réel niveau. En effet, il y a tellement de courses dans l’année que le niveau est souvent dilué. Là, au moins, il y a tout le monde et on va voir qui est le vrai champion ! »

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Rémy Marcel : ultratrailer, coach… et leader provisoire du TTN long

Isérois d’adoption, Rémy Marcel n’avait rien d’un trailer il y a quelques années. Le sport était même bien éloigné de ses préoccupations quotidiennes. Et puis, un jour, il eut la bonne idée de chausser des runnings et sortir faire un footing. Il ignorait alors qu’il allait être définitivement contaminé par le virus de la course à pied. Jusqu’à pousser sa passion à l’extrême : devenir ultratrailer. Régulier comme un métronome dans ses performances, Rémy Marcel a acquis une grande expérience au gré de ses lectures et de ses courses. Jusqu’à devenir coach. Rencontre avec un athlète discret et attachant.Remy Gruissan 2014

Rémy, tu es actuellement en tête du TTN long. Cette position de leader est-elle une surprise ? Un objectif cette saison ?

Je suis effectivement en tête du TTN… mais cela ne durera pas longtemps ! J’occupe cette place grâce à un concours de circonstances. Je suis l’un des rares coureurs à avoir terminé à la fois la Saintélyon – qui a été déclarée manche du TTN 2014 quelques semaines avant l’épreuve alors que les inscriptions étaient déjà closes – et le Gruissan Phoebus Trail – où plusieurs favoris ont abandonné. Ma position est d’autant plus étonnante qu’elle ne tient qu’à quelques secondes : Frédéric Lejeune qui termine une vingtaine de secondes devant moi à Gruissan avait fini deux minutes derrière moi à la Saintélyon.

Bref, initialement, le TTN n’était pas une finalité pour moi en 2014. Ma course objectif est l’UT4M fin août où j’espère monter sur le podium. Mon objectif secondaire est l’Endurance Trail aux Templiers, en octobre, où j’espère approcher le top 10. Ma planification comportait donc un trou au printemps. Ayant fait la Saintélyon et Gruissan, deux manches du TTN, j’ai décidé de participer à plusieurs manches. Je serai ainsi au départ de l’Ecotrail de Paris puis je m’alignerai aux championnats de France en septembre, sachant que je ne serai pas au top de ma forme quelques semaines après l’UT4M. L’objectif sera surtout de garder le titre par équipe que nous avons remporté l’an dernier avec l’EA Grenoble.

Quel est ton parcours sportif ? Depuis combien d’années pratiques-tu le trail ?

J’ai commencé vers 2000-2001 à reprendre le sport. Au début, je faisais juste du footing pour perdre du poids, arrêter de fumer et retrouver la forme. Quand j’ai réussi à courir 30 minutes d’affilée, un copain m’a embarqué sur de petits raids multisports. Ensuite, j’ai quitté le Puy-de-Dôme pour l’Isère. J’ai participé à quelques trails courts pour commencer mais j’ai vite compris que j’étais limité en vitesse. J’ai décidé d’allonger la distance et la durée. En 2005, je participais pour la première fois à l’UTMB. Je n’ai plus quitté les longues distances.

Pourquoi aimes-tu l’effort de type ultra ?

Deux paramètres me plaisent dans l’ultra. D’abord, l’évasion en pleine nature : sur les longues distances, on a le temps de profiter des paysages et on peut ne pas être concentré sur l’effort en permanence. Ensuite, la gestion de course : pendant un ultra, on se remet perpétuellement en question. On réfléchit à son état musculaire, digestif, matériel… Il faut être à l’écoute de son corps et s’adapter en permanence.

Pratiquer l’ultra implique des entraînements longs. Comment parviens-tu à concilier vie sportive, professionnelle et familiale ?

Il est certain que l’équation est compliquée. Mais il est possible de trouver du temps pour s’entraîner. Comme je ne travaille plus depuis octobre et suis en formation, je dois essentiellement composer avec la vie familiale. Quand je travaillais, je courais entre midi et deux ainsi qu’en soirée au club. Je place également des séances de vélo d’appartement à 22 heures, quand tout le monde est couché à la maison. Le week-end, je pars courir dès 5 heures du matin pour faire des sorties longues. J’essaie aussi d’organiser régulièrement de gros blocs sur trois jours pendant lesquels j’enchaîne des sorties de 6 à 10 heures.

Tu as récemment quitté ton travail pour te lancer dans une formation sportive. Peux-tu nous dévoiler plus de détails à ce sujet ?

En effet, je ne travaille plus depuis mi-octobre 2013. L’entreprise dans laquelle j’étais salarié a mis en place un plan social et je n’ai pas voulu partir à Lyon. J’ai donc profité de cette rupture pour commencer une formation il y a trois mois : je prépare un BPJEPS, diplôme pour devenir éducateur sportif. L’avantage, c’est que j’ai obtenu une carte professionnelle au bout d’un mois de formation. J’ai donc pu commencer rapidement à encadrer des coureurs. Aujourd’hui, je conseille quatre athlètes qui débutent en ultra trail.

Quels sont tes projets professionnels ? Te destines-tu à une carrière d’entraîneur ?

Non, je ne souhaite pas devenir entraîneur à temps plein. Je voudrais retrouver un poste à temps partiel dans mon secteur d’origine, la comptabilité, et compléter avec une activité de coaching. Depuis deux ou trois ans, j’ai reçu plusieurs demandes de coureurs qui souhaitaient que je les conseille. Mon objectif n’est pas d’encadrer une multitude de coureurs. Je souhaite limiter le nombre de personnes à conseiller afin de garantir une certaine qualité. Pour l’instant, je ne cherche absolument pas à communiquer sur cette activité car je souhaite que les choses se développent doucement, au fur et à mesure de ma formation.

A quel type de coureur t’adresses-tu plus spécifiquement ?

Je recherche surtout des coureurs plus ou moins expérimentés qui se lancent dans l’ultra. Je pense que c’est le secteur dans lequel je peux le plus apporter aux autres, qu’il s’agisse d’équipement, d’hygiène de vie ou d’entraînement.

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Rémy Marcel en bref

  • Licencié à l’EA Grenoble (section AL Echirolles) depuis septembre 2006
  • Marié, deux enfants
  • Palmarès : champion de France par équipe de trail long 2013 – 34e sur la Grande Course des Templiers 2012 – 38e sur la Grande Course des Templiers 2013 – 26e à l’UTMB 2010 – 27e à l’UTMB 2011 – 21e à la Saintélyon 2011  – 25e à la Saintélyon 2013 – 6e du Salomon Trail Runinng Cup 2013
  • Sponsors :
    – Endurance Shop Echirolles
    – Punch Power
    – Weleda
    – Compressport
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Courir en montagne : une histoire d’additions !

Pour le néophyte, l’univers du trail running est franchement nébuleux. Entre course de montagne, trail court, trail long, ultra, urban trail et trail blanc, il y a de quoi avoir envie de reprendre les bonnes vieilles baskets de route pour retrouver les jalons rassurants d’un 10 km ou d’un semi-marathon. Pour simplifier un peu les choses, on peut différencier ces disciplines à l’aide d’additions. Bienvenue au pays du trail mathématique !

  • La course de montagne

La définition qu’en donne la FFA est claire et précise :

« Les courses en montagne font partie des ‘‘courses de pleine nature’’. Ce sont des épreuves en milieu montagnard, présentant un minimum de dénivelé de 500 mètres et un écart minimum entre point bas et point haut de 300 mètres. Il est recommandé aux organisateurs de restreindre la distance à une durée de 1 heure à 1 heure 15 pour les premiers, respectant en cela le format ‘‘athlétique’’ de cette discipline organisée au niveau mondial, et surtout d’éviter tout passage dangereux ou sol instable. »

Le coureur de montagne doit être complet : qualités de vitesse, capacité de grimpe, aisance en descente.

COURSE DE MONTAGNE = VITESSE + TECHNIQUE + VOLUME MOYEN D’ENTRAINEMENT

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  • Le trail court

Là encore, la FFA propose une définition officielle : il s’agit des épreuves dont la distance est comprise entre 21 et 41 km, avec une dénivelée positive généralement supérieure à 1000 m.

Le coureur de trail court doit posséder sensiblement les mêmes qualités que le coureur de montagne.

TRAIL COURT = VITESSE + VOLUME MOYEN D’ENTRAÎNEMENT

  • Le trail long

Sous cette dénomination, se cache une vaste palette d’épreuves. La FFA estime qu’un trail peut être qualifié de long dès lors que sa distance est comprise entre 42 et 80 km.

On comprend vite que les qualités requises pour couvrir la distance d’un marathon avec dénivelée diffèrent des capacités nécessaires pour avaler 80 km en montagne ! Les seuls paramètres athlétiques habituels ne suffisent plus. Il faut aussi tenir compte de la force mentale, de la résistance physique, de la gestion de l’alimentation et de l’hydratation.

TRAIL LONG = MENTAL + VOLUME ELEVE D’ENTRAÎNEMENT + GESTION DE L’ALIMENTATION EN COURSE + CAPACITE DE L’ORGANISME A SUPPORTER UN EFFORT DE LONGUE DUREE

  • L’ultratrail

A la mode, l’ultra lance des défis plutôt fous aux trailers : courir une centaine de kilomètres (voire bien davantage) en montagne. Incarné par le mythique UTMB, ce type d’épreuve exige bien d’autres qualités que la seule capacité à courir. Disponibilité pour s’entraîner, mental d’acier, gestion précise de l’alimentation en course, gestion du matériel… Un ultra, ça ne s’improvise vraiment pas !

ULTRATRAIL = MENTAL + VOLUME TRES ELEVE D’ENTRAÎNEMENT + GESTION DE L’ALIMENTATION EN COURSE + GESTION DU MATERIEL EN COURSE + ACCEPTATION DE LA MARCHE

  • L’urban trail

A priori contradictoire avec l’esprit fondateur du trail (évoluer en pleine nature sur un parcours accidenté), l’urban trail rencontre toutefois un franc succès depuis plusieurs années. Le principe ? Imaginer des itinéraires en ville en sillonnant les espaces verts, les volées d’escaliers, les buttes…

Exigeant, l’urban trail nécessite habileté, rapidité, capacité à changer de rythme et puissance. Sur ces parcours nerveux, les coureurs rapides et costauds sur le plan musculaire se font plaisir !

URBAN TRAIL = VELOCITE + RESISTANCE + ADRESSE + CAPACITE DE RELANCE

  • Le trail blanc

Comme son petit nom l’indique, le trail blanc consiste à courir un trail sur neige. L’originalité (qui est aussi une difficulté) de ce type d’épreuve tient évidemment à son terrain. Neige épaisse ou croûtée, zones verglacées, appuis instables, froidure… les conditions de course sont franchement différentes des trails habituels ! Elles impliquent d’ailleurs une dépense d’énergie accrue et peuvent accroître le risque de blessure.

TRAIL BLANC = ENTRAÎNEMENT SUR LA NEIGE + PUISSANCE MUSCULAIRE + GESTION DU FROID

Bien évidemment, ces additions de paramètres simplifient à outrance les qualités requises pour chaque discipline. Leur avantage ? Elles permettent de mieux cerner les différences entre les composantes de la nébuleuse qu’est le trail running. Et encore, on ne parle pas ici du skyrunning, du kilomètre vertical, du trail des sables et du trail par étapes… La suite (peut-être) au prochain épisode !  😉