Qui n’a jamais ressenti de honte en se prenant le pied dans une racine ou en trébuchant contre un caillou ? Courir en avant nécessite une certaine concentration et une soigneuse coordination. Et pourtant il y a des doux dingues qui s’adonnent à la course à reculons. Examen d’une pratique résolument atypique…

Courir à reculons

Tout le monde s’est amusé de la sorte quand il était enfant… les genoux couronnés témoignent de la complexité de l’exercice ! Savez-vous cependant que cette pratique existe depuis des milliers d’années en Chine, l’idée étant que la marche en avant incarne le yang et la marche en arrière, le yin ? Pour les Chinois, alterner l’une et l’autre permet d’atteindre un équilibre idéal.

Physiologiquement, cette activité un peu étrange a des effets insoupçonnés : les quadriceps, les fessiers et les muscles de la colonne vertébrale se renforcent, la vision périphérique se développe, le volume d’air dans les poumons est plus élevé, le sens de l’équilibre s’accroît et, paraît-il, on consommerait 20 % de calories supplémentaires par rapport à la course en avant. « Comme toutes les pratiques originales, il ne faut pas en abuser. On courra en arrière plutôt sur piste et sur de courtes distances, par exemple en réalisant des foulées bondissantes à reculons en allant chercher le plus loin possible derrière soi », estime Philippe Propage. Sur de « courtes distances » ? Certains ne sont pas de cet avis et, à force d’entraînement, parviennent à réaliser de véritables performances sur des épreuves allant du 800 m au marathon !

Intérêts

  • Travail de renforcement musculaire, en particulier au niveau des quadriceps, des fessiers et de la colonne vertébrale.
  • Amélioration de l’alignement des segments.
  • Développement de la vision périphérique et de la sensibilité à l’environnement.

Pour qui ?

  • Pour tous ceux qui souhaitent aborder différemment le travail de foulée et de renforcement musculaire.
  • Pour les adeptes des disciplines atypiques et de la philosophie asiatique.

Quand et où ?

  • Plutôt sur une piste d’athlétisme, le terrain étant dégagé et plat. De plus, un travail de course à reculons peut être réalisé le long d’une ligne.
  • En guise d’exercice éducatif, avant une séance de fractionné par exemple.
  • Dans une séance de préparation physique générale, en côte, pour solliciter les quadriceps et limiter l’action des mollets.

Risques et limites

  • Courir en arrière sollicite des muscles que le coureur « normal » n’a pas l’habitude de mobiliser. Il faut donc pratiquer à dose modérée cet exercice et, pour ceux qui souhaiteraient se lancer dans cette discipline, augmenter très progressivement les séquences de course à reculons (5 minutes pour commencer, puis 10, 15, 20 minutes…).
  • Attention aux courbatures, à la torsion du dos et aux chutes !
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