L’UTMB s’apprête à inaugurer la convention de partenariat qui le liera à l’Université de Savoie et Asters (conservatoire d’espaces naturels de Haute Savoie). Un accord motivé par la démocratisation croissante du trail running qui fait planer des menaces environnementales sur les milieux traversés par les épreuves, en particulier celles qui prennent l’ampleur de l’Ultra Trail du Mont Blanc. Si l’on peut critiquer la démarche commerciale de certaines manifestations, on ne peut que saluer les actions mises en oeuvre par ces « grosses machines » en faveur du développement durable. Pour rester sur les sentiers de l’UTMB, on peut mentionner le plan d’action élaboré au fil des éditions par les organisateurs : signalétique pour la gestion des déchets, utilisation de gobelets non jetables, élaboration d’une charte environnementale, financement des transports en commun pour les accompagnateurs… Si l’UTMB communique largement sur ses initiatives écologiques, bien d’autres événements de trail running, plus discrets, imaginent des solutions visant à respecter les milieux naturels.

Pourtant, sans l’adhésion et l’implication active des concurrents et de leur entourage, toutes ces bonnes intentions sont (et resteront) vaines. Si les pionniers du trail étaient souvent des montagnards passionnés, bon nombre de pratiquants sont aujourd’hui éloignés de la culture purement montagnarde, pétrie du respect et d’une humilité face à la nature. On pourrait déplorer les tubes de gel abandonnés au détour d’un chemin, les centaines de personnes qui sillonnent un massif préservé ou encore les concurrents qui se délestent sans scrupules d’emballages ou de papiers en tous genres. Je préfère toutefois considérer la moitié pleine du verre plutôt que sa moitié vide. Il y aura toujours des coureurs irrespectueux de l’environnement, tout comme il existera toujours des randonneurs ou des skieurs pollueurs. Mais il y a (et il y aura toujours !) des organisateurs soucieux de préserver l’espace qu’ils souhaitent faire découvrir aux concurrents. Même lorsqu’un trail réunit plusieurs centaines de participants, il peut minimiser son impact environnemental, à condition que des actions soient intelligemment mises en place et qu’elles mobilisent l’ensemble des acteurs : comité d’organisation, coureurs, accompagnateurs, collectivités territoriales, associations et défenseurs de l’écologie. J’irai même jusqu’à affirmer qu’un événement peut contribuer à faire avancer la cause environnementale, non seulement en sensibilisant les participants aux problématiques et aux fragilités d’un espace, mais aussi en leur faisant éprouver dans leur chair la beauté et la vulnérabilité de la nature.

Oui, le trail est originellement un sport nature. Il doit et il peut le rester, à condition que nous nous sentions tous concernés.