Insécurité, dangers, risques… Sans devenir paranoïaques – bien que l’actualité puisse parfois pousser à l’être – les coureurs sont eux aussi gagnés par la fièvre sécuritaire. Et si courir demain passait forcément par le mode tracking et le doigt prêt à pousser un bouton d’alerte ?

Dans le bois désert, un bruit bizarre qui fait un peu flipper… Au coin d’une rue, un type pas net qui pousse à courir plus vite, voire carrément à changer de direction… Dans une jolie clairière, un panneau « Chasse en cours » qui laisse craindre une volée de plombs… Et si courir était dangereux ? Quand on pense aux sports à risques, on ne songe pourtant pas au running. Et pourtant… Plus une activité devient accessible et populaire, plus le nombre de pratiquants augmente. Et, logiquement, plus le nombre d’accidents s’élève aussi. La course à pied, parce qu’elle peut être pratiquée partout et tout le temps, s’accompagne de risques extrêmement variés. En milieu urbain, le coureur est confronté à la circulation routière, la pollution atmosphérique, les mauvaises rencontres… En nature, que ce soit en plaine ou en montagne, il doit composer avec les chasseurs, les conditions météorologiques, l’hypothermie, les chutes… Enfin, les femmes sont soumises à des risques spécifiques que confirment malheureusement les faits divers. Pour qu’une passion ne se transforme pas en drame, mieux vaut prendre quelques précautions afin de mieux maîtriser ces dangers.

Pour commencer, je vous propose 8 conseils de base. Dans les deux prochains articles que je publierai sur ce blog, j’aborderai la question épineuse de la cohabitation coureurs/chasseurs puis j’évoquerai quelques applis.

 

Épisode 1 : 8 conseils pour courir sans se mettre en danger

  1. A deux, c’est mieux !

Dans la mesure du possible, il vaut mieux courir à plusieurs. Si un groupe n’est pas toujours évident à intégrer, que ce soit pour des questions d’horaires, de niveau ou d’envie, essayez de trouver au moins un partenaire d’entraînement – qui peut aussi être un membre de votre famille qui vous accompagne à vélo, par exemple. A deux, on réduit considérablement certains risques (agression, situation délicate en cas de chute…).

  1. A bas la routine

Si vous êtes une femme et que vous courez en solo, bannissez à tout prix la régularité ! Variez les horaires de vos sorties et diversifiez vos itinéraires : un éventuel « prédateur » n’aura pas de repères pour vous attendre au coin d’un bois ou au détour d’une rue déserte. Autre avantage pour vous : vous vous lasserez moins de vos entraînements.

  1. Le choix des itinéraires

Le meilleur moyen de ne pas se mettre dans une situation à risques reste encore de jouer la carte du bons sens et de la prudence. Évitez les secteurs trop engagés en montagne, surtout si vous sortez seul. Si vous êtes une femme, ne passez pas dans des zones sombres et isolées, facilement accessibles en véhicule, surtout en ville ou à proximité d’une ville. Renseignez-vous sur les battues organisées en période de chasse et ne planifiez pas une sortie pile dans ce secteur-là. Les jours de pollution atmosphérique, ne faites pas une séance de fractionné hyper intensive où vos bronches se dilateront au maximum et absorberont les particules fines.

  1. L’équipement adéquat

Cela tombe sous le sens, mais il est encore trop fréquent de rencontrer des coureurs mal équipés. Sans tomber dans les polémiques du Mont Blanc gravi en baskets, il n’est pas inutile de rappeler quelques principes. En montagne, on ne part pas sans un minimum : couverture de survie, sifflet, veste coupe-vent et imperméable, éventuellement gants, bandeau et pantalon. Dès qu’une sortie dure plus de deux heures, on emporte de quoi se ravitailler : boisson énergétique, barres, gels, fruits secs… On n’oublie pas non plus la frontale si l’on court en fin de journée. Les vêtements doivent être adaptés au climat : légers en été, chauds en hiver. Cela semble évident, mais il n’est pas rare de croiser des coureurs en collant long sous un soleil de plomb ou en short dans la neige en montagne !

  1. Allô, y’a quelqu’un ?

Même si courir permet de s’évader et de déconnecter, emporter un téléphone reste l’un des meilleurs atouts sécurité. Un smartphone permet non seulement d’appeler à l’aide si besoin, mais aussi de se positionner en cas de doute (à condition de posséder une appli telle que Plans sur iPhone, Maps.me, IphiGénie…). On veille évidemment à ce que la batterie soit suffisamment chargée, sachant qu’utiliser un positionnement ou un guidage GPS requiert une grande quantité d’énergie. De plus, la multiplication des applis donne un éventail très large de possibilités pour améliorer les conditions de sécurité d’une simple sortie.

  1. Prêt… parer !

L’anticipation doit être le maître mot de toute sortie sur un itinéraire méconnu : recueillir un maximum d’informations sur le parcours (kilométrage, technicité, dénivelée, quartiers traversés…) à l’aide d’une carte IGN, de topos trouvés sur le web ou d’expériences partagés par d’autres coureurs se révèle nécessaire. Préparer un entraînement, y compris en terrain connu, c’est aussi informer ses proches sur le secteur et les horaires de la sortie.

  1. Who is it ?

Non, ce n’est pas toujours pratique d’emporter une carte d’identité quand on sort courir. Par contre, il est nettement plus simple de passer autour du poignet un bracelet d’identification (différents modèles personnalisables en ligne chez Data Vitae ou encore MyPom) ou de glisser une petite fiche dans une poche sur laquelle on indique nom, prénom, date de naissance, éventuels problèmes de santé, numéros de téléphone à contacter en cas d’urgence…  

  1. Une bonne dose d’humilité

Particulièrement vrai pour les sorties en montagne, le principe d’humilité consiste à ne pas s’engager sur un entraînement qui outrepasse les capacités physiques et les compétences (connaissance du milieu naturel, gestion de l’altitude, capacité à s’orienter…). Tout le monde n’est pas Kilian Jornet !

 

 

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