Il paraît que 6 000 entorses surviennent chaque jour en France. Parions que bon nombre de celles qui affectent la cheville concernent la course à pied. Même bégnine, cette blessure doit être bien soignée sous peine de récidiver. 

  • Le mot d’ordre : RGCE

R pour repos :rien de tel qu’une décharge pour permettre à la cheville de se refaire une santé. Evitez de marcher pendant quelques jours (72 heures maximum) et, si besoin, utilisez des béquilles. Sachez toutefois que l’appui sur le pied n’est pas forcément proscrit, la stimulation de l’articulation contribuant à la guérison. Bonne nouvelle : vous pouvez même pratiquer le vélo d’appartement (si cela ne provoque pas de douleur) car le mouvement, qui reste dans l’axe, permet de drainer et d’accélérer la résorption de l’œdème. Deux fois 20 minutes par jour sont recommandées.

G pour glaçage :appliquez de la glace 3 à 4 fois par jour pendant 15 minutes au cours des 48 premières heures. La glace a essentiellement un impact sur la douleur et les vaisseaux sanguins (utilisée rapidement après l’accident, elle permet d’endiguer le saignement lié à la déchirure ligamentaire).

C pour compression : pour réduire l’œdème et soulager les ligaments, un strapping (bien posé, donc de préférence par un professionnel de santé) ou une attelle (disponible en pharmacie sur ordonnance) se révèlent utiles. Ne serrez pas trop non plus, sous peine de faire un vrai garrot !

E pour élévation :en position assise ou couchée, placez votre cheville plus haut que votre genou afin de réduire l’œdème et la stase veineuse.

  • A bas les anti-inflammatoires !

En dépit de ce que l’on entend et lit fréquemment, évitez les anti-inflammatoires. Non seulement ils ne participent pas à la guérison, mais ils masquent aussi l’inflammation qui est en réalité une réaction de votre organisme destinée à vous « protéger ». La douleur est elle aussi protectrice dans la mesure où elle vous empêche de solliciter la cheville blessée. N’allez donc pas à l’encontre de ces phénomènes naturels, mais écoutez-les plutôt ! 

  • Le remède (presque) miraculeux : l’argile verte

On ne va pas se mentir, les cataplasmes d’argile n’ont rien de sexy et ne vont pas vous permettre de courir au bout de 4 jours. Toutefois c’est un remède 100 % naturel et diablement efficace à condition d’être appliqué de manière assidue. Achetez de l’argile verte concassée ou en poudre, ajoutez de l’eau, laissez reposer puis mélangez avec une cuillère en bois (jamais en métal). Appliquez ensuite en cataplasme sur la zone douloureuse et laissez agir plusieurs heures. Les premiers jours, si possible, faites deux cataplasmes quotidiens, puis passez à un cataplasme par jour (ou plutôt par nuit pour plus de praticité !). 

Essayez aussi les huiles essentielles en application locale. Composez un petit cocktail de massage avec 30 gouttes de menthe poivrée + 60 gouttes d’hélichryse italienne + 60 gouttes d’eucalyptus citronnée + 60 gouttes de lavandin + 40 ml d’huile végétale de calophylle ou de jojoba. Appliquez sur l’articulation 2 à 3 fois par jour. Un herboriste compétent pourra également vous proposer son propre mélange. 

L’importance de la rééducation

Quel que soit le degré de gravité d’une entorse, la rééducation est incontournable. Même avec une blessure minime, l’articulation souffre d’une faiblesse qui peut vite conduire à une récidive. Un travail de proprioception, d’acquisition de réflexes de rattrapage, de renforcement articulaire et de tonicité ligamentaire permet de consolider la cheville de manière pérenne. 

Enfin, la rééducation passe aussi par une reprise progressive de la course à pied. Vous devrez commencer par faire un petit test de quelques minutes en courant pour vous assurer que votre cheville n’est plus douloureuse, puis vous augmenterez chaque jour de quelques minutes seulement votre temps de course. Long et fastidieux, oui, mais essentiel pour reprendre votre activité sans risques de rechute ! 

« Désormais, les protocoles rigides qui dictent un repos prolongé et une indication de temps pour le retour au sport sont obsolètes »,indique Florent Allier, kinésithérapeute attaché à la Clinique du Coureur. « On écoute les patients, on progresse en fonction de la réponse de l’individu au stress mécanique et surtout on supporte la nature dans son processus d’adaptation et de cicatrisation tissulaire. » 

Une entorse, oui, mais plusieurs degrés de gravité

Si vous vous êtes tordu la cheville et qu’apparaissent douleur, œdème et difficulté à bouger l’articulation, foncez chez votre médecin ! Lui seul pourra poser le bon diagnostic et vous prescrire éventuellement des examens complémentaires (échographie et radiographie). On distingue 3 degrés de gravité : 

  • L’entorse légère, également appelée foulure, qui correspond à un étirement des ligaments.
  • L’entorse modérée qui se caractérise par un étirement et un déchirement partiel des ligaments. 
  • L’entorse grave qui s’accompagne d’une rupture totale des ligaments et/ou d’un arrachement osseux. 
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