Il pourrait en parler des heures. Peut-être même des jours. La course en montagne, Jean-Marcel Perrin l’a chevillée au corps. Trailer avant l’heure, mais surtout fervent passionné des virées en pleine nature. Avec des côtes, beaucoup de côtes !

A Grenoble, Jean-Marcel est une véritable figure locale. Un coureur inusable qui fait enrager aujourd’hui encore des seniors qui s’époumonent sans jamais arriver à le dépasser. A 70 ans, l’homme au débardeur d’athlé des années 1980 reste un athlète épatant. « L’an dernier, au Pic de L’Alpe (montée sèche de 2600 m D+, ndlr), un concurrent m’a dit à l’arrivée : ‘’Je pensais que tu ne tiendrais pas le coup, mais je n’ai jamais pu te rattraper.’’ J’ai signé le 7emeilleur temps sur le final », s’amuse Jean-Marcel en riant de bon cœur, sans la moindre pointe de mépris ni de vantardise.

Avec une quarantaine d’années de course à pied au compteur, le Grenoblois aurait pourtant toutes les raisons de se vanter d’avoir été l’un des pionniers de la course en montagne et du trail en France. « Dès les années 1970, j’ai commencé à courir dans la région de Grenoble. A côté de mon travail, le terrain était vallonné, donc je partais courir en nature et j’ai commencé à m’inscrire à des courses en côte qui démarraient à peine à l’époque », confie celui n’a jamais cessé d’écumer les sentiers des massifs de Belledonne, du Vercors et de la Chartreuse. « Je passais un week-end sur deux en Suisse où il y avait plus de courses de montagne que chez nous. J’ai fait toutes les classiques suisses et je suis allé aussi en Italie. J’ai vite compris pourquoi les Italiens étaient si forts ! Les épreuves étaient vraiment très costaudes là-bas. »

Jean-Marcel a toujours eu la fibre compétitrice, mais il estime cependant « qu’une course, tu la fais uniquement pour toi. C’est encore plus vrai en montagne : tu dois t’occuper uniquement de toi et pas des autres, sinon tu passes par la fenêtre. » S’il apprécie de courir avec des amis, il a toujours privilégié les sorties solitaires, plus propices à la communion avec la nature et avec ses propres sensations. Observer l’éclosion de l’ail des ours, écouter les coups de bec du pic contre les troncs, tomber nez-à-nez avec un bouquetin encore plus étonné que lui ou surprendre une marmotte au cœur d’une prairie : Jean-Marcel évoque avec bonheur et humour des anecdotes qu’il semble avoir vécues hier… alors qu’elles remontent parfois aux années 1970 ou 1980. Le traceur de l’épreuve des championnats de France de course en montagne 2008 cultive l’émerveillement permanent lorsqu’il trottine sur un chemin. « Aujourd’hui, j’évite les descentes car je n’ai plus d’amortisseurs, mais je continue à faire des montées sèches. » Il s’est ainsi aligné aux championnats de France de course de montagne la saison dernière et compte bien relever un joli défi cette année : « Pour ma première année en catégorie Master 4, je voudrais refaire la Montée du Nid d’Aigle. » Une broutille pour cet athlète chevronné : 20 km et 1830 m d’ascension… « Je ne prendrai le départ que si je suis prêt. Parce qu’une compétition dont on a du mal à récupérer, c’est une compétition qu’on n’aurait pas dû faire. » A bon entendeur…

 

 


JEAN-MARCEL EN BREF

Né le 29 novembre 1948 à Saint-Laurent-du-Pont

70 ans

Traceur des championnats de France de course en montagne 2008

Records personnels : 2h46 sur marathon – 36’51’’ sur 10 km – 10’27’’ sur 3000 m

Palmarès : médaille de bronze en Master 3 aux championnats de France de course en montagne – médaille de bronze en Master 3 aux championnats de France de kilomètre vertical


Petite précision

Jean-Marcel est une figure emblématique de mon club, l’Entente Athlétique Grenoble 38. Depuis mes débuts en athlé (qui remontent à… 1995 !!!), je le vois courir sans relâche avec son débardeur et son short d’époque, coiffant au poteau des tas d’athlètes bien plus jeunes que lui. Mais Jean-Marcel n’est pas qu’un coureur à pied hors pair : il est aussi un acteur associatif dévoué comme on en trouve très rarement désormais. Toujours présent aux interclubs pour rendre service (combien de 5000 m marche a-t-il faits pour boucher un trou, s’adonnant sans rechigner à cette discipline qui n’est pourtant pas la sienne et dans laquelle il signe pourtant de jolis chronos ?), toujours là lors des événements organisés par le club pour donner un coup de main, toujours fidèle au rendez-vous les soirs d’entraînement dans le bureau de la section d’Echirolles… Jean-Marcel et son sourire, Jean-Marcel et son franc-parler, Jean-Marcel et ses anecdotes passionnantes… Jean-Marcel est un pilier et un pionnier. Chapeau bas, Monsieur ! 

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