Sans la tête, pas de jambes !

Les adages populaires, ce n’est pas franchement ma tasse de thé. Mais j’avoue que l’expression : « La tête et les jambes » ne m’a jamais semblé aussi pertinente que dimanche dernier, sur le trail de Mirmande. Oooh, les coups de moins bien, j’ai déjà connu et éprouvé leurs effets délétères sur l’entraînement. Sitôt que le moral s’enfouit au fond des chaussettes, on se sent moins vaillant, moins volontaire. Plus enclin à se laisser aller, à renoncer à une séance difficile ou à marcher dans une côte raide. Si ces périodes de creux psychologique concernent uniquement les phases de préparation, l’impact est certes sensible, mais pas dramatique. En revanche, si la tête n’est pas au rendez-vous le jour d’une compétition, c’est la cata’ totale en perspective.

La preuve par l’exemple : récit d’une course manquée

Histoire d’illustrer mon propos, je vous propose le récit de la galère que j’ai vécue dimanche dernier. Elle réunit un ensemble de paramètres qui permettent de mieux comprendre les ressorts de la performance (sachant que le mot performance ne désigne pas forcément le haut niveau, mais le fait d’aller chercher ses propres limites, quel que soit le niveau que l’on ait).

Depuis 6 ans, je suis une habituée du trail de Mirmande qui permet de lancer la saison dans une ambiance conviviale. Je me suis donc inscrite avec pour ambition, dans un recoin de l’esprit, de prendre ma revanche sur l’édition 2015 qui m’avait vue terminer deuxième. Autant dire que j’étais déterminée ! Mais c’était sans compter quelques facteurs perturbateurs. Bon, le stress d’avant-course, j’y suis (presque) habituée : quelle que soit l’épreuve, je me mets dans des états lamentables dès la veille, redoutant la souffrance à venir et angoissant à l’idée d’échouer. Même si je suis consciente de l’énergie folle que je perds à appréhender ainsi, j’ai appris à gérer cet état émotionnel (assez idiot, il faut le dire). Mais j’avais aussi à digérer deux semaines marquées par un deuil difficile et par un rythme de travail assez délirant. C’est donc avec le moral déjà émoussé que je m’équipais en ce dimanche matin ensoleillé.

Ensuite, ce fut un enchaînement de circonstances aggravantes : après un échauffement réduit à son strict minimum donc insuffisant (à peine 15 minutes de footing, la faute à mes bavardages amicaux), le départ rapide a forcément eu du mal à passer. Enfin, surtout la première montée où mes jambes ont gentiment hurlé. Une fille m’a alors dépassée. Une deuxième. Puis une troisième. Une quatrième s’est ensuite portée à ma hauteur. Je commençais à sérieusement douter, surtout que mes gambettes n’étaient vraiment pas au rendez-vous. Sur une jolie portion de sentier en sous-bois, plat mais en dévers, blam ! Je m’étalai de tout mon long ! Résultat : un genou et une cheville en vrac, une épaule mâchée et le dos en compote.

Quelques kilomètres plus loin, dans le charmant village de Marsanne, malgré notre concentration (l’organisateur nous avait conseillés d’être prudents à cet endroit, toujours délicat car régulièrement débalisé), nous voilà perdus en plein centre ville. La session jardinage cessait lorsque l’un des coureurs, fin connaisseur des lieux, nous indiquait la direction du ravitaillement. Là, franchement, j’étais prête à abandonner. Je me disais : « À la prochaine occasion, je lâche l’affaire. »

Je passais alors par tous les états. Le physique était au plus mal et le mental avait depuis longtemps pris le même chemin. Entre quelques sursauts de courage, j’éprouvais successivement le découragement, l’écœurement, la mésestime de moi-même, la colère, l’énervement, la tristesse… Les idées les plus variées s’entremêlaient et parfois les larmes ne demandaient qu’un battement de paupière pour franchir le bord de mes yeux. Le pire, c’est que cela n’avait rien à voir avec la course à pied, cette dernière n’étant finalement que le catalyseur d’un vaste chantier intérieur.

24 km au GPS. Courage, plus qu’une ou deux bornes. Finalement, j’aurais tenu jusqu’au bout… Surgit alors un ravitaillement, au détour d’un joli village. « Il y a eu un bug, vous avez encore 5 km ! » J’ai beaucoup d’estime et de respect pour les bénévoles. Mais là, honnêtement, j’aurais bien étripé la dame qui venait de nous lancer l’information. Mes compères changèrent de couleur, surtout lorsque le chemin se mit à se redresser et qu’il fallut grimper encore, encore, encore…

Ligne d’arrivée. 30 km au compteur au lieu des 25 prévus. Tout le côté gauche de mon corps meurtri par la chute. Et, dans ma tête, un mélange de déception (non, je n’avais pas pris ma revanche) et de bonheur (j’avais rallié l’arrivée malgré tout).

 

Le rôle majeur du mental 

Les spécialistes s’accordent sur la définition de la force mentale : elle est la force psychologique qui aide à gérer les exigences de l’activité sportive et à rester constant, déterminé, concentré, confiant. Un sportif mentalement fort croit en sa capacité à atteindre son potentiel maximal malgré les obstacles ou la pression liée à la compétition. Pour appréhender sereinement une compétition, l’athlète doit être capable de se concentrer totalement sur son objectif sportif en reléguant au second plan et provisoirement sa vie privée ou professionnelle. La maîtrise émotionnelle constitue l’un des facteurs clés de la performance. Pendant l’effort, des techniques de préparation mentale (hypnose, imagerie mentale, etc.) permettent de dépasser la souffrance et les moments difficiles afin de laisser le plein potentiel physique s’exprimer.

Si des éléments perturbateurs extérieurs à l’activité sportive interviennent (émotions, préoccupations privées, stress négatif…), l’athlète n’est plus concentré à 100 % sur son objectif. Il s’ensuit une perte d’énergie, voire des symptômes physiques : hypoglycémie réactionnelle, sudation, accélération du rythme cardiaque, troubles digestifs… L’état mental a donc un réel impact sur l’état physique du sportif.

Conclusion : pour courir vite, il faut décidément la tête et les jambes. Mais j’ajouterais volontiers un troisième paramètre qui peut faire une sacrée différence : le cœur.

Et vous, avez-vous déjà constaté ce lien étroit entre mental et physique ? Comment gérez-vous les coups de mou psychologiques ?

 

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Une réflexion sur “Sans la tête, pas de jambes !

  1. C’est dur pour le moral et le corps mais c’est en se relevant de ses échecs que l’ont progresse!!!! Les jours sans peuvent souvent être une source de remotivation pour de futurs échéances! En tout cas moi je fonctionne comme ça courage!!!!

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