Marie Dohin : courir… ou courir !

Marie, j’ai commencé par l’entendre avant de la voir. C’était l’an dernier, sur les sentiers du Marathon du Larzac (Festival des Templiers). Le départ avait été donné de nuit et, fidèle à mes habitudes, j’étais partie quasiment à bloc. Mais j’entendais une fille derrière moi et je voyais le faisceau de sa lampe trouer l’obscurité. Arrivées ensemble au premier ravitaillement, je lui proposais de se délester de sa lampe en la confiant à mon suiveur. A partir de là, nous avions commencé à papoter tout en courant en tête.

C’est alors que je levais les yeux et clamais : « Regarde, c’est trop beau, y’a plein de vautours ! » Et blam ! Mon pied heurta une foutue pierre et je me retrouvai au sol, le genou éclaté, le nez en sang et la main fendue ! Marie s’arrêtait, me donnait de l’eau, me réconfortait. Puis nous étions reparties ensemble. Une amitié venait d’être scellée. Depuis cet épisode sanglant, nous ne nous sommes plus quittées. Nous appartenons aujourd’hui au même team (l’unique team 100 % féminin créé par la marque scandinave KariTraa), nous nous retrouvons régulièrement et les messages vont bon train sur le net.

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A l’école de l’athlétisme 

Avec moins d’un mètre soixante sous la toise et moins de 50 kg sur la balance, Marie Dohin ne fait pas franchement partie des gros gabarits. Pourtant, sous ses airs de minette en goguette, se cache une battante. Une compétitrice qui ne lâche jamais rien. Avec ses gambettes qui tournent vite, Marie a écumé bon nombre de pistes d’athlétisme, de parcours de cross, de routes et de sentiers. « Enfant, j’ai commencé par faire de la danse, mais j’étais très raide et je n’aimais pas trop ce sport. C’est à partir du collège, à Strasbourg, et de son cross annuel que j’ai commencé à fréquenter l’école d’athlétisme », confie-t-elle. Au club d’athlé du coin, elle touche à tout : sauts, lancers, haies, sprint, 1000 m… Très vite, elle fait preuve de qualités intéressantes pour le demi-fond et le fond. « Mon papa étant marathonien, alors je me suis naturellement tournée vers le long. Je faisais souvent des sorties avec lui le dimanche. »

 

Un p’tit break… et elle revient !

Mais voilà, à 20 ans, Marie s’envole pour Miami dans le cadre de ses études. Là-bas, elle lâche un peu l’athlé. Elle court seulement pour elle, pour le plaisir. Lorsqu’elle rentre en France, c’est à Paris qu’elle atterrit. Quelques courses sur route émaillent ses saisons, mais rien de bien intensif. « Pendant deux ans, j’ai eu une phase de flottement dans ma pratique. Je n’avais pas envie de dossards. Jusqu’à ce que je me décide à préparer Paris-Versailles », se rappelle Marie. Une rencontre fortuite à l’arrivée va vite la remettre dans les rails : nouveau club, nouveaux défis. Pas sur la piste, mais uniquement sur la route. « L’année de mes 25 ans, j’ai voulu courir le Marathon de Paris avec mon papa. J’avais toujours assisté mon papa sur ses marathons : ravitaillement, photos, encouragements… et cette attente angoissée sur la ligne d’arrivée, le regard rivé sur le chrono, en espérant qu’il réussirait à atteindre son objectif ! J’adorais ces moments de frisson et d’émotion. J’ai eu envie de les vivre en tant que coureuse. »

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Courir à deux, c’est mieux

Ce premier marathon, bouclé en 3h38 aux côtés de son papa, conforte Marie dans sa passion et son choix : courir, oui, mais des longues distances. C’est d’ailleurs en trottant qu’elle croise le chemin d’Alexis, hockeyeur, qui aime bien gambader en nature. On se doute que ces deux accros au sport partageront bientôt plus que des footings. Alexis montre à Marie des parcours sympas sur sentiers, puis l’incite à prendre le départ de son premier trail, sur les plages du débarquement en Normandie. Débuter le trail en Normandie, quel paradoxe ! « Puis nous avons couru le marathon de la MaxiRace en 2014. C’était mon premier vrai trail. J’ai adoré l’effort et les paysages ! » s’exclame celle qui, un peu plus tôt, ne jurait que par le bitume. Un déménagement plus tard, le couple vit au paradis : à Méribel, il suffit d’ouvrir sa porte le matin pour avoir à portée de main un inépuisable terrain de jeu. « J’adore l’impression de liberté que l’on éprouve en trail. On se détache du chrono et des kilomètres. Et puis on voit des paysages tellement beaux ! »

Marie est une boule d’énergie. Elle se lance donc avec un enthousiasme débordant et une furieuse envie de bien faire dans sa nouvelle passion sportive. Elle court, elle court, elle court… et elle court vite ! A l’automne 2015, elle décroche la 9e place aux championnats de France de trail long. Après un hiver à moitié passé sur les skis de rando et à moitié dans les baskets équipées de chaînes à neige (oui, à Méribel, en hiver, il y a beaucoup de poudreuse !), Marie s’aligne au départ de la plus longue course de sa vie : la MaxiRace d’Annecy. Elle gère parfaitement et s’adjuge une belle 8e place dans un contexte sportif de niveau international.

« Je n’ai pas encore d’enfants, mais je dois concilier entraînement, travail et vie personnelle. En un sens, j’ai de la chance car je n’ai pas encore la contrainte des enfants. J’admire les femmes qui courent et qui sont aussi mères de famille. Ca doit être compliqué de tout gérer ! » Marie a aussi de la chance de partager la vie d’un sportif : Alexis est hockeyeur, mais il ne boude pas son plaisir lorsqu’il s’agit de partir skier ou courir en montagne. Il est aussi le premier fan de Marie. Et c’est tant mieux car Marie court comme elle respire… autrement dit, presque tout le temps et tout naturellement !

 

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Marie en bref

31 ans
1,64 m
49 kg
Habite à Méribel
Profession : responsable communication
Palmarès (non exhaustif) : 8e à la MaxiRace d’Annecy 2016, vainqueur du Trail Ardéchois 36 km 2016, 2e Trail de la Drôme 2016, victoire au Marathon du Larzac 2015, 9e aux championnats de France de trail long 2015.

 

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