Ultra : mais que cherchent-ils ?

Il y en a partout.
Nous sommes envahis !
La fin de l’été les voit fleurir aux six coins de l’Hexagone.
Tous aussi délirants, tous aussi inhumains.
Tous aussi incompréhensibles pour mon esprit probablement trop étroit.
Les ultras ne sont plus ces événements exceptionnels et rares qu’ils étaient autrefois. Ils sont devenus monnaie courante, presque aussi anodins que les épreuves de 10 km route. Le trailer acharné peut même s’amuser à courir un ultra par semaine, histoire de travailler son foncier et, évidemment, de glaner des points qualificatifs pour l’UTMB. J’en connais même qui, je vous le jure sur mes trois paires de baskets et mes quinze bidons, ont osé enchaîné la même année l’UT4M, l’UTMB et le Tor des Géants. Délirant. Tellement délirant que le gars en question a plongé dans un burn out exemplaire avec un épuisement physique et une déliquescence mentale tels que les médecins lui ont tout bonnement interdit de courir pendant plusieurs mois. On croit rêver.

On croit d’autant plus rêver que le trail reste un loisir pour l’immense majorité d’entre nous. Autrement dit une activité qui nous procure du plaisir, du bien-être et de l’épanouissement. Mais quand je vois ces ultra-trailers sur les sentiers, défigurés, épuisés, marchant avec peine, traînant leurs guiboles maculées de boue et de sang, j’avoue que je ne comprends pas. Les champions éprouvent déjà bien des difficultés à encaisser ces kilométrages et dénivellations qui dépassent l’entendement, alors comment un coureur lambda peut-il éprouver une once de plaisir sur ces distances ? Le plaisir réside-t-il dans le sentiment d’héroïsme qui les submerge sur une ligne de départ où le public regarde avec un ahurissement mêlé d’admiration cette horde d’individus harnachés comme s’ils partaient au combat ? A quel moment basculent-ils dans la souffrance, celle qui transforme vos muscles en béton, celle qui fait plonger votre moral au fond de vos chaussettes (tachées de sang évidemment puisque vos pieds macèrent dedans depuis plus de 15 heures), celle qui vous fait voir des lutins derrière chaque rocher (et ce n’est pas à cause de la morphine, promis juré) ?

« Tu ne peux pas comprendre, tu n’as jamais fait d’ultra. » Voilà sans doute ce que pensent les ultra-fondeurs en lisant ma prose. Une copine me disait un jour : « à un moment donné, tu passes de l’autre côté. Et là, tu ne vois plus défiler les kilomètres, tu n’y penses même plus. » Si je ne m’abuse, un drogué emploierait presque la même terminologie pour évoquer un trip. Et si l’ultra-trailer était tout simplement un shooté du kilomètre et de la dénivelée ? Tout s’expliquerait. Son besoin irrépressible d’aller courir tous les jours au moins deux heures, quitte à se lever à 4h du matin quand il fait nuit noire et qu’il pleut des cordes (et quel bonheur de parler de sa sortie matinale sur les réseaux sociaux et de lire les commentaires des « amis » électroniques : « t’es un champion », « quel courage », « bravo ! » et autres hypocrisies virtuelles). Son placard à chaussures plein à craquer de baskets : une paire pour quand il fait humide, une paire pour quand c’est sec, une paire pour quand on court sur terrain technique, une paire pour quand on court sur terrain roulant, une paire pour quand on fait une sortie longue sur du bitume… Ses Tupperware peuplés de barres énergétiques maison que personne dans la maison n’ose toucher, non pas parce qu’elles sont réservées au héros, mais parce qu’elles ont une tête de « j’suis moche, pas bonne, mais di-é-té-tique ». Ses soirées devant l’écran de l’ordinateur, entre posts détaillés sur son blog 100 % égocentrique et analyse approfondie des données cardio-kilométro-dénivello-alluristiques recueillies par son ordinateur de poignet dont il ne maîtrise que le tiers des fonctions.

D’accord, d’accord, je me moque un peu. Mais je peux d’autant plus ironiser que mon propre placard déborde de baskets et que je m’applique chaque jour à compléter mon précieux carnet d’entraînement. En revanche je n’appartiens pas à la caste privilégiée des super-héros ultra-trailers. C’est sans doute pour ça que j’ai regardé avec un certain détachement et sans réelle admiration le déroulement du Tor des Géants. Courir 330 km et 24 000 m D+ (!!!!) d’une traite, franchement, ça me dépasse. Je ne vois ni l’intérêt sportif, ni l’intérêt personnel. Oui, c’est une aventure, oui, c’est un défi, oui, c’est une opportunité pour aller au-delà de ses propres limites… Mais non, ce n’est sûrement pas très sain pour le corps et pour l’esprit, non, ce n’est plus de la course à pied, non, ce n’est pas plus remarquable de boucler un ultra que d’avaler 20 ou 30 km en montagne à fond de train. Quand je pense que certains sont déjà en train d’éplucher le calendrier pour savoir où et quand ils pourront glaner leurs points UTMB 2016… C’est ça, un héros, un vrai. Celui qui, encore appuyé sur ses béquilles post-UTMB, prépare déjà son camelbag. Parce qu’un ultra-trailer, c’est pas une chochotte, et toc !

Publicités

23 réflexions sur “Ultra : mais que cherchent-ils ?

  1. J’adore et je partage au combien cette analyse ou dans notre microcosme « Trail » tu n’es pas un vrai trailer tant que tu n’as fait un Ultra… Et encore moins si tu n’as pas subit le raquette organisé de Miss&MisterMontBlanc (non pas la crème dessert).
    J’aime la « performance » (Athlé un jour…..) et voir parfois des Perf de haut niveau passer au second plan au profit de certains grand randonneur (oulà j’vais me faire taper) me fait bondir …. Certains coureur de montagne (pas les Trailers) passent parfois dans l’anonymat le plus total au yeux du grand public, alors qu’ils développent des qualités bien plus importante que 99% du peloton d’Ultra… Alors oui il y a d’immense Champions en Ultra . Mais comme tu le dis très bien , un Ultra n’est pas une course (ou une randonnée) qu’on peut enchainer sans un jour en payer les pots cassé… Je me souvient du temps ou on conseillait au marathonien de ne faire que 2 marathons par an (printemps et automne), avec la précision : mais pas tout les ans. Et qu’aujourd’hui certains système (j’ai pas dit mafieux) vous oblige à marquer 9 points pour oser être sur la ligne de départ (que vous arriviez ou pas ils encaissent, et sur les point aussi !!!).
    Bon j’avoue: J’ai suivit pour la 1er fois le Tor car j’avais un bon copains qui y était et en plus il l’a gagné, une personnes que j’admire et respect au plus haut point. Mais ce coureur est un athlète rare qui à planifié sa course depuis de long mois , voir année. Donc si ce coureur mérite le plus grand respect et mon admiration, il ne peut être un moteur pour le coureur lambda (c-à-d 95% du peloton).

  2. Je pense que tu as raison Marie, t’es remarques sont pertinentes et nous sommes beaucoup à avoir fait des ultras pour pimenter nos vies pas si drôles tous les jours et trouver cette exaltation à participer à une aventure qui paraissait inaccessible au commun des mortels il y a encore quelques années, finisher, rien qu’avec ce mot tout est dit ( je me rappelle encore avoir découvert l’Utmb en 2009 sur un magazine et me demandant comment cela était possible à réaliser). Aujourd’hui avec l’inflation du nombre de courses et du développement du trail, je me rends bien compte que je suis une fashion-victim du trail et comme toute mode, un jour on passera à autre chose.

    • Guy, ton recul et ta lucidité sur ta propre pratique sont tout à ton honneur ! L’essentiel est que tu respectes suffisamment ton corps (et ton esprit) pour ne pas mettre ta santé en danger. L’inflation kilométrique et la multiplication des ultras dans la saison des coureurs m’effraient. Je pense qu’on aura de mauvaises surprises dans quelques années lorsqu’on constatera que ces coureurs sont complètement « cassés ». Il faut créer des boîtes de prothèses, elles vont prospérer à l’avenir !!! 😉

      • Juste pour vous rassurer, j’ai bien plus mal au articulation après un trail de 40km à bloc à des vitesses pas du tout naturel pour le corps qu’après un ultra de plus de 100km. La fatigue est profonde mais le rythme étant plus naturel les dégât sont moindre. Ma pire expérience fut un marathon sur la route qui te détruit le corps…

  3. Je me devais de féliciter l’auteur de ce texte, qui reflète ce que bien des coureurs pensent! Oui, on ne dit pas tout, car ça ne se fait pas de critiquer les ultras, après tout les gens font ce qu’ils veulent… Oui, ils sont libres d’épuiser toutes les cartouches que leur organisme répercutera sur leur santé ensuite. Comme tu le dis, y’a un aspect social hyper important, où se dépasser est gratifiant, mais représente un but décalé par rapport au vécu quotidien. On se transcende pour évacuer ce qu’on ne peut faire dans la vie réelle, ce qui nous manque. Il n’y a plus de notions de course, le dépassement est une chute inconsciente vers la fin du capital santé. Je connais un coureur à 60 ans qui ne peut plus courir, pendant 10 ans il a brûlé son corps « par les deux bouts ». Aucun recul pour des gens qui randonnent sûrement depuis des années, mais qui se cognent des ultras depuis 5 ans à tout casser… A tout casser, voilà où ça mène. Hors des normes. Des normes = de l’effort humain. Parce qu’il est tout autant admirable de traquer les secondes sur un 800m. Voir plus.
    Merci encore

  4. pas faux tout ça !!! peut être as tu raison…. on cherche peut être cette « gloriole » post course…l’impression d’être un héros…. peut être sommes nous un peu drogués…. Mais je vais te répondre ce que tu as déjà entendu : vis le pour comprendre…. ce dépassement de soi dépasse tout ce qu’on peut espérer en terme de bien être mental : jadis, les gars partaient à la guerre…à la chasse…. et en revenaient (ou pas) avec honneur, force et panache… sans doute l’ultra est il dans cette catégorie d’action de vie…..Pour moi, écorché de la vie…. c’est ma manière d’exister, d’être, de vivre… C’est aussi la seule activité à mon gout où tu obtiens -en récompense- exactement ce que tu mérites, sans juge, sans personne qui t’octroie ou non ton trophée, ta place, sans triche, sans arrivisme…. regardes en milieu professionnel ou dans notre société, tous ces nuls qui obtiennent des places, des jobs par copinage, appartenance à un cercle, une religion….. en ultra, jamais!!! c’est ton travail, ton mérite qui te donnent ta place!!!!
    L’ultra, ce n’est pas seulement la course, c’est aussi l’entrainement : on aime partir seul ou pas en montagne, sur une journée, avec une grande impression de liberté!!! L’ultra, c’est ça aussi ….être libre!!! pas de chrono, tu te fous un peu de la place…le but est d’arriver…
    L’ultra, c’est tout simplement UNE PASSION …. et toute passion… dépasse la raison….

    • La rando permet elle aussi d’atteindre ce bien-être. Elle permet de se détacher totalement de la notion de performance et elle a une vertu : celle de ne pas s’inscrire dans un cadre et d’être synonyme de liberté absolue. Elle n’est pas non plus destructrice puisqu’elle permet de s’écouter davantage (pas de barrière horaire en guise d’épée de Damoclès). Alors pourquoi l’ultra trail ? Pourquoi pas la rando, tout simplement ? Je ne comprends toujours pas !

    • Et je répondrais que tu peux aller chercher ces choses là sans payer une fortune, t’inscrire à une course, sans prendre à témoins 2000 autres coureurs dans la montagne (2000 coureurs et la montagne, deux univers antinomyques tiens…) ou sans se répandre en photos et en témoignages pour prouver que  » tu l’as fait » . Puisque le coureur cherche quelque chose de perso, il peut le faire de lui même sans obligations ou réglements. Même si, la santé est le bien le plus précieux, le corps est « le lieu de l’être »… et que ce corps on l’envoie de façon rapide à l’abattoir, parfois jusqu’à la couenne!

  5. Dieu que tout ce que tu écris est vrai et c’est une fille qui a pris le départ du Tor qui le dit en plus ! Mais c’est aussi une fille qui le mardi midi alors que finalement tout se passait plutôt bien a dit « stop maintenant ça suffit je rentre chez moi ». Marre de voir cette retraite de Russie autour de moi, de voir ces gens à l’agonie, déjà incapable d’avoir une conversation parce qu’ils tombaient de sommeil… tout ça pourquoi en plus ? la pire polaire du monde, un truc si laid que tu te demandes si la personne qui la conçoit cherche juste à se venger d’un ex devenu ultra et qui lui a pourri la vie… ce jour là j’ai dit stop et j’ai décidé que quoiqu’il arrive maintenant, je resterai à jamais dans le plaisir.

  6. C’est déjà assez pénible comme ça de devoir se justifier mais qu’en plus c’est entre coureurs qu’il faut se justifier… je trouve que ton texte manque d’ouverture d’esprit et surtout stérile. je pense que la course à pied c’est comme la foi, ça ne se justifie pas…certain cherche à cumulé du D+ et alors? vis dans ces baskets avant de jugé. on a tous une histoire, un passé, un vécu! déja ceux qui ne font pas de sport critiquent ceux qui en font! ceux qui font des « petites » distances critiquent les « grandes » distances… yas pas un peu de jalousie?! le principale c’est pas d’être heureux???? si c’est en faisant 10, 40, ou 100km,… tant mieux! je n’éprouve pas de plaisir sur du court mais ça c’est mon problème!alors que du long c’est que du bonheur.. tu vas dire que je me la péte? non je suis juste heureuse de faire ce que je veux! pas de jugement car qu’y sais? peut être un jour tu y seras de « l’autre côté »!

    • Nulle trace de jalousie dans mon article, mais simplement l’expression de mon incompréhension. Je tolère tout-à-fait ceux qui aiment les ultras et je ne les juge pas. S’ils sont heureux, tant mieux ! J’émets juste de sérieux doutes sur certains aspects de cette pratique assez excessive. En tout cas, je manque peut-être d’ouverture d’esprit, mais je constate que je reste disponible pour échanger alors que ton commentaire tourne plutôt à la colère. De là à donner du crédit à l’adage populaire « il n’y a que la vérité qui fâche », il y a un pas que je ne ferai pas ! 😉
      En tout cas, je te souhaite beaucoup de plaisir sur les sentiers !

  7. Si je peux apporter ma modeste contribution… J’ai commencé la cap en 2005 (régulièrement) par le 10 du coin, des 5 aussi, puis des semi, des marathons, des trails, en matière « d’ultra » si l’on peut dire le plus long « Les Templiers ». Du triathlon également jusqu’au format Ironman. Ce qui est certain dans un premier temps c’est que la préparation prit dans sa globalité (gainage, étirements,alimentation, hydratation, progressivité, fréquences, hygiène de vie, respect de la vie de famille, des amis,etc) est à mon sens le plus important. Certes je ne pense pas qu’à long terme l’ultra sous toutes ces formes fasse vivre plus longtemps et encore que… Par rapport à un sédentaire… Par rapport à un coureur de court mal préparé… L’équilibre est à mon sens le plus important et dans l’ultra en revanche c’est difficile, le nier ça serait le cacher, ou n’avoir pas encore pris conscience de tout ça. Sinon, d’un point de vue intégrité physique, je sors d’une période de blessure d’un an et demi, je préparai un modeste chrono sur 10 (37’36)…..

  8. Moi je dis à chacun son everest ;), un peu de tolérance, on ne parle que de sport :)… Au moins ton article est populaire, c’est le but 😉 bon runs à toi mary

  9. Suis tombé sur ton post au hasard d’un partage sur FB… il m’intrigue… je ne comprend pas ce que tu ne comprend pas… c’est un drôle de sport, peu commun, ou chacun va chercher ce qu’il veut ou ce qu’il a envie. J’ai dû mal à penser qu’on puisse rationaliser cette pratique. Le débat que tu ouvres avec une ouverture d’esprit certaine et un peu de condescendance tout de même 😉 n’est pas nouveau… certainement que certains cherchent un peu de gloriole pour égayer leur vie pas rigolote mais est ce grave ? T’émouvoir devant les corps épuisés après des heures de courses… il me semble que cela fait partie de l’essence même du sport et c’est ce qui distingue la pratique de la promenade ou randonnée de la course, trail ou ultra trail… il y a une dimension d’affrontement entre les concurrents et contre soi même également… après chacun à son niveau, tranquillement fait son chemin… Mais il me semble que ce n’est pas pire de faire ce type de sport (car cela en est un) que faire du triathlon, du foot ou du rugby… Sportivement. Christophe

  10. Hello Marie, ton article est sympa et reflète bien l’évolution du trail et la mode du toujours plus. Je suis peut-être pas bien placé pour répondre mais j’y vais de mon petit commentaire 😉
    J’ai commencé le trail car l’ultra me faisait rêver et pour moi ce n’était pas de la course à pied mais de la randonnée active en quelques sortes. C’est ce qui m’a tout de suite attiré et l’aspect découverte était bien au-dessus de l’aspect performance. C’est clair qu’aujourd’hui les ultra poussent comme des myrtilles (j’aime mieux que les champignons..) mais à bien y regarder c’est souvent les distances plus courtes qui font vivre les événements alors que l’ultra est en quelques sortes la « vitrine » de ces événements (comme sur l’UTAT par exemple l’an dernier).
    Après à chacun ces motivations à aller gambader 20-30-100-300km mais au final tant que chacun y trouve son compte et son bonheur. J’ai autant d’admiration pour un coureur qui fait 2h40 à Sierre-Zinal que le coureur qui termine l’UTMB. L’aspect performance est pas le même mais si le coureur y trouve son compte… C’est clair que parfois l’état dans lequel se mettent les ultratrailers pour terminer peut paraître déplacé mais chacun est libre d’agir…
    Par rapport au TOR des Geants et à la distance hors-norme: oui c’est long, oui c’est extrême, oui il faut être un peu dingue pour y être… Mais quand tu découvres ce parcours juste génial, ce défi juste immense, ce gigantisme et la passion et l’amour des bénévoles du Val d’Aoste dans cette course. Tu veux juste y aller…
    Sur 80h ou 1 semaine, qu’importe !
    Après c’est sûr qu’il y a la recherche d’être absolument finisher de ceci ou de cela mais je crois être un peu rêveur et penser qu’il n’y a pas que ça dans la pratique de l’ultra. C’est clair que ça use et à titre personnel, je pense qu’il m’a fallut 2 ans pour revenir à une forme convenable sur les courses.
    Est-ce que cela en valant la peine? Oui! Pourquoi ? Parce que j’ai rencontré des personnes formidables, j’ai découvert des chemins incroyables, j’ai lutté contre moi même, j’ai passé par tout les états, j’ai laissé aller esprit rêver dans ces montagnes et j’ai passé un moment très spécial.
    Alors que cela soit sur 20 ou sur 300km, amusons nous !!!

    Bonne suite à toi!
    jh

    • Merci de ton message, Jules-Henri.
      Je suis contente de te voir épanoui dans ta pratique, mais je ne peux m’empêcher de t’inciter à la prudence : tu es jeune, tu as une capacité de récupération encore excellente… et pourtant tu as mis 2 ans avant de retrouver un niveau de performance satisfaisant. Ne penses-tu pas que ce délai soit un signal envoyé par ton corps ? Combien de temps mettras-tu à récupérer dans 10 ou 20 ans ? Nous avons tous un capital santé et je pense que l’ultra puise dans ce capital de manière déraisonnable. Sur le moment, tu peux être super heureux de ce que tu vis. Dans 20 ans, tu regretteras peut-être ces excès quand tu auras tellement mal aux genoux que tu ne pourras plus ni courir, ni randonner, ni skier… Je ne te le souhaite pas, mais un seul conseil : sois prudent et vis avec un seul mot en tête… l’équilibre ! 🙂

  11. Préciser qu’on ne comprend pas la finalité ou l’intérêt de l’ultra ne nécessitait pas un tel développement. Et le souci, c’est qu’à trop développer un argumentaire, on peut se retrouver en porte-à-faux.
    Il est plutôt cocasse de lire « blog 100 % égocentrique » sur un blog sur lequel l’auteure relate, notamment, ses récits de courses.
    Par ailleurs, je considère qu’une « Compétitrice en course de montagne et trail court » ne pratique pas le trail en mode loisir, mais je dois certainement faire fausse route.
    Juger la pratique des autres, dans la limite celle-ci est permise, ne m’a jamais intéressé et considérer que l’ultra n’a pas d’intérêt puisque la rando et le trail court existent me paraît aussi pertinent que de dire que la marche athlétique n’a pas sa place à côté de la course à pied.

    • Je ne peux pas laisser passer ce commentaire sans y répondre. Mon blog est bien loin d’être égocentrique car les récits de course représentent une partie infime de son contenu. La grande majorité des articles concerne des conseils que je partage avec l’internaute sans aucune autre intention que d’apporter, modestement et gratuitement, une aide à chaque pratiquant. Il me semble que cette démarche est plutôt altruiste qu’égocentrique.
      Je n’ai jamais affirmé pratiquer le trail en mode loisir, tout comme je ne juge pas la pratique d’autrui. J’utilise l’ironie pour pointer un phénomène qui m’échappe et qui, surtout, me semble soulever de vrais problèmes, notamment en termes de santé. Les dangers de l’ultra me paraissent suffisamment réels pour que je les pointe, non sans une touche d’humour (qu’apparemment tout le monde ne comprend pas).
      Quant à votre allusion à la marche athlétique, elle tombe à pic ! J’ai envie de répondre qu’en tant qu’ancienne marcheuse athlétique, je suis bien placée pour parler des disciplines mal-aimées et reléguées au second plan par les médias et la communauté sportive. Je ne peux donc que m’offusquer de voir l’ultra projeté sur le devant de la scène, souvent pour des raisons marketing, tandis que la course en montagne ou le trail court sont mis au second plan alors que la valeur sportive de chaque discipline n’est ni plus ni moins élevée. Ces disciplines ne sont tout simplement pas comparables.

      • J’ai été suffisamment « piquant » pour avoir droit à une réponse dont le ton et le contenu sont plus propices au débat.
        Concernant les dangers de l’ultra, certaines épreuves sont le support de questionnaires et/ou d’études dont la finalité est d’évaluer les conséquences des épreuves de ce type. Il semble que le recul et les données ne soient pas suffisantes aujourd’hui. Je suis intéressé par les études qui vous permettent d’imputer à la pratique de l’ultra des impacts sur la santé. Je ne suis pas sûr que les conséquences des trails courts ou de la marche athlétique soient moindres sur les articulations.
        Quant à la médiatisation, nous ne devons pas suivre les mêmes supports. Si on se focalise sur l’UTMB, plus gros évènement français en ultra, le total des reportages dans les journaux télévisés et émissions de sport des « grandes chaînes » doit frôler les 5′. Je ne suis pas sûr que les raisons marketing soient les plus importantes. La marche athlétique (décidément j’y tiens) n’était pas diffusé à la télévision jusqu’à ce qu’un français s’illustre sur les distances longues : une épreuve difficile qui dure suffisamment longtemps pour diffuser autre chose, et surtout de la publicité, avec une chance de victoire. Mais, sauf erreur de ma part, à part sur la chaîne spécifique de la course ou sur Montagne TV (et j’ai découvert ça hier), les ultras ne sont pas télédiffusés. Donc en terme de médiatisation, il reste un sacré chemin avant de rejoindre d’autres disciplines.

  12. Que cherchent ils ? Une fuite en avant ,se détruire à petit feu ….la fuite du monde réel pour s’enfermer dans une forme de drogue ,la recherche d’être reconnu de récolter des médailles imaginaires ,la recherche d’être les nouveaux guerriers (parce que chez nous on a plus de guerre et de champs de batailles ) . C’est la dérive de l’ ultra trail !!!! Prendre son sac à dos et partir sur les chemins en mode rando ,sans chrono , simplement marcher et penser ,ça fait beaucoup plus de bien que de se détruire physiquement sur un ultra ,mais pardon ,on marche sur un long chemin et eux courent sur un ultra trail . Il y a le haut niveau comme dans tous les sports , ce sont généralement des pros ou semi pros , eux savent en quelque sorte pourquoi ils font du trail ; il y a les autres ,ceux qui font du trail pour le plaisir et qui se sont mis des limites … Puis il y en a d’autres , des accros ,qui recherchent leur « épanouissement » dans la souffrance et la colère , en conflit avec eux même (la passion peut rendre fou !) ,comparant un ultra trail à une guerre ! C’est gens là ne m’intéressent pas !

  13. Super réflexion 😉 ça fait plaisir de voir ici résumée sa pensée sur le sujet. Ça devient la course à l’échalote, toujours plus dur plus long… Pour des gens lambdas, qui ne sont pas des athlètes pro. Ils travaillent, vivent en ville et se lancent dans des trucs délirants. Beaucoup regrettent d’avoir mis leur vie Perso de côté pour préparer lutmb

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s