Une vaste étendue moutonnante à plus de 1 000 mètres d’altitude où les vaches semblent plus nombreuses que les hommes. Des burons jetés ici et là au milieu des pâturages, comme de minuscules jouets oubliés au fil des ans. Et l’écho des cloches dans le silence de ce plateau à la fois sauvage et reposant. L’Aubrac, une région qui m’était totalement inconnue jusqu’à ce que je vienne y poser les baskets samedi dernier. L’Aubrac, un terrain roulant à souhait ! A la faveur d’une invitation des organisateurs de l’événement « Courir en Aubrac », j’ai lâché mon sac de sport dans un gîte paisible avant de filer sur le site de course pour retirer mon dossard. En cette veille de compétition, la place du petit village de Nasbinals (seulement 600 habitants) connaît l’effervescence. Des trailers évoluent un peu partout, animant d’une vie inhabituelle cette bourgade qui ne doit plus se reconnaître ! Consciencieuse, je pars trottiner sur les chemins pour le fameux footing de décrassage. Et je me rends vite compte que le parcours du lendemain promet d’être franchement usant…

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En délicatesse avec un adducteur et un genou depuis dix jours et tout juste sortie du cabinet d’ostéopathie, j’avoue que je n’aborde pas cette course l’esprit serein. Il faudra composer avec la douleur pendant la bagatelle de 29,5 km et 800 m D+. Mais la chimie se révèle miraculeuse car une bonne dose de paracétamol semble avoir raison des caprices tendineux et articulaires en ce dimanche matin. Sur la ligne de départ, Dominique Chauvelier me sourit et fait monter la pression dans le peloton de 700 coureurs impatients de s’élancer sur les sentiers. La musique s’élève et me rappelle étrangement le Marathon des Causses d’octobre dernier… Sous un soleil resplendissant, je vais profiter des paysages à 100 %, admirer les vaches aux yeux de biche, contempler les vallonnements des prairies fleuries, savourer l’ombre des forêts et papoter aussi avec des concurrents vraiment sympas qui m’encouragent et m’emmènent sur quelques kilomètres. Le terrain est si peu technique que nous pouvons courir en quasi-permanence et, bientôt, les jambes commencent à tirer un peu. Les quatre derniers kilomètres me paraissent longs, mais je déguste ma deuxième place à sa juste valeur. J’avoue aussi qu’il était temps que la ligne d’arrivée se profile car l’adducteur commençait à exprimer son mécontentement…

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La tête encore pleine d’images de cet Aubrac aux lumières fascinantes et aux allures de petit désert intérieur, je m’apprête à reprendre la route. Direction la Suisse et St Moritz pour participer à une première édition qui s’annonce aussi belle que son aînée, le Matterhorn Ultraks : l’Engadin Ultraks. Totalement charmée par le Cervin et l’événement trail d’août dernier, je n’ai pas hésité une seconde lorsque l’organisateur, Michel Hodara, m’a gentiment invitée à venir courir sur les sentiers helvètes. Une nouvelle occasion de découvrir des lieux d’exception où, contrairement à l’Aubrac vallonné, les 30 km qui m’attendent promettent d’être carrément alpins avec leurs 1700 m de dénivelée positive.

Le trail est décidément une formidable occasion de voyager. De s’ouvrir non seulement à d’autres horizons, mais aussi de s’ouvrir aux autres. Les échanges avec les concurrents sur la Cap’Aubrac ont illuminé ma course déjà heureuse grâce aux paysages traversés. C’est toute la magie de cette discipline : elle ne connaît pas de frontières. C’est sans doute pour ça aussi qu’on l’aime !

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