Aubière. Un nom qui sonne familièrement aux oreilles des pistards. Un nom qui n’évoque sûrement rien du tout au commun des mortels. Aubière est le berceau de la halle d’athlétisme de Clermont-Ferrand, là où se déroulent fréquemment les championnats de France Elite indoor. Ce week-end, la commune auvergnate accueille la crème des athlètes français dans ce bel écrin tiède où coureurs, lanceurs, sauteurs et marcheurs échappent à la froidure hivernale.

Tandis que ces championnats de France 2015 battent leur plein, je me souviens…

Je me souviens de ces hivers rudes qui rendaient l’entraînement encore plus difficile. Qu’il neige, qu’il vente, qu’il pleuve, je partais marcher sans hésiter. J’avalais du bitume et du tartan avec passion et voracité.

Je me souviens de ces trajets collectifs jusqu’à Clermont-Ferrand, du paysage alpin qui cédait bientôt la place aux silhouettes plus arrondies des volcans, de la langue noire de l’autoroute qui ondulait devant nous. J’éprouvais un mélange d’impatience et d’anxiété à l’idée de retrouver mes concurrentes sur le tartan bleu d’Aubière.

Je me souviens de tout : les odeurs, la chaleur, les couleurs, les bruits. La texture de la piste sous mes pieds. Les virages relevés qui finissaient toujours par me faire mal aux jambes. Le son de la cloche qui annonçait le dernier tour. L’effort violent de ces 3000m en salle qui me remuaient de fond en comble, moi qui n’étais pas franchement rapide et qui préférais les épreuves de longue haleine.

Les souvenirs sont encore vivaces, même si ce passé est déjà loin. Presque 10 ans se sont écoulés. J’ai troqué le tartan et la tiédeur hivernale des halles d’athlétisme contre les sentiers boueux, enneigés, jonchés de cailloux et de racines, tour à tour roulants et escarpés. Changement radical d’ambiance et de terrain. Mais la passion reste la même, tout comme le plaisir d’aller au bout de soi. Finalement, que nous enfilions des pointes de sprint, des chaussures de marche athlétique ou des baskets de trail, nous sommes tous unis par le même plaisir de l’effort et du flirt avec nos limites.

Bon, de là à me reconvertir au 100 m, il y a un pas que je ne franchirais pas !  😉

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