Tout le monde connaît ces jours-là. Ceux qui vous plombent le moral quoique vous fassiez. Ceux qui semblent vous dire : « aujourd’hui, toi, tu ne vas pas rigoler ! » Hier était l’une de ces journées pourries. Histoire de me donner envie de chausser les runnings, je constatais en ouvrant les volets que le ciel déversait une petite pluie fine mais froide. Espérant que cette bruine hivernale assez désagréable allait cesser, je patientais un peu, repoussant le moment où il faudrait mettre le nez dehors.

« Ne pas réfléchir, ne pas réfléchir, ne pas réfléchir… » me disais-je en laçant mes chaussures et en ajustant ma veste imperméable. Quand il fait mauvais et que l’envie de courir se réduit comme peau de chagrin, je préfère mettre le cerveau en position « off ». Sinon c’est le renoncement assuré ! Me voilà donc sous la pluie, équipée comme s’il faisait -10°C. Et hop, en avant pour une rando-course d’une heure et demie !

Après seulement quelques minutes de trot, j’éprouvais des sensations assez horribles. Pas d’énergie, des jambes en coton et l’impression d’être devenue asthmatique en une nuit. « Pas d’affolement, ça va passer… » Première côte. Premier désespoir. Je sentais que la coupure hivernale était passée par là car j’étais tout bonnement incapable de courir. « Pas d’affolement, ça va bien finir par aller mieux… » Mais non, pas la moindre amélioration en vue ! La pluie s’intensifiait, tandis que les oreillettes de mon iPod ne cessaient de tomber et que ma triple épaisseur de vêtements me faisait transpirer à outrance. Journée pourrie, sortie pourrie…

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Prenant mon mal en patience, je me contentais donc d’encaisser cette rando-course en profitant tant bien que mal du silence humide de la forêt, l’iPod ayant été rapidement relégué au fond d’une poche d’un geste rageur. Aaaah, enfin la descente ! Mais j’oubliais une règle essentielle : ne jamais crier victoire trop vite. Au lieu de courir comme une dératée en sautant par-dessus racines, cailloux et flaques, me voilà en train de patiner dans la boue, les chaussures entourée d’une gangue de terre collante et les jambes crottées jusqu’aux cuisses. « Allez, c’est bientôt fini… » Mais non, je n’étais pas encore au bout de mes peines. Croyant choisir un petit sentier bucolique, je m’engageais dans un véritable bourbier. Des travaux d’élagage avaient transformé le chemin habituellement ludique et sauvage en un vaste champ de glaise dans lequel je m’enfonçais quasiment jusqu’à la cheville… Journée pourrie, sortie ultra-pourrie…

Parfois je me demande pourquoi le sort s’acharne ainsi. Je me demande aussi pourquoi nous nous entêtons alors que tout se ligue contre nous. Peut-être nourrissons-nous toujours l’espoir que « ça ira bientôt mieux » ? Peut-être sommes-nous d’irréductibles optimistes ? Ou alors peut-être sommes-nous simplement un peu dingues de courir coûte que coûte…

Je vous laisse : je pars courir… en espérant qu’aujourd’hui sera un « jour avec » !  🙂

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