8h30. Hall d’entrée de l’hôtel Tamassa. Sur le sol immaculé, les roues des vélos glissent comme sur une patinoire. Les vacanciers et le personnel de l’hôtel regardent cette horde de cyclistes avec un air à la fois étonné et amusé. Il faut dire que nous devons composer un tableau pour le moins insolite : nous sommes une petite quarantaine à nous masser devant l’établissement luxueux, tous affublés de notre cuissard, notre casque, nos lunettes et nos chaussures à cales. J’apprécie cette dimension totalement décalée. Tandis que nous nous apprêtons à partir en sortie de reconnaissance, un couple de touristes monte dans son taxi, elle en petite robe de plage et lui en short de vacances. Contraste saisissant avec notre peloton de coureurs assoiffés de kilomètres…

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Nous nous élançons derrière un trio de haut vol : Frédéric Belaubre, Charlotte Morel et Anne Tabarant. Quelques coups de pédale et nous voici au coeur d’un village où des écoliers attendent le bus et des hommes, plantés sur le seuil d’une boutique, nous regardent passer, un peu ébahis. Un peu plus loin, ce sont des jeunes Mauriciens qui nous sourient et nous font signe de la main en nous dépassant, debout à l’arrière d’une espèce de pick-up improbable. Bientôt, le paysage s’ouvre : l’océan me saute aux yeux avec ses teintes délicatement bleutées, tour à tour bleu marine, turquoise, vert d’eau. Le vent souffle fort, le soleil tape durement. Lorsque nous débouchons face au Morne Brabant, je suis fascinée par la beauté du paysage : le rocher s’élève dans le ciel, l’océan à ses pieds. Tout en songeant à son histoire (les esclaves venaient s’y cacher), je pédale tranquillement, laissant des coureurs me dépasser. Il faut dire que je préfère rouler seule depuis que j’ai heurté un vélo devant moi en début de sortie lors d’un freinage brutal… mon tibia, où naissent trois beaux oeufs de pigeon, se souvient encore du choc de la chute !

Changement d’ambiance. Après la route vallonnée du bord d’océan, voici la fameuse montée de Chamarel. 4 km d’ascension plus éprouvants à cause de la chaleur écrasante qu’à cause de la montée elle-même. La forêt a succédé aux palmiers mais, au sommet, la vue sur le lagon est somptueuse. La végétation verdoyante des coteaux exhausse encore le turquoise de l’eau.

La descente est plus scabreuse : la route sillonne d’abord une forêt où humidité et nids de poule contraignent à la prudence, puis elle traverse de vastes champs de cannes à sucre d’où le panorama sur l’océan est, là encore, superbe.

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Un dernier arrêt pour une photo souvenir sur la plage, puis retour à l’hôtel par la route côtière. Les triathlètes filent à leur allure. Je préfère rouler en admirant le paysage et en répondant aux coucous souriants de quelques Mauriciens en voiture.

Au terme de cette matinée à vélo, je reste émerveillée des panoramas. Et je constate aussi que le monde du triathlon est très différent de celui du trail. Me frotter à un autre milieu sportif est à la fois enrichissant et intéressant : rien de tel que l’immersion dans un autre univers pour jeter un regard nouveau sur sa propre pratique et sa propre sphère !

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