Décidément, mon travail n’en est pas un. Ce constat m’est d’autant plus flagrant quand je jette un oeil par la fenêtre : en bas, des ouvriers s’échinent sur un chantier, le nez dans la poussière et les mains dans le ciment. Au lieu d’enfiler des godillots de sécurité et un casque de protection ce matin, j’ai chaussé mes runnings et me suis glissée dans un short et un tee-shirt. Direction les sentiers de Val Thorens où je suis un stage de trail en mode journalistique. Alors oui, je peux légitimement affirmer que mon travail relève plutôt du plaisir que de la corvée !

Invitée par l’organisateur – le réseau de coaches WTS (www.wts.fr) – je découvre depuis dimanche ce qu’est un stage de trail en altitude. A Val Thorens, station de ski la plus haute d’Europe, nous sommes ainsi une petite dizaine à nous regrouper autour de l’entraîneur, Jean-Pierre Camm. Notre communauté rassemble des coureurs de tous niveaux, de tous âges et de tous horizons. Certains viennent des rives de la Méditerranée, d’autres descendent de Paris. Certains ont déjà des épreuves de renom à leur actif (Ice Trail Tarentaise, 6000 D, CCC…), d’autres sont encore en phase de découverte de la discipline et souhaitent avant tout se faire plaisir. Les plus jeunes ont la petite trentaine, les plus âgés doivent flirter avec la cinquantaine. Bref, tout le monde peut participer à ce stage… et c’est tant mieux ! Les échanges en sont d’autant plus enrichissants et les différences de niveau instaurent une saine émulation et un respect de chacun.

Avec son enthousiasme et son expertise, le coach dirige les séquences de main de maître en veillant à distiller ses conseils de manière personnalisée. Nutrition, biomécanique, technique de course, étirements, préparation physique, blessures… tous les sujets sont évoqués et toutes les questions sont les bienvenues. On parle sans complexe, on apprend des éléments théoriques et pratiques, on se fait des copains, on rit. On court aussi, évidemment ! Là encore, chacun trouve son rythme : des groupes de niveau se forment naturellement, on s’attend les uns les autres, on s’émancipe aussi du programme si l’on a envie d’ajouter au programme matinal une sortie l’après-midi.

Bon, si mon métier a d’indéniables avantages, il a aussi ses inconvénients : malheureusement, je dois quitter ce stage rapidement, appelée vers d’autres reportages. Mais ce (trop) bref aperçu m’a permis d’appréhender l’intérêt de ce type de sessions, quel que soit le niveau sportif du coureur : dans une ambiance détendue et conviviale, un stage de trail conjugue apprentissage, entraînement, séjour en altitude et partage. Un cocktail franchement séduisant qui vient puiser sa force dans l’esprit trail tel qu’on l’aime.

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