Vendredi 11 juillet, 9h15. La tonalité retentit. Mon interlocuteur tarde à décrocher, mais j’entends enfin sa voix : « allô ? » Julien est bien là, fidèle à ses engagements. Nous avions rendez-vous et, comme à son habitude, il ne me fait pas faux bond. « Je viens justement de raccrocher avec un autre journaliste. C’est la matinée média ! » s’amuse le champion. Soucieuse de ne pas accaparer Julien à la veille de l’échéance fatidique, les championnats d’Europe de course en montagne, je ne pose que trois questions auxquelles Julien répond avec la disponibilité et la gentillesse qui le caractérisent.

Comment s’est déroulée ta préparation ?

« Impeccable ! J’ai pu suivre ma préparation sans pépin et faire les séances que je voulais. Début juin, j’ai fait un stage avec l’équipe de France de trail dans la Loire, puis j’ai participé à la Montée du Grand Ballon où cela s’est super bien passé puisque j’ai terminé 4e et 1er Français derrière de grosses pointures mondiales. J’ai ensuite enchaîné avec cinq jours de stage à Gap avec l’équipe de France de course en montagne avant de monter m’entraîner à Pralognan. J’ai réalisé beaucoup de travail spécifique en bosse, en enchaînement montée-descente et en VMA pour garder de la vitesse. » 

Comment se présente la course de demain ? Tu me confiais, début juin, viser une place dans le top 5. Compte tenu de ta préparation satisfaisante, tes ambitions ont-elles évolué ?

« Côté météo, il faut beau aujourd’hui à Gap. Nous espérons tous que ce temps va se maintenir jusqu’à la course. Le terrain n’est pas très gras. Nous avons fait plusieurs séances sur le parcours pendant le stage. Il s’agira de faire trois fois la même boucle dont la caractéristique principale est un certain déséquilibre entre une montée raide et une descente plutôt roulante. C’est un parcours sans surprise, assez similaire aux précédents championnats d’Europe. Personnellement, j’aurais préféré une descente plus technique mais son côté roulant ne me dérange pas outre mesure.

En tout cas, une chose est sûre : sur ce terrain, il faudra être bon partout. Etre fort dans le raide, être rapide en descente, être rapide sur les portions roulantes. Celui qui sera le plus capable d’encaisser tous les changements de rythme gagnera. Mais la gestion de course sera également importante. Même s’il est toujours difficile d’anticiper le déroulement d’une course, j’imagine qu’il y aura un tour d’observation. Il faut se placer tout de suite dans le bon groupe, sinon on ne revient jamais complètement devant.

En ce qui concerne mon état de forme, je vais très bien aujourd’hui. On verra demain… Mon objectif n’a pas changé : si je termine dans le top 10, j’aurai fait une bonne course ; dans le top 5, une très très bonne course ; et sur le podium, ce serait exceptionnel ! Sur le plan collectif, nous avons une équipe assez homogène. Tout le monde a l’air plutôt en forme, hormis Renaud (Jaillardon, ndlr) qui ressent une petite douleur au pied mais elle ne devrait pas trop le gêner demain. Si nous ne décrochions pas de médaille par équipe, nous serions déçus. La médaille par équipe, c’est la priorité ! »

Il est rare qu’un championnat de ce niveau se déroule dans les Alpes françaises. De plus, à Gap, tu as un ancrage familial. Est-ce que cela génère une pression supplémentaire ou la présence de supporters – et de membres de ta famille – va t’aider à te transcender ?

« Non, je ne ressens pas de pression supplémentaire. Je vais au contraire me servir de la présence de nombreux supporters pour aller encore plus loin. Il faut utiliser le fait de courir à la maison comme un élément positif et non le transformer en stress. Il y aura pas mal de monde pour nous encourager. Recevoir un championnat de ce niveau en France, c’est rare ! C’est en 2007 que la France avait reçu pour la dernière fois les championnats d’Europe, dans les Pyrénées. A Gap, les mondiaux avaient eu lieu en 1993. Demain, il y aura un beau spectacle ! »

 

Composition de l’équipe de France senior

Hommes : Julien Rancon (EA Grenoble), Benjamin Bellamy (EA Pau de Foix), Renaud Jaillardon (Athlé Calade Val de Saône), Emmanuel Meyssat (AC Tassin).

Femmes : Christel Dewalle (Athlé Saint Julien 74), Hafida Gadi (SCO Sainte Marguerite Marseille), Lucie Jamsin (Douai-Sin), Anaïs Soubrie (Athlé Calade Val de Saône).

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