A la grâce d’un métier passionnant – le journalisme indépendant – j’ai la chance de poser régulièrement mes baskets sur de lointaines terres de trail. Encore emmitouflée sous plusieurs couches de vêtements techniques il y a quelques semaines, en Laponie finlandaise, me voici en short et tee-shirt sur les pentes du Haut Atlas marocain. Contraste climatique, contraste esthétique, contraste technique : d’une terre à l’autre, courir reste pourtant un bonheur intense.

Invitée à un voyage de presse par l’organisateur de l’Ultra Trail Atlas Toubkal, j’ai découvert un massif montagneux extraordinaire. A Oukaïmeden, situé à une heure de route de Marrakech et à 2600 m d’altitude, la terre et les pierres rivalisent de couleurs : tantôt beiges, tantôt rouges, tantôt grises, elles offrent des nuances saisissantes. Tout-à-coup, au détour d’un chemin, on découvre un improbable village où les enfants sourient, les femmes préparent le thé, les hommes travaillent sous un soleil de plomb et les mules crapahutent sur les sentiers escarpés. Lorsque courir rime avec découvrir…

Sous mes pieds, la terre est poussière. Les pierres sont de gros blocs aux arêtes rugueuses qui rendent la progression difficile. Dans ces immenses espaces de haute montagne, j’ai l’impression d’être une débutante tant je suis essoufflée et mes jambes sont en coton ! Je pense aux trailers qui, début octobre, auront à affronter 105 km, 42 km ou 26 km dans ces conditions éprouvantes. Et je prends conscience aussi de l’absolue nécessité de me préparer à courir en altitude car je ferai partie du peloton qui s’élancera pour 26 km et 1400 m de dénivelée le 3 octobre prochain…

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Rachid El Morabity, vainqueur du Marathon des Sables 2014, se joue de la technicité du Haut Atlas

Littéralement tombée amoureuse de ces montagnes marocaines marquées par la rudesse et la somptuosité, je tiens cette semaine à rendre hommage à l’instigateur de l’UTAT, Cyrille Sismondini, et à tous ceux qui portent l’événement avec lui depuis six ans. Injustement méconnu, ce trail allie non seulement une dimension sportive intéressante et respectueuse de l’esprit trail originel (courir en semi-autonomie en haute montagne), mais aussi une forte composante humaine. Courir dans le Haut Atlas, c’est venir à la rencontre du peuple berbère. C’est aussi découvrir une terre de contrastes où l’on éprouve une profonde humilité face à la nature. Loin des sentiers ultra-galvaudés où des milliers de coureurs se pressent en oubliant l’essentiel, le Haut Atlas offre un terrain de jeu incroyable aux trailers. Oui, je suis partie de ce lieu magique comblée… un peu fatiguée aussi… et avec les chaussures remplies de poussière ! En attendant avec impatience le mois d’octobre, je file m’entraîner… le plus haut possible et avec le plus de cailloux possible, s’il vous plaît !  😉

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