Julien Rancon (dossard 312), adepte du cross-country en hiver.     © L. Montico

Montagnards dans l’âme, les trailers pourraient bien ressembler à des marmottes pendant la saison froide : boire, manger, faire du gras et se reposer, ne serait-ce pas un beau programme pour supporter le froid ? Non, les trailers sont loin d’hiberner : activités variées au programme… et pas question de s’encroûter !

A moins de s’exiler à l’étranger, là où règnent douceur et soleil, le trailer doit composer avec une saison plutôt défavorable à sa passion : froid, pluie, neige, journées raccourcies et raréfaction des épreuves rendent la pratique du trail plus difficile en hiver. Pourtant le coureur n’est pas condamné à troquer ses runnings préférées contre des chaussettes en laine et son plat de pâtes contre une raclette. Ski alpinisme, ski de fond, PPG, cross-country, raquettes, trail blanc… les stratégies hivernales ne manquent pas !

Courir en hiver, oui, mais comment ?

Les trailers qui souhaitent continuer à courir pendant l’hiver ont trois options :

  1. Courir différemment, autrement dit pratiquer une autre discipline comme le cross-country. Avantages ? Le cross permet de travailler la vitesse, la VMA et le mental.
  2. Persévérer dans le trail en optant pour les épreuves dites « blanches ». Ces courses se révèlent très éprouvantes pour l’organisme. Conditions difficiles, sollicitations intenses des muscles et des tendons, dépense énergétique plus élevée : les trails blancs doivent être consommés avec modération.
  3. S’entraîner a minima en course à pied et pratiquer d’autres sports en parallèle : c’est le choix de nombreux champions qui, tout en maintenant quelques séances de running chaque semaine, s’adonnent à d’autres disciplines (ski alpinisme, ski de fond, musculation, PPG…).

Mais pourquoi courent-ils moins ?

Pratiquer une autre discipline sportive pendant la saison hivernale présente de nombreux avantages :

  • Faire une coupure dans l’année permet de reprendre la course à pied avec une envie et une motivation décuplées au printemps.
  • Pratiquer d’autres sports permet de se préserver sur les plans musculaires et articulaires, le trail étant une pratique traumatisante. Diversifier les sollicitations de l’organisme évite bien souvent les blessures et douleurs chroniques.
  • S’entraîner dans d’autres disciplines permet de développer d’autres qualités, de travailler différemment et, ainsi, d’avoir une approche complémentaire du running. Endurance de force, qualités de grimpe, travail foncier, développement de la VO2 max, altitude, renforcement musculaire… Les activités d’hiver apportent généralement beaucoup au trailer qui, sans forcément en être conscient, courra encore mieux lorsque les beaux jours reviendront !

L’hiver de Maud Gobert (team Adidas)

« Je fais du ski alpin, c’est mon travail ! Le ski de rando est aussi intéressant car toutes les séances spécifiques peuvent se travailler sur les planches. »

L’hiver de François d’Haene (team Salomon)

« Je profite de la période hivernale pour faire une petite coupure, c’est-à-dire que je ne fais rien pendant 15 jours puis je reprends progressivement mais je ne cours que deux fois par semaine. J’essaie de faire d’autres activités, notamment du ski de randonnée et du ski nordique. Cela permet de varier un peu ma façon de m’entraîner et de rester en montagne. Cela permet aussi de varier les contraintes corporelles. »

L’hiver de Julien Rancon (team Adidas)

« Je fais une coupure en début d’hiver puis je reprends l’entrainement en intégrant souvent d’autres sports comme le ski de fond ou du travail en salle (cardio-training, musculation, PPG). Souvent, il y a peu ou pas de compétitions. Pour les athlètes que j’entraîne, c’est très variable. Leur point commun, c’est la coupure qui se fait plus ou moins tôt. Ensuite, en fonction des objectifs de chacun, il peut y avoir les cross, les corridas, les trails blancs, du ski de randonnée, du ski de fond… »

L’hiver de Ludovic Pellé (team Run Alp) 

« Tout dépend des conditions : si mes parcours sont ‘‘courables’’, je cours. Sinon c’est ski de fond et ski alpin avec mes enfants. En 2014, je fais la saison de cross. »

L’hiver de Nicolas Martin (team Sigvaris)

« D’abord, il y a la coupure annuelle, environ 2 à 3 semaines presque sans sport. Je reprends l’entraînement à la mi-novembre par un cycle VMA et PPG. Il y a deux séances de VMA par semaine, une bonne séance de PPG puis des séances aérobies sous diverses formes (footing, raquettes, ski de fond…). L’essentiel est de faire du foncier à basse intensité sur ses séances. Ensuite, les cross commencent. Je m’entraîne sur des fractions un peu plus longues et les compétitions servent de séances de seuil long. Pour un trailer, plus les objectifs sont tôt dans l’année, plus il faut reprendre l’entraînement spécifique rapidement. L’hiver est donc une saison studieuse où le volume horaire n’est pas le plus important mais où l’intensité est très présente. Le but est de sortir de l’hiver en bonne forme et avec une VMA élevée. »

© Photo : Lionel Montico

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