Podium Marathon du Mont Blanc 2013

Il y a des êtres à qui tout réussit. Certains ont simplement de la chance, d’autres oeuvrent sans relâche pour réaliser leurs rêves et leurs ambitions. Thomas Pueyo, sacré champion de France espoir de trail à l’automne dernier, est sans doute de ceux qui réussissent parce qu’ils se donnent les moyens d’atteindre leurs objectifs. Pétri de multiples talents – musicaux, intellectuels et sportifs – Thomas Pueyo est une jeune pousse du trail running qui devrait continuer à caracoler en tête des classements espoirs cette année. Et qui devrait aussi titiller les seniors ! Interview avec un trailer plein de ressources.

Thomas, tu as décroché à l’automne dernier le titre de champion de France espoir à Gap. Rêvais-tu depuis longtemps de monter sur un podium national ? Nourrissais-tu l’ambition de devenir un jour un sportif de haut niveau ?

« Avoir un titre n’a jamais été un rêve en soi. Lorsque j’étais enfant, le sport faisait partie d’un tout, avec le violon et l’école, donc je n’étais pas obnubilé par ça en particulier. On dit que l’appétit vient en mangeant. L’ambition du haut niveau est venue avec les résultats. »

Quel est ton parcours sportif depuis ta plus tendre enfance ?

« Tout part du jeu finalement ! Petit, j’adorais grimper aux arbres, alors j’ai un peu pratiqué l’escalade en primaire. Et puis je courais vite à la récré, alors j’ai attaqué l’athlé arrivé au collège. J’ai débarqué dans un très bon club, imprégné de l’esprit des épreuves combinées, où l’on touchait à toutes les disciplines. Mais la course, sous toutes ses formes, a toujours été ce que je préférais. Je me suis orienté vers le demi-fond après une année de classe prépa lettres. »

Comment as-tu quitté l’athlétisme pur pour t’engager sur le chemin du trail ?

« J’ai toujours aimé fréquenter le stade pour le décathlon, mais clairement pas pour le demi-fond. Regardant les vidéos de Kilian Jornet m’a ouvert d’autres horizons. J’ai donc délaissé le stade pour la montagne. Elle nous permet de voir des paysages et des ambiances magnifiques. Par ailleurs, je pouvais mieux y exprimer mes qualités. »

Thomas Pueyo

Quels sont tes objectifs pour la saison 2014 ?

« Je n’aime pas trop planifier à l’avance. Pour l’instant, j’ai le Marathon du Mont Blanc en tête. »

Quels sont tes points forts ? Et les qualités qu’il te faut développer pour devenir plus fort ?

« Les montées me réussissent. Si je devais choisir une chose à améliorer, ce serait l’endurance. »

Tu étudies à Sciences Po Grenoble. N’est-ce pas difficile de concilier études et entraînement intensif ? Qui est ton coach ?

« L’équation s’avère complexe. Malgré tout, le volume horaire des cours permet de s’organiser. Même si j’ai le statut de sportif de haut niveau, je n’en abuse pas. De tout façon, je ne compte pas parmi ceux qui s’entraînent le plus : je dirais entre 8 et 12 heures selon les semaines. Thierry Galindo (Team Isère Montagne) me conseille pour le ski alpinisme. Je prendrai aussi conseil auprès de Tao Boukrima (ASPTT Grenoble) cet été pour la course à pied. »

Quel est le format de course sur lequel tu te sens le plus à l’aise et éprouves le plus de plaisir ?

« J’adore les courses qui arrivent en altitude, quelle que soit leur distance. L’esthétique d’une arrivée en altitude est toujours incroyable. »

Qui est ton sportif fétiche ?

« Marcel Hirsher, en ski alpin. Il m’impressionne beaucoup par sa régularité et son mental inébranlable. »

Pratiques-tu des activités hormis le sport ?

« J’étudie le violon au Conservatoire. C’est un instrument très exigeant, qui fait appel à beaucoup de sensibilité et à une maîtrise totale du corps pour l’exprimer. A ce titre, j’ai autant de considération pour les grands solistes, comme Vadim Repin ou Renaud Capuçon, que pour certains champions. Leur mental est exceptionnel. » 

Tu es champion de France espoir de trail mais, paradoxalement, tu n’as pas de sponsor et n’appartiens à aucun team…

« En effet, je suis en quête de sponsors, qu’il s’agisse d’un magasin ou d’un team, afin de couvrir mes dépenses en inscriptions et en matériel et de continuer à progresser. Je serai toujours espoir cette saison et j’espère monter sur beaucoup de podiums qui seront autant d’occasions de donner de la visibilité et du crédit à une marque. J’ai aussi un site (thomaspueyo.blogspot.fr) qui me permet d’être présent sur internet. »

© Photos : S. Pueyo

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