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La Gimenez, une sacrée vacherie !

Quand je vois ce mot sur le plan d’entraînement, une vague d’angoisse me traverse. Allez savoir pourquoi ! Ben si, vous saurez pourquoi lorsque vous aurez testé cette séance assez horrible qui vous donne l’impression d’avoir simultanément une crise d’asthme, un accès de tachycardie et une décharge fulgurante d’acide lactique dans les jambes. Depuis longtemps adoptée par les cyclistes, ces doux dingues masochistes, la séance dite Gimenez est d’une efficacité redoutable (heureusement parce que si, en plus, elle ne servait à rien, ce serait le pompon !). Voici le mode d’emploi d’une session d’entraînement dont vous vous souviendrez longtemps. 

Ce n’est plus nouveau, ni étonnant. Le vélo fait désormais partie de la panoplie d’entraînement du coureur à pied – en particulier du trailer. Outre son intérêt pour soulager les articulations, le cyclisme permet de développer de nombreuses qualités indispensables à l’athlète (endurance, puissance maximale aérobie, force…). Décliné dans sa version indoor grâce au home trainer, il se révèle extrêmement pratique :

  • quand la météo est exécrable et rend difficiles les sorties en plein air ;
  • lorsque l’hiver s’installe avec, selon les régions, un froid mordant, voire de la neige ;
  • si l’on doit s’entraîner de nuit, tôt le matin ou tard le soir ;
  • si une blessure empêche de courir, mais pas de pédaler ;
  • si vous avez tout simplement la flemme de sortir et que vous préférez transpirer à la maison, une bonne playlist diffusée à bloc par vos enceintes Bluetooth !

Pour rappel, le vélo ne sert pas uniquement à réaliser du foncier (c’est-à-dire des heures de selle destinées à avaler des kilomètres). Il permet aussi de travailler en fractionné, comme on le fait habituellement à pied.

 

La Gimenez, c’est quoi ?

C’est simple : c’est un vrai cauchemar ! Bon, sans rire et très objectivement, la Gimenez n’est pas une horreur (quoique…), mais une séance exigeante physiquement et mentalement. Inventée par un cycliste professionnel, elle correspond à la durée moyenne d’un contre-la-montre, autrement dit 45 minutes, et alterne exercice en anaérobie et contre-exercice en aérobie. Elle se déroule de la manière suivante :

  1. Echauffement de 15 minutes consistant à pédaler tranquillement, d’abord sans forcer puis en augmentant progressivement l’intensité pour préparer l’effort.
  2. 9 répétitions de l’enchaînement suivant :
    • Exercice en anaérobie pendant 1 minute : vous devez pédaler en atteignant 100 % de votre PMA (cf. définition en encadré), à une cadence de 100 à 110 rpm (rotations par minute).
    • Contre-exercice d’intensité sub-maximale pendant 4 minutes : il correspond à une récupération active réalisée à 70 % de votre PMA.
  3. Retour au calme de 10 minutes consistant à pédaler tranquillement en faisant retomber l’intensité.

D’un point de vue physiologique, cette succession d’intervalles provoque une augmentation régulière de la fréquence cardiaque (FC) tout au long des 45 minutes d’effort. Comme l’intensité reste assez élevée lors du contre-exercice de 4 minutes, la différence entre la FC de l’exercice en anaérobie et celle du contre-exercice est faible (autour de 10 à 20 pulsations/minute chez un athlète entraîné). Par ailleurs, pendant les phases en anaérobie, des lactates sont produits, comme lors d’un sprint réalisé en course à pied. Le contre-exercice permet de récupérer la dette d’oxygène mais seulement de manière partielle, ce qui engendre une augmentation des lactates tout au long des 45 minutes. L’effort devient donc de plus en plus difficile. Petit à petit, même la récupération devient une phase éprouvante. Autant vous dire que, si les intensités ont été respectées, on termine la séance complètement rincé !

La Gimenez n’est malheureusement pas une promenade de santé !

Pour réussir la séance

Même si la Gimenez peut être réalisée en plein air, il est préférable de l’effectuer sur home trainer, surtout si vous n’êtes pas un cycliste chevronné. Vous pourrez ainsi mener l’exercice dans des conditions constantes (ni pente, ni vent, ni intersection).

  • Bien installé sur votre home trainer, conservez la même position tout au long de la séance (ne vous mettez pas en danseuse, par exemple) afin de ne pas influer sur la puissance développée. Pour mesurer cette dernière, l’utilisation d’un capteur de puissance reste l’idéal. Cependant cet équipement reste onéreux (de 600 à plus de 1600 €). Si vous vous connaissez bien et que vous avez l’habitude de pédaler, vous pouvez néanmoins vous fier à vos sensations en respectant les intensités de chaque intervalle (100 % de PMA et 70 % de PMA).
  • Ne vous attachez pas trop à votre fréquence cardiaque car elle va progressivement augmenter, l’objectif étant justement de la laisser dériver jusqu’à atteindre quasiment son maximum en fin d’exercice.
  • La récupération (phase de contre-exercice) doit être dynamique, à intensité soutenue. Petite précision pour les adeptes de physiologie : il faut effectivement optimiser l’oxydation d’une partie du lactate accumulé pendant l’exercice aérobie. Plus prosaïquement, le constat est simple : pendant une Gimenez, on ne se relâche jamais vraiment !
  • La fréquence de pédalage doit être d’environ 100 rotations par minute.
  • Lancez-vous dans cette séance en disposant d’une bonne condition physique et d’un état de fraîcheur suffisant. Si vous êtes fatigué avant de grimper sur le vélo, vous augmentez les risques d’abandon ou risquez de ne pas réaliser la séance aux intensités requises.
  • Entraînez-vous préalablement sur home trainer pour vous habituer à cette pratique. Exercez-vous à pédaler avec du braquet (force), à tourner les jambes rapidement (vélocité).
  • Evitez de faire cette séance épuisante à proximité d’une compétition et ne la répétez pas trop souvent (à moins que vous ne soyez un champion !).
  • Si vous craignez de ne pas tenir la totalité de la séance, commencez par 5 séries puis augmentez progressivement jusqu’à atteindre les 9 séries de la séance intégrale. Vous pouvez aussi réaliser le contre-exercice à seulement 60 % ou 65 % de PMA.

Intérêts de la séance

Pratiqué depuis longtemps et étudié par de nombreux scientifiques, cet entraînement a fait ses preuves et prouvé ses multiples intérêts non seulement pour les cyclistes, mais aussi pour les coureurs à pied.

  • Le potentiel aérobie s’améliore sensiblement.
  • La tolérance à l’acide lactique augmente.
  • La VO2max s’améliore.
  • La ventilation maximale à l’effort s’accroît.
  • D’un point de vue mental, on travaille la capacité à endurer un effort long et difficile.
  • Les changements d’allure et l’intensité élevée maintenue tout au long de la séance reproduisent les conditions rencontrées sur une course.
  • Enfin, l’un des avantages – notamment pour le cycliste habitué à d’interminable heures de selle – est le gain de temps : en 1h10, on travaille en intensité et en endurance.

 

 


Précision technique : la PMA

La puissance maximale aérobie, ou PMA, correspond à la puissance atteinte lorsque la consommation maximale d’oxygène, ou VO2max, est atteinte. La VO2max est la quantité maximale d’oxygène que l’on peut utiliser par minute pendant un exercice musculaire intense. La PMA est exprimée en watts, unité utilisée par les cyclistes et mesurée grâce à un capteur de puissance. En course à pied, on parle plutôt de VMA, ou vitesse maximale aérobie, qui est quant à elle exprimée en km/h.


La Gimenez en bref
  • Matériel nécessaire : un vélo, un home trainer, un chrono. Eventuellement un cardiofréquencemètre. Idéalement, un capteur de puissance. Sans oublier une bouteille d’eau !
  • Durée totale : 1h10
  • Déroulement :
    • Echauffement : 15’
    • 9 séries enchaînées de (1’ à 100 % PMA + 4’ à 70 % PMA)
    • Retour au calme : 10’

 

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L’ère de l’omnitrail, ou la pandémie moderne de trail running

Une inflammation persistante de l’adducteur droit et une instruction médicale : « vous devez arrêter la course à pied pendant trois semaines. » Heureusement, une autorisation (médicale elle aussi) : « faites du vélo de route, c’est permis ! » Rassérénée, me voilà donc en mode « cycliste acharnée », la tenue de running remisée au placard mais le casque et les chaussures à cales à portée de main. Après avoir sillonné les routes des balcons de Belledonne et des contreforts de la Chartreuse pendant quinze jours, je grimpe en selle au pied de deux cols mythiques : le Glandon et la Croix de Fer. Un peu angoissée à l’idée de cette ascension inconnue et réputée pour sa dureté, je m’élance dans la pente en moulinant, histoire de ne pas coincer avant le sommet. Bon, finalement, je vais tellement gérer l’effort que j’arriverai plutôt fraîche au sommet…

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Col du Glandon

Un petit tour au café du col pour remplir mon bidon, une pause pour admirer le paysage et m’imprégner de l’ambiance : les cyclistes sont nombreux ici en ce dimanche matin, se prennent en photo devant le panneau, récupèrent tant bien que mal sur un banc, referment leur maillot avant la descente, mangent et boivent pour retrouver de l’énergie. Alors que je jette un oeil à la haute montagne pelée, j’aperçois un trailer, un dossard épinglé sur le ventre. Sur l’étalage du point « Informations touristiques », je trouve le flyer du Trail de l’Etendard. Nous sommes le 2 août, jour de l’épreuve, et le hasard a mis sur ma route de cycliste peu aguerrie une poignée de coureurs dispersés dans la montagne. Toute contente de voir des trailers, je ne résiste pas à la tentation de m’informer auprès d’un signaleur.
– Qui est en tête ?
– Bonnel est passé il y a 11 minutes et il est premier !

Je cherche les silhouettes des coureurs sur les chemins, mon vélo à la main, mon casque sur la tête. J’avoue que je crève d’envie de leur emboîter le pas… et je me dis surtout que le trail est décidément partout. Quelle était la probabilité que ma sortie de vélo croise la route d’une course ? A priori, elle était extrêmement faible. Mais, à bien y réfléchir, il n’est plus surprenant du tout de voir des trailers partout. Hier, les événements étaient légion dans la région : Trail de l’Etendard, X-Trail de Courchevel, Trail de Vars, et j’en passe… Serions-nous résolument entrés dans l’ère de l’omnitrail, autrement du trail omniprésent qui rassemble des coureurs de tous horizons, qui sillonne tous les espaces, qu’ils soient montagnards ou non ? Je pense que oui. Et même si certains peuvent déplorer la « massification » de la discipline (avec toutes les dérives associées), je me réjouis de voir autant de personnes goûter aux plaisirs du running en pleine nature. Tout comme je me suis laissée impressionner par le nombre de cyclistes de tout poil (de la tenue hyper technique et du vélo en carbone haut de gamme au short de touriste et au vélo à assistance électrique) qui grimpaient sur la route de ces cols légendaires.

Alors courez, pédalez, marchez ! En trois mots : « sportez-vous » bien !

Et, s’il vous plaît, ne faites pas comme ce jeune cycliste que j’aurais volontiers poussé dans le fossé : ne jetez pas vos déchets dans cette nature si généreuse et si somptueuse !

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Alexis Vuillermoz et Kilian Jornet : il n’y a pas si longtemps…

Il n’y a pas si longtemps, il roulait encore sur les chemins de montagne. Et il franchissait en grand vainqueur la ligne d’arrivée du Red Bull Eléments à Talloires aux côtés de ses coéquipiers Jéméry Pouge, Martin Bonis et… Kilian Jornet. C’était le 15 septembre 2012.

Depuis, Alexis Vuillermoz a troqué son VTT contre un vélo de route et intégré successivement les équipes professionnelles Sojasun, puis AG2R La Mondiale. Hier, le Jurassien ne regrettait sûrement pas son choix lorsqu’il s’est imposé sur l’étape du Tour de France.

En septembre 2012, à la veille du Red Bull Eléments, j’ai eu le privilège d’interviewer simultanément Alexis et Kilian pour Bike Magazine. Petit comme back.

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Article paru dans Bike Magazine en octobre 2012

La rencontre entre une star mondiale du trail running et une étoile montante du VTT n’est pas banale. A l’occasion du Red Bull Elements (15 septembre 2012), une complicité naissait pourtant entre le trailer espagnol Kilian Jornet et le jurassien Alexis Vuillermoz. Deux champions unis par une même passion et un même terrain : le sport en montagne.

Ils ne paient pas de mine avec leur silhouette toute fine et leur regard presque timide. Un calme olympien émane de ces deux garçons qui échangent quelques mots et quelques sourires pleins de réserve. Une onde de respect passe entre ceux qui, quelques minutes auparavant, ne s’étaient encore jamais vraiment parlé. Participer au Red Bull Elements, relais original associant aviron, trail running, parapente et VTT, est une occasion en or pour les deux hommes de mieux se connaître. Dans les yeux d’Alexis, brille la fierté d’avoir été choisi par le Team Font-Romeu Altitude constitué de Jérémy Pouge, Martin Bonis et Kilian Jornet. Unis par le même amour du sport et de la montagne, Alexis et Kilian ont entendu parler l’un de l’autre sans jamais avoir l’opportunité de se côtoyer. A la veille de leur victoire écrasante, ils se prêtent au jeu d’une interview commune avec, en toile de fond, les eaux scintillantes du lac d’Annecy et les monts qu’ils graviront quelques heures plus tard.

Cette année, l’équipe de Font-Romeu Altitude est identique à celle de 2011, à l’exception du VTT, assuré l’an dernier par Martin Fourcade. Comment Alexis a-t-il été intégré à l’équipe ?

Kilian. Plusieurs personnes de Font-Romeu connaissaient les performances et la personnalité d’Alexis, qui est un jeune qui progresse beaucoup et que tout le monde connaît dans les courses. Mais nous n’avons pas voulu créer l’équipe la plus forte possible. Nous avons simplement souhaité réunir des sportifs qui ont le même état d’esprit, qui aiment la compétition, qui ont des résultats mais qui ne se prennent pas trop au sérieux. C’est l’amour pour le sport plutôt que la performance qui nous unit. Nous ne participons pas pour faire péter des chronos, ce n’est pas ce qui nous motive !

Alexis. En VTT, il existe des épreuves de relais. C’est une discipline que j’aime depuis que je suis tout jeune (Alexis a décroché le titre de champion du monde de relais en 2008, ndlr). Nous pratiquons tous des sports plus ou moins individuels, donc je pense que nous apprécions de trouver ici un esprit d’équipe. Courir une épreuve tous ensemble donne envie de bien faire, moins pour soi que pour l’équipe. On essaie de ne pas avoir de problèmes mécaniques parce qu’on sait que les autres ont donné le maximum. C’est tout ça qui est plaisant dans ce type d’effort.

Vous faites tous deux un sport de montagne. Avez-vous des points communs qui pourraient expliquer que vous vous êtes dirigés tous les deux vers ces disciplines ?

Alexis. Nous sommes tous les deux issus de la montagne. Je suis originaire du massif du Jura, Kilian vient quant à lui des Pyrénées. Ce n’est donc pas vraiment le même secteur ! Mais j’ai passé du temps dans les Pyrénées Orientales, du côté d’Argelès, pour m’entraîner l’hiver et une bonne partie de la saison. J’ai retrouvé là-bas l’esprit que l’on peut avoir dans ma région natale. Les Pyrénées, comme le Jura, ont une mentalité très différente de l’esprit citadin. Le sport prend une grande place dans la vie locale. C’est très agréable. Quand je suis arrivé, j’ai tout de suite été bien accueilli. Je me suis senti comme à la maison !

Kilian. Les quatre membres de l’équipe viennent de la montagne. Bonatti disait : « la montagne n’est pas comme les hommes, elle est sincère ». C’est elle qui forge notre caractère.

Est-ce qu’on peut dire que trail et VTT se rejoignent, en partageant par exemple des valeurs communes ?

Kilian. Oui, je pense que tous les sports de montagne partagent un certain état d’esprit. On peut toujours faire des compétitions entre les hommes, on a toujours conscience que l’agent principal, c’est la montagne. C’est elle qui est toujours plus forte.

Alexis. Les paroles de Kilian m’interpellent parce que j’ai toujours ressenti les choses ainsi. J’ai parfois l’impression que c’est la montagne qui nous accepte dans l’effort. Il y a un grand respect des sportifs par rapport à la montagne. Cela peut paraître un peu bizarre mais je me dis souvent que c’est elle qui décide qu’un jour on peut la monter et qu’un autre jour on la subit.

Kilian. C’est le milieu qui unit les sports de montagne. On peut évoluer en VTT, en ski, en parapente, à pied, en escalade, on reste tous attachés au même terrain. C’est ça qui fait la différence par rapport aux sports en salle ou sur piste.

Alexis, pratiques-tu parfois le trail et, Kilian, le VTT ?

Alexis. Je cours beaucoup en hiver dans le cadre de ma préparation physique générale. Mais, en trail, je suis loin d’être au niveau de Kilian, c’est une évidence ! J’ai donc l’habitude de courir mais exclusivement en montagne car mon gabarit ne me permet pas de courir en plaine. Le trail est une bonne préparation pour le vélo, tant cardiaquement que musculairement. Cette activité permet d’avoir de bonnes bases pour le VTT. C’est aussi un plaisir de pouvoir changer de sport et de ne pas s’enfermer uniquement dans une discipline.

Kilian. Je fais plutôt du vélo de route et très peu de VTT. Mais pratiquer le vélo est difficile à concilier avec tous mes voyages. J’ai fait pas mal de VTT quand j’ai commencé le trail : je faisais du duathlon, donc il fallait forcément que je m’entraîne en VTT. Je pense toutefois que je n’ai pas beaucoup de qualités en vélo. Quand il faut rouler, je n’ai pas de puissance !

Alexis. J’ai eu des échos selon lesquels Kilian se débrouille plutôt bien ! On m’a dit que Kilian était très à l’aise sur le vélo. Il paraît qu’il fait des parcours d’entraînement qui sont de beaux chantiers, comme on dit.

Que pensez-vous lorsque vous voyez des compétitions de VTT et de trail ? Est-ce que cela vous paraît être des efforts difficiles, voire un peu fous ?

Kilian. Je connais pas mal de vététistes comme José Hermida et Greg Vollet. Quand tu les vois descendre, c’est impressionnant ! Ils roulent vite ! Ils prennent beaucoup de risques !

Un peu comme un trail qui court en descente, non ?

Kilian. Non, ce n’est pas la même chose ! Mais c’est sûr que quand on voit des sports dont on n’a pas la maîtrise, cela paraît toujours plus dangereux. Lorsqu’on maîtrise une technique, on perçoit beaucoup moins les risques.

Alexis. Voir des personnes courir des trails de plus de 100 km est quelque chose qui me paraît presque inimaginable. Cela m’impressionne et, ce qui est sûr, c’est que je ne m’en sens pas capable actuellement !

 

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Websérie : défis running en tous genres. Episode 5 : objectif entraînement

Défi n°1 : Faire davantage de PPG

L’objectif : Intégrer des exercices de préparation physique générale et spécifique dans mon entraînement

Le plan pour l’atteindre :

  • Planifier régulièrement une séance de préparation physique (ex : une fois par semaine).
  • Pratiquer des exercices aisément réalisables sans matériel (foulées bondissantes, montées de genoux, talons-fesses, skipping, travail de vitesse en côte, travail en escaliers…).renforcement_3

Les conseils : Une séance de préparation physique ne remplace pas une séance de course à pied ; elle complète une programmation grâce à ses bienfaits en termes de posture, de coordination, de foulée, de travail de pied. C’est une dimension de l’entraînement à ne surtout pas négliger !

 

Défi n°2 : Me lancer dans l’entraînement croisé

L’objectif : Varier les sports à l’entraînement pour progresser en course à pied

Le plan pour l’atteindre :

  • Identifier les disciplines compatibles et bénéfiques pour la course à pied (vélo de route, VTT, natation, ski de fond, préparation physique).
  • Faire une sortie de récupération à vélo ou en natation, par exemple le lendemain d’une compétition ou d’une séance difficile.
  • Remplacer une sortie longue de course à pied par une séance d’endurance active en vélo de route (3 à 4h à 70-75 % de FC max).
  • Faire une séance de PMA à vélo (sur parcours vallonné, parcourir les montées avec un gros développement et partiellement en danseuse).

Les conseils : Pratiquer l’entraînement croisé sans rendre l’ensemble cohérent risque de vous disperser et de vous empêcher d’atteindre vos objectifs. Attention à ne pas tomber dans le surentraînement et la simple accumulation de pratiques qui, au bout du compte, ne vous ferons pas progresser en running !

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Défi n°3 : Oser le biquotidien

L’objectif : M’entraîner deux fois par jour.

Le plan pour l’atteindre :

  • Courir de 45’ à 1h le matin en endurance fondamentale et faire une séance plus intense le soir.
  • Faire une sortie d’endurance le matin et effectuer une séance de préparation physique le soir.

Les conseils : S’entraîner deux fois par jour nécessite avant tout du temps et de la motivation. Attention toutefois à ne pas vouloir trop en faire ! Vous devez absolument récupérer entre deux séances et rester à l’écoute de vos sensations (douleurs, fatigue…).

 

Défi n°4 : Essayer des méthodes originales

L’objectif : Explorer des méthodes d’entraînement qui sortent des sentiers battus

Le plan pour l’atteindre : Tester l’aquajogging, les séances sur tapis roulant, la course avec les yeux fermés, la course pieds nus…

Les conseils : Piscine, salle de sport, expérimentations personnelles… tout est permis ! Vous pouvez tenter de vous entraîner différemment en essayant toutes sortes de méthodes mais veillez toujours à ne pas vous blesser. L’idéal ? Vous faire accompagner par un coach expérimenté qui saura vous guider dans ces pratiques originales.

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Websérie : Courir, oui, mais comment ? Episode 4 : Course à pied ou multisports ?

Il n’est pas rare (et il est même très banal) de croiser des triathlètes sur la ligne de départ d’une course sur route. Et force est de constater que les adeptes du triple effort sont loin d’être ridicules avec des runnings aux pieds ! D’autres sports d’endurance seraient-ils donc pertinents pour progresser en course ? Rien n’est moins sûr si l’on en juge les avis assez divergents des experts. Tandis que les plus modernes sont partisans d’un régime multisports, les défenseurs d’une approche plus classique préconisent un programme 100 % course à pied. Et tous détiennent une part de vérité !

Les vertus de l’entraînement croisé

Pour un coach contemporain comme Jean-Marc Delorme, « il faut évidemment pratiquer plusieurs sports ». Pourquoi ? Tout simplement parce que le vélo ou la natation permettent d’épargner les articulations et de réduire les impacts au sol. De plus, tous les sports d’endurance contribuent à entretenir les qualités de résistance et, pour certains, à renforcer naturellement certains muscles que la course à pied seule ne permet pas de faire suffisamment travailler. Le haut du corps (épaules, bras, dos), qui fait souvent l’objet d’exercices de PPG, peut ainsi être sollicité lors d’une séance de natation. Enfin, une pratique croisée de différentes disciplines d’endurance introduit une diversité salvatrice non seulement pour l’organisme (casser la répétitivité des gestes, diminuer les microtraumatismes, mobiliser la totalité de la musculature) mais aussi pour l’esprit. Rien de pire que la monotonie d’un entraînement qui crée à coup sûr lassitude et démotivation ! 

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L’essentiel : courir !

S’il peut être plaisant de troquer les runnings contre un casque de vélo, un maillot de bain ou des bâtons de marche nordique, il faut toutefois rester centré sur l’activité centrale qu’est la course à pied. « Lorsqu’on s’entraîne cinq à six fois par semaine, on peut introduire sans problème une sortie de vélo ou de natation. En revanche, lorsqu’on ne court que deux à trois fois par semaine, il vaut mieux se contenter de courir », conseille Julien Rancon. En effet, pour booster ses performances, le runner doit plutôt pratiquer la course à pied. « En tout état de cause, des disciplines comme le squash, le tennis et les sports collectifs vont à l’encontre des qualités recherchées en course », assène Serge Cottereau. Et le vélo ? « Oui, il peut être intéressant pour entretenir la forme générale et pour une pratique de loisir mais il ne répond pas aux objectifs de performance car il ne sollicite pas les mêmes muscles », poursuit l’entraîneur. Alors, adieu les douces sorties en petite reine ? « Non, on peut tout à fait pédaler le lundi en récupération si l’on a participé à une compétition le dimanche », estime Dominique Chauvelier.

 

Le principe de spécificité

En tout cas, sachez qu’à haut niveau les athlètes obéissent au principe de spécificité : autrement dit, les champions adoptent plutôt un régime 100 % running. « Mais pour beaucoup d’amateurs qui peuvent rencontrer des difficultés de récupération ou des blessures, il peut être tout à fait intéressant de varier les disciplines », affirme Jean-Louis Bal. « Pour le très long, comme le marathon et le 100 km, la pratique du vélo participe à construire la base foncière tout en minimisant les chocs. » Lorsqu’un coureur ne supporte plus des plans d’entraînement uniquement fondés sur la course à pied, l’apport de la petite reine s’avère particulièrement pertinent. « L’une des règles de l’entraînement consiste à varier les stimuli », poursuit Jean-Louis Bal. « Chacun possède un potentiel d’adaptation qui est plus ou moins vite atteint. En variant les sports et les séances, on recule les limites mais, in fine, il faut typer les exercices en fonction des objectifs. » Bref, une fois encore, toute la difficulté et tout l’art d’un coach sont de parvenir à harmoniser le tout !

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Indian Ocean Triathlon : jour J – 3

L’île Maurice. Un petit morceau de terre jeté dans l’océan Indien. Une destination qui suscite notre imagination d’Europées : l’océan et ses vagues écumantes, les plages de sable fin, les palmiers aux ramures oscillant dans le vent… mais aussi les complexes hôteliers de luxe avec leurs piscines immenses, leurs spas, leurs vastes chambres avec vue sur le large… et leur architecture moderne décalée dans un pays où la population vit surtout dans de petites maisons de béton et de tôle ondulée, loin de ce confort très occidental.

Après avoir volé 11 heures entre Paris et Maurice, me voilà sur cette île lointaine, curieuse de découvrir l’hémisphère Sud et cette ancienne colonie successivement hollandaise, française et britannique. Pas de vacances au programme, mais un événement d’exception : l’Indian Ocean Triathlon. Depuis 6 ans, cette épreuve réunit une bonne centaine de participants dans un cadre tout simplement idyllique : la natation se déroule dans le lagon du Morne Brabant, le parcours de vélo part à l’assaut de la montée de Chamarel et la course à pied se termine sur la plage du Morne, sous les cocotiers…

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Chaque année, plusieurs champions de triathlon honorent l’événement de leur présence. Nous étions ainsi une bonne trentaine à trottiner aujourd’hui dans le sillage de Frédéric Belaubre, Charlotte Morel et Tomy Degham. Un footing teinté de couleurs mauriciennes : après un départ du complexe hôtelier, direction le bord de l’océan et la plage, baignée de soleil. Courte incursion dans un champ de canne à sucre où régnait une odeur très particulière qui me rappelait celle du sucre complet, un mélange indéfinissable de caramel et de réglisse. Notre petit groupe courait à l’unisson : les champions, les triathlètes chevronnés et les débutants cheminaient ensemble dans une ambiance détendue et conviviale. Le sport, c’est aussi cette magie-là : le partage de quelques instants hors du temps, sans frontière entre les individus, tout simplement parce que l’on est présent au même moment, au même endroit, avec la même passion au fond de soi.

Demain, place à la reconnaissance du parcours vélo. Et il paraît que la côte de Chamarel en effraie plus d’un…