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Huiles essentielles : les alliées du coureur à pied

Cela ne vous a pas échappé : les remèdes naturels ont la cote. Entre « les antibiotiques, c’est pas automatique » et les polémiques liées à la nouvelle formulation du Levothyrox®, la tendance est clairement à l’adoption de nouvelles thérapeutiques et habitudes quotidiennes. Alimentation bio, phytothérapie, infusions ayurvédiques mais aussi huiles essentielles ont colonisé nos placards. Et c’est tant mieux ! Pour élire l’huile qui sublimera vos talents d’athlète, nous vous proposons une petite sélection – testée et approuvée !

 

 


NOTRE CHOUCHOU

HE de gaulthérie couchée

  • Puissant anti-inflammatoire et antalgique, la gaulthérie est un véritable miracle pour tous les problèmes de tendinites et de douleurs liées à une inflammation. Elle soigne également avec efficacité les crampes et les problèmes articulaires. Elle active la microcirculation et procure une sensation de chaleur après application.
  • Utilisation : en massage sur les zones douloureuses 2 à 3 fois par jour jusqu’à amélioration des symptômes (1 goutte de gaulthérie diluée dans 4 gouttes d’huile végétale de calophylle ou de jojoba).
  • Attention ! La gaulthérie est contre-indiquée aux personnes allergiques à l’aspirine ou sous traitement anti-coagulant.

UNE GRANDE CLASSIQUE

HE de camphre

  • Son odeur puissante et entêtante flotte souvent dans les pelotons. Le camphre est une huile très classique dans le milieu du sport et entre dans la composition de nombreuses crèmes. Pourquoi ? Tout simplement parce que le camphre lutte contre les douleurs musculaires et articulaires grâce à des vertus anti-inflammatoires et analgésiques. Tonique circulatoire, il permet également de réduire la production d’acide lactique.
  • Utilisation : en massage sur les zones concernées, notamment avant l’effort (1 goutte de camphre diluée dans 4 gouttes d’huile végétale d’amande douce ou de noyau d’abricot).

LE MIRACLE ANTI-BLEUS

HE d’hélichryse italienne (ou immortelle)

  • Oubliez tous les autres remèdes pour soigner les hématomes et adoptez définitivement l’hélichryse : anticoagulante, régénératrice des tissus, soutien à la circulation sanguine, elle permet de résorber les bleus et les conséquences de traumatismes en un temps record. Elle prévient également l’apparition des micro-déchirures musculaires.
  • Ses vertus pour le mental : l’hélichryse est l’huile de la bonne humeur qui aide à combattre le stress et les peurs.
  • Utilisation : en massage sur les zones concernées 2 fois par jour jusqu’à amélioration (1 goutte d’hélichryse diluée dans 4 gouttes d’huile végétale de calophylle ou de jojoba).

LE DÉCONTRACTURANT PAR EXCELLENCE

HE de basilic tropical

  • Grâce à ses propriétés décontracturantes, le basilic tropical est un antispasmodique diablement efficace, donc le leader pour le traitement des crampes musculaires et intestinales, ainsi que pour les douleurs menstruelles. Il possède également des substances antalgiques et anti-inflammatoires.
  • Ses vertus pour le mental : le basilic tropical est particulièrement indiqué contre le stress, la nervosité, les peurs, le manque de dynamisme et l’indécision.
  • Utilisation : en massage sur les zones concernées (1 goutte de basilic + 5 gouttes d’huile végétale d’amande douce ou de noyau d’abricot). En olfaction, à humer directement au-dessus de la fiole.

L’HUILE DU VAINQUEUR

HE de laurier noble

  • Ce n’est pas pour rien que César arborait une couronne de laurier : ce dernier affiche une belle palette de propriétés, à commencer par des qualités antiseptiques, antivirales, antifongiques, mais aussi antalgiques et anti-inflammatoires. Le laurier soigne notamment les douleurs articulaires et les hématomes.
  • Ses vertus pour le mental : le laurier noble est l’huile du vainqueur puisqu’il soutient la confiance en soi, donne force et courage, aide à dépasser ses limites et place en situation de réussite.
  • Utilisation : en massage sur les zones concernées (1 goutte de laurier + 4 gouttes d’huile végétale d’amande douce ou de noyau d’abricot). En olfaction, à humer directement au-dessus de la fiole. Pour vaincre les peurs : en olfaction ou bien en application sur le plexus solaire et le long de la colonne vertébrale.

LE COUP DE BOOST NATUREL

HE d’épinette noire

  • Stimulante, l’épinette noire agit sur les glandes surrénales qui fabriquent le cortisol. Elle constitue donc un tonique général précieux pour lutter contre la fatigue, les coups de pompe et le manque de confiance en soi. Accessoirement, elle est aussi anti-inflammatoire et antalgique !
  • Utilisation : en application sur le plexus solaire et le long de la colonne vertébrale (1 goutte d’épinette noire + 4 gouttes d’huile végétale d’amande douce).
  • Notre coup de cœur : le cocktail énergisant « épinette noire + pin sylvestre » (60 gouttes d’épinette noire + 60 gouttes de pin sylvestre + 80 gouttes d’huile végétale d’amande douce). Massez la zone des reins et le plexus solaire avec 6 à 8 gouttes, 2 à 3 fois par jours, pendant les 3 ou 4 jours qui précèdent la compétition.

L’EFFET COUP DE FRAIS

HE de menthe poivrée

  • Outre ses propriétés digestives, la menthe poivrée procure une agréable sensation de froid sur les zones douloureuses (coups, douleurs musculaires, névralgies…).
  • Ses vertus pour le mental : tonifiante et neurotonique, la menthe poivrée améliore la vigilance et la concentration.
  • Utilisation : en massage sur les zones concernées (1 goutte de menthe + 4 gouttes d’huile végétale de calophylle ou de jojoba). En interne pour la fatigue physique et/ou mentale : 1 goutte pure sous la langue 3 fois par jour jusqu’au retour d’un état de forme satisfaisant.

LES COCKTAILS SPORTIFS ANTI-BOBOS

  • Pour soigner les entorses : 30 gouttes de menthe poivrée + 60 gouttes d’hélichryse italienne + 60 gouttes d’eucalyptus citronné + 60 gouttes de lavandin super + 40 ml d’huile végétale de calophylle ou de jojoba.
  • Pour lutter contre les crampes : 10 gouttes de romarin à camphre + 10 gouttes de gaulthérie + 10 gouttes de basilic tropical + 5 gouttes d’hélichryse italienne + 10 ml huile végétale de calophylle ou de jojoba.
  • Après l’effort, pour déconctracter les muscles : 60 gouttes de gaulthérie + 60 gouttes de genévrier + 30 gouttes de menthe poivrée + 60 gouttes de lavandin super + 40 ml d’huile végétale de calophylle ou d’amande douce.


LES PRÉCAUTIONS À PRENDRE
  • Lavez-vous toujours soigneusement les mains après l’application d’une huile essentielle.
  • Faites d’abord un test au creux du poignet ou du coude 48 heures avant d’utiliser une huile afin d’être sûre que vous n’êtes pas allergique.
  • Demandez conseil à un herboriste ou un thérapeute afin d’être certaine d’utiliser la bonne huile essentielle et d’éviter toute interaction avec un autre traitement.
  • Les HE sont généralement déconseillées pendant la grossesse (au moins les premiers mois) et chez les enfants en bas âge. Renseignez-vous avant de les utiliser !
  • Les HE sont sensibles aux rayonnements UV et à l’évaporation. Conservez-les dans des flacons en verre coloré ou en aluminium que vous veillerez à bien fermer.

 

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Transformez votre stress en énergie !

A la veille de la MaxiRace, vous êtes sans doute nombreux à éprouver cette sourde angoisse qui vous tord le ventre et fait battre violemment votre cœur. Alors que vous attendiez ce moment avec impatience, voilà que la nervosité vous dévore. Parce que le stress, composante indispensable de la performance, doit rester positif, entraînez-vous à le transformer… en énergie. 

Pas besoin de vous faire un dessin : le stress est l’un des compagnons que nous connaissons le mieux parce qu’il apparaît dès que nous vivons une situation anormale. L’organisme sécrète alors des hormones responsables de l’apparition de signes tels que l’accélération du rythme cardiaque, la transpiration ou même des tremblements. En général, nous nous adaptons et parvenons à gérer et canaliser ce stress avant qu’il ne conduise à un épuisement mental et physique, voire à un stress chronique et même pathologique. La course à pied, bien qu’elle soit avant tout un loisir destiné à nous procurer bien-être et détente, se révèle être une source de stress. Une compétition ou un entraînement peuvent générer en nous un stress qui, s’il se développe sans être maîtrisé, peut vite conduire à la panique et donc à la contre-performance.

 

Le top : rester dans la ZOF !

stress-performanceNotre état émotionnel va de la relaxation complète à l’angoisse la plus forte. « Sur le graphique (ci-contre), se situer à gauche signifie que l’on se trouve en état de relaxation. Sur une compétition, cela signifie que l’on n’est pas assez engagé, que l’on manque de motivation ou que l’on n’a pas conscience de l’importance de l’événement », indique Dominique Simoncini, préparateur mental. « Cet état n’empêche pas de courir et de réaliser son objectif, mais il est un frein à une réalisation optimale à la fois physiquement et psychiquement. On parle de manque d’activation. » A contrario, lorsque l’on se situe à droite du graphique, le stress devient paralysant et contre-productif. Si les deux situations émotionnelles sont diamétralement opposées, ni l’une ni l’autre ne sont créatrices d’énergie. « La zone centrale, que j’appelle Zone Optimale de Fonctionnement, ou ZOF, est celle qui permet de produire une performance adéquate parce que l’on se situe dans un état émotionnel optimal au moment clé », poursuit Dominique Simoncini. Tout l’art de la maîtrise du stress consiste donc à gérer ce dernier pour que son niveau ne soit ni trop faible, ni trop fort afin de nous plonger dans un état émotionnel propice à la performance.

 

Se poser la bonne question

 « Lorsqu’on stresse, on commence par se poser une question, puis on s’en pose rapidement mille autres », affirme Hervé Poirot, préparateur mental. « Pourtant il suffit de répondre à une seule interrogation essentielle : qu’est-ce qui me fait stresser ? » Identifier l’origine du stress peut être facilité par la prise de conscience des motivations qui vous poussent à être là, sur cette ligne de départ ou sur cette piste d’entraînement. Vous courez peut-être pour faire une belle balade en nature, pour améliorer votre record personnel, pour faire plaisir à votre entraîneur ou encore pour relever un défi physique. Dans tous les cas, « quand je discute avec un athlète de ses motivations, j’arrive à identifier le point d’ancrage du stress. Pourquoi ? Parce que l’origine du stress est généralement liée à la motivation première qui le pousse à courir », évoque Dominique Simoncini. Prenons un exemple : la présence de votre coach au départ d’une course vous motive et vous donne de l’énergie, mais elle vous conduit aussi à vouloir faire plaisir à votre entraîneur en réalisant une bonne performance. Ce qui est originellement une motivation se transforme en nervosité. « Le fait même de prendre conscience de la cause du stress permet d’en limiter considérablement le niveau et de se rapprocher de la ZOF », estime Dominique Simoncini.


L’absence de stress et le sur-stress ne sont pas créateurs d’énergie.

Boîte à outils anti-stress

D’accord, toute cette théorie est bien jolie, mais toujours est-il que l’angoisse reste lovée dans votre estomac et fait battre la chamade à votre cœur. Alors rien de tel que quelques outils pour revenir dans la zone optimale de performance.

  • La respiration

En bon coureur à pied, vous n’êtes pas sans savoir que la respiration est essentielle. Or elle n’a pas son pareil pour évacuer le stress pour peu qu’elle soit à la fois pulmonaire et abdominale. Debout, bien ancré au sol sur vos deux pieds et la main sur votre ventre, respirez une dizaine de fois très profondément en repoussant votre main à l’inspiration et en rentrant votre main à l’expiration. « Petit à petit, on parvient à évacuer toute crispation et à se relâcher musculairement. Mais, peu avant une course ou sur la ligne de départ, il faut éviter de trop se relaxer car on a besoin des hormones du stress pour être performant. Le but n’est pas d’être mou du genou ! » prévient Hervé Poirot.

  • La visualisation

Outil fort utilisé en préparation mentale, l’imagerie consiste à visualiser, en amont de la situation stressante, des images positives : s’imaginer sur la ligne de départ en pleine forme et souriant, se voir en train de réaliser la séance de fractionné avec facilité, se rappeler un moment de bonheur et de plénitude qu’il soit sportif ou non constituent autant d’images que l’on ancre en soi afin de déjouer le stress en amont et à l’instant où la nervosité devient trop importante. « La visualisation doit être pratiquée lorsqu’on a atteint un état de relaxation grâce à la respiration abdominale. On peut alors laisser venir des images positives : le départ de la course, la voix du speaker, les couleurs vives des banderoles, le soleil qui chauffe la peau, l’odeur de camphre… Le fait de solliciter tous les sens permet d’avoir des ancrages kinesthésiques positifs », précise Dominique Simoncini. Arrivé au moment crucial, le stress sera bien moindre puisque la situation aura été vécue mentalement en amont et de manière positive. Et si le stress monte malgré tout, se rappeler une scène heureuse, qu’elle soit une journée joyeuse en famille ou une fin de course euphorique, permet de remplacer le stress par une émotion positive.

  • La bulle

S’isoler dans sa bulle permet aussi de gérer le stress, surtout si celui-ci est causé par l’environnement (présence des autres concurrents, public, brouhaha du peloton…). « Lorsque j’évoluais à haut niveau en saut à ski, je m’isolais en écoutant de la musique classique », confie Hervé Poirot. « La musique, choisie en fonction de ses goûts, permet de se réfugier dans son propre monde, tout comme le fait de visualiser une bulle autour de soi qui isole de l’environnement extérieur, permet de se recentrer sur soi-même et sur le fait que l’on coure avant tout pour soi, pour son propre plaisir. »

  • L’échauffement

Le rituel de l’échauffement n’est pas uniquement utile d’un point de vue physiologique. Trottiner la veille de la course ou une heure avant le départ permet préparer le corps à l’effort, mais aussi le mental. Reproduire des gestes (courir, faire des éducatifs de course…) tout en contrôlant sa respiration est rassurant et déstressant. Parce que l’action inhibe l’émotion, n’hésitez pas à rester dynamique, y compris quelques jours avant la compétition grâce à des entraînements précis ou à la préparation de vos affaires. « Mais il faut se méfier des rituels qui commencent trop en tôt car ils font aussi émerger plus tôt les questions et les doutes », prévient Hervé Poirot.

  • « Ici et maintenant »

Finalement, peut-être que vous n’avez pas assez préparé cette course, que vous allez souffrir de crampes à mi-chemin, que vous ne tiendrez pas la distance… Quand l’esprit gamberge, recentrez-vous sur l’instant présent en vous répétant trois mots : « ici et maintenant. » Dites-vous que le passé est derrière vous et que vous n’avez plus aucune influence sur lui. Dites-vous aussi que le futur est devant vous et que vous analyserez plus tard votre prestation. « Il faut également relativiser : quand on je suis sur une course, il n’y a aucun enjeu vital. Je suis là pour me faire plaisir avant tout », conseille Hervé Poirot. « A un moment donné, il faut cesser de se poser mille questions. Je vais courir, peu importe ce qui arrivera. Il faut y aller ! »

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Et sur la ligne de départ ?

L’attente sur la ligne de départ n’est pas toujours facile à vivre. C’est souvent dans ce contexte que le stress monte et vous pompe une grande partie de votre énergie. Profitez-en pour transformer votre nervosité en force.

  • Si la présence des autres vous angoisse et que vous vous sentez moins fort qu’eux, dites-vous que ceux qui vous entourent pensent probablement la même chose que vous. Enumérez mentalement vos qualités : vous êtes endurant, vous êtes un bon grimpeur, vous ne lâchez rien quand ça devient dur… Regardez les personnes qui vous entourent et faites un pas de côté (dites-vous qu’il vous éloigne de votre stress) puis un pas en avant (il vous place devant les autres).
  • Si c’est le fait d’être battu par les autres coureurs qui vous stresse, concentrez-vous sur un objectif : courir vite, et non courir plus vite que les autres. Rappelez-vous tout ce que vous avez mis en œuvre pour courir vite : une bonne hygiène de vie, un entraînement régulier, un équipement adapté…
  • Si vous n’identifiez pas précisément l’origine de votre stress et que vous devez remédier à la panique, pratiquez quelques respirations abdominales. Isolez-vous dans votre bulle et revoyez une scène heureuse que vous avez vécue. Répétez-vous « ici et maintenant » en vivant l’instant présent à l’aide de tous vos sens.

 

 

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Courir avec tous ses sens

Plutôt tabou à une époque, plutôt à la mode aujourd’hui, la préparation mentale n’a plus besoin de faire ses preuves dans le domaine sportif. Utilisée par de nombreux champions, elle permet d’améliorer ses performances, réduire le stress et l’anxiété, gérer une période de blessure ou encore améliorer le bien-être. Dans l’univers foisonnant de la préparation mentale, il y a une méthode plutôt intéressante qui permet de solliciter tous les sens : l’imagerie polysensorielle.

Sans le savoir, vous utilisez sans doute cette technique. Vous êtes-vous déjà projeté sur une course en vous imaginant sur la ligne de départ ou en vous voyant courir sur un sentier ? Avez-vous déjà anticipé une compétition en ressentant l’odeur de la crème au camphre ou en entendant le coup de starter ? Si oui, alors vous avez déjà eu recours à l’imagerie mentale. Généralement, on voit des images sur son écran mental sans solliciter d’autres sens. L’approche polysensorielle propose de mobiliser toute la palette de sensations, qu’elles soient visuelles, auditives, olfactives, gustatives, tactiles ou kinesthésiques. Autrement dit, elle permet de préparer mentalement l’activité physique à venir (entraînement ou compétition) en éprouvant différentes sensations. On pourrait presque dire qu’on s’imagine en train de courir… dans tous les sens !

 

L’imagerie polysensorielle, ça s’apprend

« Bien souvent, les images que nous générons spontanément sont négatives et deviennent sources de stress et d’angoisse », affirme Pascal Balducci, préparateur mental. « L’imagerie motrice polysensorielle permet de produire des images exclusivement positives. » Pour passer du stade de l’anticipation spontanée, non rationnelle, à l’imagerie polysensorielle en tant que méthode formalisée, le chemin est jalonné d’étapes. La première d’entre elles consiste à être capable de se mettre dans un état de relaxation. « Sans relaxation, pas d’imagerie mentale efficiente », assène Pascal Balducci. « Il faut ensuite être en mesure de déterminer quel est son mode sensoriel de prédilection. » Alors que certains pourront imaginer sans peine le goût de leur boisson énergétique, d’autres auront davantage de facilité à se visualiser en plein effort au milieu d’un peloton. Identifier le sens avec lequel on se sent le plus à l’aise permet d’adapter ensuite ce que l’on appelle des « scripts ».

« L’idéal est de consulter un préparateur mental car il soumettra l’athlète à des tests afin de dresser un bilan complet de ses habiletés mentales et motrices. De plus, il faut que l’athlète soit conscient de ses difficultés », poursuit Pascal Balducci. « On peut tout-à-fait pratiquer seul l’imagerie polysensorielle mais il faut avoir été initié a minima, que ce soit en consultant un professionnel ou en se documentant sur la méthode. » Comme pour le développement des capacités physiques, le secret de la réussite réside dans l’entraînement : plus vous pratiquerez l’imagerie polysensorielle, plus vous optimiserez vos habiletés mentales.

 

Réduire le stress

Il y a ceux que le stress d’avant-course écrase littéralement. Et puis il y a ceux que l’anxiété paralyse complètement. Dans les deux cas, c’est l’inadaptation de l’athlète à une situation donnée qui génère une perturbation à la fois psychologique et physiologique. S’il existe des astuces toutes simples pour gérer le stress d’avant-course (respirer profondément et longuement pour se relâcher ou bien réaliser des expirations courtes et rapides pour se dynamiser), l’imagerie motrice polysensorielle effectuée en amont permet de réduire, voire de supprimer, cette perturbation. « Des études ont montré que le fait d’intérioriser une situation et une activité avant qu’elles se produisent sollicite les mêmes zones du cerveau que celles qui sont stimulées lors de l’apprentissage. On parle d’équivalence fonctionnelle entre l’imagerie mentale et le mouvement », évoque Pascal Balducci. « Vivre une situation déjà connue, déjà apprise mentalement, réduit considérablement le stress car il n’y a plus d’imprévu. » Ainsi, pour éviter la panique précédant le départ, vous pouvez écrire puis faire défiler en vous les moindres détails de ce que vous ferez, de votre arrivée sur le site de course jusqu’à l’instant où le coup de starter retentira.

 

Cultiver plaisir et motivation

Angoisser avant un entraînement difficile et, du coup, passer à côté de la séance. Se centrer sur les autres concurrents au point de se démotiver ou de laisser un complexe d’infériorité annihiler des mois de progression. Qui n’a pas subi les effets négatifs d’un mental accaparé par des pensées défaitistes ou d’un stress destructeur ? Pour ne pas revivre ces instants difficiles qui nuisent non seulement à la performance mais aussi – et surtout – au plaisir et à l’envie de courir, l’imagerie polysensorielle apporte une fois encore de réelles solutions. « Essentiellement utilisée avant la pratique sportive, elle peut également être pratiquée pendant l’effort« , précise Pascal Balducci. « En courant, on peut ainsi se concentrer sur la respiration ou sur la position du corps dans l’espace. Pendant l’effort, il faut rester subjectif et non objectif, autrement dit il faut rester centré sur soi-même et ne pas se préoccuper des autres. » Se faire dépasser pendant une course et rester obsédé par le coureur qui s’éloigne conduit à coup sûr à une baisse de régime. Il faut au contraire rester focalisé sur soi, sur sa respiration, sur sa foulée, sur le soleil qui réchauffe le visage ou les bras, sur le goût de la pâte de fruits avalée quelques minutes plus tôt. « Si on s’occupe d’autrui, on se fragilise », poursuit Pascal Balducci. « On peut aussi élaborer des scripts liés à la stratégie de course. Les mentaliser permet de faciliter leur mise en application et d’accroître la motivation et la confiance en soi. »

 

Entraînez-vous dans tous les sens !

Pour être performant mentalement, il faut s’entraîner. Et les résultats ne sont pas immédiats ! « Je conseille de pratiquer 2 à 3 séances par semaine, chacune d’une durée de 10 à 15 minutes, et ce pendant au moins 2 mois », conseille Pascal Balducci. Plus vous pratiquerez l’imagerie motrice polysensorielle, plus vous serez à l’aise pour solliciter vos sens et plus vous exprimerez pleinement votre potentiel physique et mental. Pensez à mobiliser tous vos sens :

  • Visuel : imaginez-vous en train de courir et visualisez le paysage où vous évoluerez (pour faciliter la génération de ces images, le repérage du parcours est un précieux atout). Si vous vous voyez tout entier, comme si vous étiez spectateur de vous-même, on parle d’imagerie motrice visuelle externe. Si vous voyez ce qui vous entoure comme si vous viviez la scène en direct, par vos propres yeux, on parle alors d’imagerie motrice visuelle interne.
  • Auditif : plongez-vous dans le brouhaha des concurrents au départ et la voix du speaker, percevez le bruit de vos pas sur le sol ou le rythme de votre souffle. Concentrez-vous sur le calme de la montagne ou, au contraire, l’agitation urbaine.
  • Gustatif : moins facile à solliciter, le goût est pourtant très présent en course à pied : pensez à évoquer en vous la saveur de votre boisson énergétique, l’acidité sucrée de l’orange que vous mangerez au ravitaillement… ou même le goût du sel de la sueur sur vos lèvres !
  • Olfactif : « Certains athlètes sont stressés par une odeur très typique du contexte compétitif : le camphre », indique Pascal Balducci. Pour désamorcer l’anxiété, effectuez une séance d’imagerie polysensorielle en évoquant en vous ce parfum. Vous pouvez aussi sentir tout le panel d’odeurs de forêt, de garrigue, d’océan… et aussi celle des concurrents tout transpirants qui vous précèdent !
  • Tactile : trop souvent délaissé, le toucher est pourtant un sens particulièrement important car il concerne toute la surface de la peau, autrement dit le corps tout entier ! Ressentez les pointes acérées des épingles à nourrice, les crénelures de votre bidon dans votre paume, la chaleur du soleil sur votre visage, le vent sur vos bras, le ruissellement de l’eau sur vos jambes lorsque vous posez le pied dans une flaque…
  • Kinesthésique : il s’agit d’éprouver tout ce qui a trait au mouvement : le balancement de vos bras, le cycle de votre foulée, les rotations de votre cheville, l’avancée de votre bassin…

 

En pratique : Ecrivez et vivez votre script !

Pour éviter le stress d’avant-course, écrivez votre scénario : arriver sur le lieu de la course, boire une gorgée d’eau, aller chercher votre dossard, l’épingler sur votre maillot, faire des doubles nœuds à vos lacets… Décrivez chaque action que vous serez amené à faire. Vous obtenez alors ce que l’on nomme un script, autrement dit le scénario détaillé que vous vivrez le jour J. Dans un second temps, transformez ce script en images mentales polysensorielles : visualisez-vous en train de sortir de votre voiture, sentez sous vos doigts le papier lisse du dossard, éprouvez les mouvements de vos jambes lorsque vous vous échauffez, entendez le speaker… Vous pouvez même intégrer dans votre script des respirations profondes ou une manière de poser votre regard. Répétez plusieurs fois ce script et mettez-le en application le jour J. Parions que vous serez bien moins stressé !

 

Zoom sur… la reprise après une blessure

La puissance du mental est étonnante : des expériences ont montré que la pratique de l’imagerie polysensorielle dans des situations de lésions physiques permettait de rétablir les connexions nerveuses sans que le membre abîmé ne bouge d’un iota ! En cas de blessure (tendinite, déchirure, etc.), imaginer le muscle qui se régénère, voir sur son écran mental la partie blessée en train d’effectuer la gestuelle de la course à pied ou se voir globalement en train de courir favorise la guérison et permet de gagner un temps précieux lors de la reprise de la pratique sportive. « Lorsque l’athlète souffre, on peut également utiliser des scripts anti-douleur ou des scripts de réhabilitation », ajoute Pascal Balducci. « Bien que certains effets de l’imagerie soient encore sujets à controverse, je pense que le mental a un pouvoir énorme sur le physique. Il est donc intéressant d’utiliser cette méthode en plus des soins médicaux classiques comme la kinésithérapie ou la rééducation. »